mardi 6 août 2019

RPGaDAY 2019 #6 : Ancien



Des trucs anciens … Je pourrais être méchant et dire Wein a dépassé la trentaine mais ça se fait pas et lui-même en souffre. Je pourrais dire que le loisir a un certain âge et ça en fait un truc d’ancien. Je pourrais parler du temps que ça fait que je joue qui est, mine de rien, assez long. Mais sincèrement c’est bidon comme sujet. J’ai donc cherché plus loin … et j’ai trouvé un truc ancien qui m'intéresse :


Ravenloft ! Pour ceux qui ne connaissent pas, Ravenloft est un vieux module de Donjons & Dragons, sorti en 1983 qui se voulait une approche horreur gothique de ce bon vieux D&D. La chose fut révolutionnaire à l’époque, à la fois pour la qualité d’écriture de la chose, pour le changement d’ambiance comparé aux autres produits de la gamme et pour être un des premiers scénarios du commerce qui proposait un antagoniste développé et intelligent (sans déconner le bouquin original dit “jouez le bad guy avec l’intelligence d’un PJ, c’est pas juste un monstre simple et idiot”). Ce qui a amené à une suite en 1986, puis une gamme entière dédiée en 1990. Pour vous dire, Ravenloft a été tellement mythique que la jaquette de Castelvania 2 est un plagiat du bouquin original, cherchez, vous verrez. La bête survivra plusieurs éditions de Donjons & Dragons, plus que Planescape et Eberron d’ailleurs (pauvres vieux …) avant de passer entre les mains de White Wolf a une époque et de mourir doucement. J’en ai parlé quelques fois au Lobbyisé et lui aussi trouvait ça bandant. C’est peut-être la chose la plus cruelle du JDR ça : les vieux jeux plus édités ou laissés à l’abandon dont on ne sait trop guère par où commencer … Sauf que Ravenloft a été sauvé ! Oui ma brave dame ! L’an dernier est sorti rien de moins que … Castle Ravenloft, réédité et adapté pour la cinquième édition de Donjons & Dragons. Et j’ai été tout fou quand j’ai vu ça. Je dois avouer que je caresse depuis quelques temps l’idée de me prendre D&D5 rien que pour ça. Comme si j’en avais pas assez comme ça … Mais c’est bel et bien un truc ancien porté au goût du jour donc ça marche.

lundi 5 août 2019

RPGaDAY 2019 #5 : Espace


 “L’espace est grand, très grand. Notre esprit a du mal à concevoir à quel point il peut être vaste, immense, incommensurable … et ainsi de suite” Oui j’ai pas pu résister, quand j’ai lu cette question ça m’y a fait directement penser. Honnêtement j’ai hésité à reparler de notre aventure de Shadowrun dans l’espace mais j’en avais parlé l’an dernier, pour le même événement, c'eût été facile. C’est comme refaire deux fois le même plat à une demoiselle qu’on essaye de séduire, ça craint. J’ai donc cherché autre chose qui pouvait coller. Il se trouve qu’en fait nos jeux de rôle n’ont pas franchement dépassé le cadre du sol. Que ce soit Pathfinder de l’époque où on a arpenté les monts et vaux du bois de Chondal, Shadowrun où les ruelles et autres allées sordides étaient notre terrain de chasse, Deadlands et son weird west et Loup-Garou il y a peu où on a fait la teuf dans des entrepôts. Très clairement on n’a pas passé de temps en apesanteur (j’aurais aimé voir ça dans Deadlands tiens …). Pourtant c’est pas les JDR SF qui manquent. Le Lobbyisé et moi on avait parlé plus d’une fois de Star Wars (même s’il aime pas les nouveaux films) et le fait que ça nous bottait bien. J’avais évoqué le fait de jouer un droïde de protocole, autrefois agent de sécurité qui avait été reprogrammé pour être bien plus martial tout en gardant ses bonnes manières et son filtre anti-grossièreté. Sans doute simpliste mais bon, l’idée me faisait rire. Y’a aussi Warhammer 40 000 dont on a toujours dit que ce serait un grand moment de jeu pour nous tous. Je possède mine de rien plusieurs bouquins de Dark Heresy et ça me fait toujours envie quand j’y pense, juste compliqué de réunir tout le monde et compagnie. J’avais aussi écrit un machin pour Deathwatch, le tout dans le seul but d’offrir un combat de boss final que je trouvais ultra classieux où ils auraient dû se battre, aimanté à la coque d’un vaisseau qui sortait doucement de l'atmosphère d’une planète tellement submergée de tyrannides que ces derniers s’empilaient jusqu’au vaisseau lui-même en une masse immensissime. Le Cirque du Soleil avec beaucoup plus de crocs en somme. Par contre je tiens à dire que Starfinder faudrait me payer pour que j’y joue. Et … j’ai pas grand-chose de plus à raconter sur l’espace. Faut qu’on fasse sérieusement de la SF en JDR un jour ...

De la subtilité quoi ...

dimanche 4 août 2019

RPGaDAY 2019 #4 : Partage


Partage, cette notion floue en veux-tu en voilà … J’ai été très tenté d’être un peu bête et méchant dans ma réponse et expliquer que de base on avait toujours fait tourner le paquet de chips à ma table, on n’est pas des rats avides. Et avouez le, parler de partages de chips ça n’est pas vraiment le sujet le plus émoustillant qui soit (et si c’est le cas pour vous, je ne vous juge pas) et j’aurais conclu sur ce microscopique bloc de texte. Quelque peu anticlimax non ?

Donc je vais parler d’un partage plus métaphorique : celui de l’histoire et de sa maîtrise. Quand j’ai commencé à maîtriser je ne laissai pas la même souplesse qu’aujourd’hui. Je l’ai déjà dit, je n’ai jamais été totalement psychorigide et vindicatif. Cela dit c’est pas pour autant que je laissais faire les choses et emboitait le pas. Ce qui, à sa façon, est un chouia plus vicieux. Il a fallu un certain temps avant que je m’en rende compte mine de rien. J’avais tendance à demander aux joueurs ce qu’ils avaient l’intention de faire et, si le plan ne me plaisait pas ou ne collait pas avec mes idées, à les dissuader hors-jeu en discutant. La plus grosse victime de ça fut Le Lobbyisé parce qu’il est le roi des plans dont je ne comprends pas franchement ce qu’il essaye de faire avec. Que ce soit son familier vautour que je l’ai convaincu de ne pas faire (avec une blague zoophile au passage), les portes verrouillées pour l’empêcher de faire sauter la ville, la pluie qui coupe sa magie et le PNJ qui réagit à côté à son plan de vente d’un véhicule piégé. Désolé mon vieux, promis j’ai changé. La preuve c’est qu’après avoir longtemps réfléchi à un scénario où ils devaient affecter la dynamique de pouvoir dans une ville … j’ai littéralement noté sur mon scénario “les PJ se débrouillent avec la situation”. Et ce fut Le Lobbyisé qui mena le bal avec son personnage fraîchement arrivé. Il l’avait voulu spécialisé en social, et nom de dieu qu’est-ce qu’il en a profité. Il a monté à lui tout seul un plan qui incluait : un vendeur d’armes gay, une prostituée, un shérif alcoolique, des pots de vin, une fausse histoire d’amour et des délits commis en public. Un plan improbable puis rondement mené, il y a juste un moment où j’ai glissé un truc dans leur soupe, mais c’était pour leur montrer qu’ils faisaient une montagne d’une taupinière. Et nom de dieu ce fut fun. Et c’est sans doute la grosse leçon que j’ai appris avec le temps qui passe : savoir rendre du pouvoir narratif aux joueurs ça n’a rien de mal. Partager l’histoire en somme.

samedi 3 août 2019

RPGaDAY 2019 #3 : Engager

Encore un terme qui peut avoir un paquet de sens. J’ai d’abord envisagé la chose sous l’angle de l’entretien d’embauche. Du genre “comment on fait pour coller un nouveau joueur au sein de notre bordel ?”. Puis je l’ai pris plus sous l’angle d’impliquer les joueurs, “engager le dialogue et la communication”. Mais je me suis dit que ça faisait vraiment chiant parce que ça ressemblait à du discours de DRH qui essaye de motiver les troupes déprimées. Et je ne veux surtout pas être un DRH. Beuark. Donc j’ai décidé de partir ailleurs, vers quelque chose de plus martial … engager le combat ! LA GUERRE comme dirait Le Lobbyisé. Mais différemment des deux dernières fois que j’ai évoqué le sujet. En effet il y a se battre et engager le combat.

Il se trouve que je parle depuis un petit moment, mine de rien, des parties de Hellfrost que l’on fait en parallèle de Deadlands quand on ne peut pas avoir la totalité du groupe sous la main. Et vu que jusqu’à présent on ne pouvait assurer une continuité suivie ou “prendre le risque” de faire dans le compliqué, j’avoue que j’ai pas cherché loin : souvent le scénario comporte un petit peu de roleplay, quelques moments de voyage et une grosse bagarre. Fondamentalement ça peut être assez chiant, je ne vais pas mentir là-dessus. Mais vous savez ce qu’on dit sur un problème ? Que savoir qu’il existe c’est la moitié du chemin pour le résoudre. Et croyez-moi, je me suis décarcassé pour justement le résoudre ce problème. Plusieurs solutions s’offraient : 1) rendre Hellfrost le jeu officiel et permanent, mais c’était pas franchement la meilleure des idées (ça peut changer mais ce n’est pas le sujet) 2) complexifier les scénarios et varier la palette, mais sur un format bref et très espacé dans le temps c’était pas le bon plan 3) savoir être original avec le peu que j’ai. Vous devinerez jamais quelle solution j’ai pris … La 3 bien entendu ! Faire tout le temps la même chose, c’est chiant, soyons honnête là-dessus. C’est comme manger des steaks toute la semaine, personne n’en a envie. Sauf que si vous êtes un tantinet malin, vous pouvez faire des tortillas le lundi, des lasagnes le mardi, des bolognaises le mercredi, des boulettes le jeudi et des burgers le vendredi et je pense que vous avez compris l’idée. En l'occurrence mes steaks c’est des combats et comment je les prépare. Et je crois qu’il faut que j’arrête de filer la métaphore … Je l’ai dit à Wein quand on s’est croisé à une formation commune au boulot : Hellfrost me sert de laboratoire en termes de combat. Ça a commencé avec ma première battle map, imprimée au boulot et les pions en alu. Puis sont venus les placements stratégiques et l’adversaire géant. Ensuite est arrivé une vraie battle map qui se respecte et j’ai expérimenté avec la quantité d’adversaires et divers éléments du décors qui peuvent être utilisés ou bloquer les participants. La dernière partie en date, que je n’ai pas chroniqué du fait de son manque d’intérêt narratif, c’était juste un peu de voyage, m’a servi à voir ce que ça donnait quand un de leur moyen principal d’attaque ne marchait pas. A l’avenir il y aura des choses mouvantes, différents étages de combat, des fortifications, des ennemis qui se complètent et/ou dépendent les uns des autres, un accent mis sur le placement et l’élimination et j’en oublie. Un pur laboratoire où je tente diverses choses et je vois ce qui rend le tout plus intéressant, ce qui marche ou ne marche pas. Littéralement, d’autres façon d’engager le combat et de le rendre intéressant. Et je dois dire que je suis plutôt content de la chose et, jusqu’à preuve du contraire, ça a l’air de plaire aux joueurs donc tant mieux non ?

La prochaine fois sera encore mieux !

vendredi 2 août 2019

RPGaDAY 2019 #2 : Unique



Je me suis pas mal torturé la tête sur celui-là. Unique c’est vaste justement parce que ça n’englobe qu’une seule chose. J’ai d’abord cherché un moment unique, du genre un fait d’arme dantesque ou bien une réplique particulièrement iconique de nos parties. Et y’en a eu une certaine quantité, mais en tant que tel ce sont pour moi plusieurs moments, chacun différent et donc on sort de la notion d’unicité. J’ai donc envisagé de parler d’une session entière qui aurait pu être unique pour une raison X ou Y. À nouveau il y en a eu plusieurs, des hilarantes, des passionnantes, des épiques, des désespérées. Mais bon ça m’aurait obligé d’une part à en raconter une en entier, et d’autre part à devoir choisir laquelle est plus unique que toutes les autres. Et faire ce genre de choix c’est du même acabit que “Tu préfères papa ou maman ?”. J’ai donc envisagé brièvement de parler d’un des membres du groupe et pourquoi il était unique. Mais Le Lobbyisé m’aurait encore accusé de le draguer. Até aurait dit que je fais du favoritisme parce qu’on se connaît depuis longtemps. Dwarfram aurait foutu le camp en pensant que j’ai un but malsain caché. Louis m’aurait dit que je cherche midi à 14h. Wein aurait cru que je voulais le pistonner au boulot et ça aurait été gênant. Grey aurait dit qu’il n’était pas digne vu qu’il avait raté la dernière de Hellfrost pour aller chez tante Estelle. Et puis surtout ça amènerait un mauvais feng-shui. Et puis je me suis dit qu’en fait la bonne idée n’était pas de parler de quelque chose d’unique, mais en fait d’unicité. Oui la nuance est subtile mais elle existe. Et si y’a bien un truc où j’ai le sentiment que l’unicité compte par-dessus tout c’est … les objets magiques !
La star du show ...
J’ai quand même fait deux articles entiers sur le sujet, et il y en a d’autres qui viendront (petit teaser, je l’admets sans honte) et c’est un sujet qui me plait. J’ai grandi en jouant à Baldur’s Gate, et mine de rien ça laisse des traces. Le premier jeu lâchait des objets magiques au compte-gouttes et le second est certes bien plus généreux mais il faut savoir où il faut chercher (même si la quête principale offre un joli stock néanmoins). Mais chaque objet avait sa petite histoire, son descriptif, son apparence et sa patte. Et c’est comme ça que j’aime mes objets magiques. Reconnaissables et uniques à leur façon. Deadlands a été un coup de cœur aussi de ce fait. Dans Deadlands chaque objet magique possède à la fois un pouvoir, bénéfique à son porteur, et une corruption. Le terme est pas forcément parfait parce que ça peut obliger d’être un mec droit dans ses bottes en toutes circonstances, c’est pas franchement “corrompu” comme effet, mais l’idée est là. Ça m’a, en tout cas, conforté dans mon avis sur la chose. Et c’est ainsi que sont nés deux objets uniques qui nous marqueront longtemps : Le Jesùs Gun. Le Jesùs Gun est né avec le personnage d’Atégix quand on a joué pour la toute première fois à Deadlands. Il avait tiré deux jokers pour sa création, ce qui impliquait deux choses mystérieuses dans son passé avec des conséquences sur le présent. Je me souviens avoir tiré la carte objet magique et celle de la malédiction. J’ai improvisé vite fait en déclarant que son fusil pour chasser le bison de calibre .50 faisait un dé de dégâts de plus que la version normale. Sot que je fus … La vérité c’est qu’avec 5D10 de dégâts ce truc était plus violent qu’un canon d’artillerie et que bon nombre d’adversaires qui s’y sont frotté en sont mort en un coup ou deux. J’en parlerai d’ailleurs plus tard de ça … La malédiction du Jesùs Gun était que son porteur se voyait détesté des animaux, toujours enveloppé d’une aura sombre qui les mettait mal à l’aise. Il fut d’ailleurs le focus d’un scénario entier où ils traversèrent deux états entiers pour enfin découvrir qui l’avait fabriqué et d’où venaient ses pouvoirs. Ce fut un sacré scénario. Encore maintenant je considère le Jesùs Gun comme un manifeste de ce que j’aime dans mes objets magiques. Il faut qu’ils soient significatifs avant tout. Pas juste “un machin +1 ou +2”, il faut qu’ils aient une histoire, une identité, qu’on s’en souvienne. D’ailleurs je me permets un autre teaser : y’aura quelque chose de ce goût-là dans Hellfrost si on continue les scénarios que j’ai en stocks.

jeudi 1 août 2019

RPGaDAY 2019 #1 : Premier/Première

Le retour du RPGaDAY, cette fois sous un format un peu spécial vu que chaque jour a un mot d'intention autour duquel il faut discourir et raconter quelque chose, plutôt qu'une question. J'avoue être un peu déboussolé par le format mais je me lance dans l'aventure quand même. J'espère que ça vous plaira néanmoins.



J’ai pensé longtemps à raconter cette histoire mais je n’ai jamais trouvé l’opportunité ou l'énergie de le faire. Il est donc temps de réparer une injustice. Je vais vous parler de la toute première partie qu’a fait les racines du groupe actuel. À savoir comment moi, Dwarfram et Atégix avons joué ensemble pour la première fois. C’était pour du Shadowrun sous la houlette de Mister W. On avait fait connaissance peut être un mois plus tôt en gros. À l’époque Jules, le MJ de Pathfinder avec lequel je jouais Tarkus Double Pointes venait de partir faire ses études de l’autre côté de la France et on s’est retrouvé à se faire chier. Par un hasard de la vie je me retrouve à aller à une soirée avec Louis dans une cave chez la soeur d’une amie à lui. Comme ça, ça peut ressembler au début d’une histoire sordide qui finit façon torture porn mais il n’en est rien je le promets. Je me souviens avoir pris exprès mon manuel de Vampire : La Mascarade dans ma sacoche. Pour une raison que j’ignore d’ailleurs parce que personne n’improvise comme ça du JDR dans une soirée où il ne connaît personne s’il a deux sous d’intellect. Toujours est-il qu’on se pose, on devait être une dizaine et ça cause de choses et d’autres … jusqu’à un moment où on en vient sur les JDR et après avoir causé de nos déboires à base de chèvres en duo avec Louis, le mec à côté de moi se met à me parler de Shadowrun et d’un joueur qu’il avait eu qui atomisait tout avec un semi dragon complétement powergamé. Je hausse un sourcil et lui demande s’il a un groupe, s’il maîtrise ou autre. Il sort s’en griller une et je lui emboite le pas, on discute dans la cour intérieure pendant qu’il fume sa clope (moi je suis un straight edge, pas de ça pour moi) et on discute de Shadowrun, je sortais pile de finir le jeu vidéo Shadowrun Returns et j’avais l’inspiration ardente. Et il me dit que oui, ça peut se faire, il manque juste des gens pour lancer le projet. On échange nos numéros, on retourne à l’intérieur, on mange de la pizza et on rentre un peu plus tard dans la soirée, par un bus de nuit avec Louis. Une bonne soirée quoi. Ce mec c’était Mister W. Quelques temps plus tard je reprends contact avec lui et on commence à monter le projet ensemble. C’est là que je recrute Atégix avec nous, on se connaissait parce qu’on fréquentait la même assoc’ et on discutait de temps à autre de jeux vidéo et de musiques, mais de façon assez épisodique. Il me dit oui, il a envie de découvrir. Je passe le mot à Mister W, lui m’annonce qu’il va ramener quelqu’un, chic on est assez pour jouer. Je fais ma fiche de perso avec lui via Skype et roule ma poule.


On avait convenu de jouer un vendredi soir chez mes parents. Mister W arrive avec son pote vers 18h, le pote en question n’était autre que … Dwarfram que je rencontrais sur le moment. Até m’avait dit qu’il nous rejoignait plus tard dans la fin de journée, il était pris ailleurs. Pas de soucis en tant que tel. Le réel problème c’est que la personne qui lui a donné les instructions pour se rendre sur place c’était mon père. Et … mon père ne fait pas toujours très attention au fait que vous arrivez à capter ou non ce qu’il explique. Et cerise sur le gâteau Até n’avait pas de GPS. Ce que je ne savais pas. En attendant qu’il arrive, je passe en cuisine et prépare une généreuse portion de poulet au curry pour tout le monde, dans ma tête il est là dans quinze minutes. On mange, on passe au fromage, je les vois d’ailleurs qui reluque l’assiette qu’on a laissé spécialement de côté pour Até, le temps passe, passe et … passe. Et puis mon téléphone sonne, il se trouve que l’invité attendu est paumé. Je choppe une tablette et lui demande s’il voit un nom de rue pour que je puisse google map sa position et lui indiquer le chemin. Ce qu’il fait … et c’est une rue de l’autre côté de la ville ! En fait il avait dit rue alors que c’était un boulevard et ça changeait pas mal la donne. J’essaye de le guider comme je peux, par deux occasions il me rappelle et ne trouve pas. Quasi une heure passe et toujours pas moyen. Jusqu’au moment où il me rappelle, du désespoir dans la voix. Pour me dire un truc du genre “Écoute Gerru je crois vraiment que je vais pas y arriver, j’en peux plus et je commence à en avoir gros sur le système, faites ça sans moi je vais rentrer.”. Mais c’est pas ça qui va m’arrêter, non mais. Je prends donc les choses en main et lui demande de suivre mes instructions : se garer là où il peut, sortir de sa voiture, localiser un arrêt de transport en commun, lire son nom et m'appeler pour me le donner, on passe le prendre aussi vite que possible à ce moment-là. On est en décembre et je ne sais pas trop pourquoi, à peine il raccroche pour me dire qu’il va faire ça, je pars enfiler pompes et anorak, les autres m’emboîtent le pas, ce qui est fort sympa de leur part quand on y pense vu qu’on se connaissait à peine. Et on va au coin de ma rue faire le pied de grue sous les flocons, l’air un peu con quand on y pense. Et on y attend dix minutes le coup de fil d’Até, lequel est en fait à 300m de chez moi. On est allé le chercher aussi sec, on le ramène au chaud et on le pose devant l’assiette que j’avais insisté pour qu’on lui garde. Sans déconner j’ai jamais vu quelqu’un ressusciter comme ça. Chaque coup de fourchette qu’il donnait le faisait se redresser et se détendre avec un sourire qui renaissait sur sa figure. Inutile de dire que le poulet n’a pas fait long feu. Et c’est après ça qu’on a joué pour la première fois à Shadowrun. Ce fut une partie pas très longue vu qu’on avait perdu quasi deux heures en amont mais fun néanmoins. Mais rien que pour tout le prélude en amont elle reste fort dans nos cœurs.

L'état des lieux

Je vais annoncer quelque chose de choquant : à la grande déception de beaucoup ... je ne suis pas mort. Trois ans que ce machin prend la pou...