lundi 30 juillet 2018

Lundi de la fiction : Une rencontre dans les ombres, partie 1

J'inaugure ici une nouvelle section : le lundi de la fiction. Comme son nom l'indique j'y publierai (et Até aussi s'il en a envie) diverses œuvres personnelles de fiction. Sur un thème donné ou non. Écrites pour l'occasion ou non. Sur des univers connus ou non. Retenez que c'est de la fiction et que c'est fait maison si vous avez la flemme de vous creuser la tête.

***

Une journée de merde, un taff de merde, des clients de merde pensa Rudy en polissant du bout de son chiffon une chope de bière qu’il venait de rincer à l’eau. Quand il avait acheté ce bar avec l’argent de l’assurance vie de son père, mort d’un accident de voiture, il espérait secrètement avoir touché le gros lot. Il y avait deux usines à proximité, un parking à deux pas et il avait réussi à récupérer quelques vieilles bornes d’arcades d’une salle de retro-jeux qui avait fermé à Los Angeles. Stratégiquement il était bien placé et bien équipé. Sauf que les ouvriers du coin n’avaient qu’un désir une fois le travail fini : rentrer chez eux pour ne pas se faire braquer par les mecs de gang locaux, que le parking servait surtout à organiser des deals de drogues ou des fêtes improvisées rythmées tant par des beat de hip-hop que par les rafales de MP5, et les bornes d’arcades … la plupart étaient couvertes d’une couche de poussière épaisse d’un centimètre au moins. Quand il avait compris tout ça il était trop tard pour quitter San Bernardino, il était coincé ici avec une affaire qui marchait au ralenti, une clientèle limitée et pas franchement souhaitable et un prêt à rembourser pour au moins dix ans. Une journée de merde, un taff de merde, des clients de merde, c’était devenu son mantra. Surtout depuis que les divers gangs du coin avaient voulu une part du gâteau, d’abord juste pour voir si quelqu’un du crew d’en face ne se planquait pas dans les toilettes, puis par curiosité en voyant qu’il restait ouvert jusque tard. Puis, finalement, pour le racketter, en y repensant ça le faisait sourire qu’ils aient pris autant de temps à venir. Il avait cédé face aux Verdagos locaux, sans doute parce que l’immense troll venu collecter “les généreux dons” avait des bras trois fois comme sa tête et une batte de baseball faite sur mesure pour ses 2m50. Depuis il crachait au bassinet tous les mois une partie du peu qu’il gagnait, bien malgré lui. Mais ce soir ça allait changer !

A force de casquer régulièrement et sans, trop, faire d’histoires les gangers s’étaient mis à parler librement dans son établissement. Et s’ils se croyaient protégés par le fait de parler espagnol devant lui, ils se trompaient. Il avait écouté, encore et encore, quand ils parlaient de fusillades, de deals, de femmes, de tel ou tel membre, de leurs exploits et de leurs soupçons. Et de leurs ennemis. Et à force de capter tout ça, il avait trouvé son ticket de sortie. Parmi les clients réguliers il y avait un humain dans le lot, Esteban. Il avait vite remarqué qu’il parlait moins que les autres, qu’on riait souvent à ses dépens et qu’il en ressentait une frustration. Il était venu lui parler un soir, soit disant pour discuter du prochain “prélèvement”, un sujet qu’il avait facilement fait glisser vers la frustration de sa condition. Et Esteban avait magnifiquement mordu à l'hameçon. En un mois il lui avait retourné le cerveau, et maintenant il était mûr. Le plan était simple : Esteban mettait la main sur des stocks de “marchandise” tandis que lui tissait des liens en sous-main avec leur gang rival, les Iron Crosses. Une fois ceci fait, ils procéderaient à un échange avec un intermédiaire des Cross, au bar. L’argent changerait de main et quand il se serait fait un bon matelas il ferait ses valises, Esteban pourrait retourner à son gang les poches pleines d’un certain pourcentage et les Iron Crosses auraient de la marchandise en plus. Un plan de génie. Il reposa le verre qu’il venait de nettoyer et jeta un œil en salle. Pas grand monde comme d’habitude, juste deux clients, assez particulier d’ailleurs. Le premier était un elfe avec une veste en jean, assis au comptoir sur un tabouret, sur celui à côté de lui était posé un étui de contrebasse et il regardait fixement le fond de sa bière, comme pour y chercher une vérité profonde. Le plus marquant étant son crâne à moitié dégarni qui contrastait avec ses longs cheveux noirs. Drôle de type pensa Rudy. L’autre client était dans l’annexe, à canarder des pigeons sur la borne d’arcade avec un pistolet en plastique. Un nain, déjà plus aux couleurs locales avec son trench-coat, ses rangers, son bandana rouge, son énorme casque audio sur les oreilles et ses grosses lunettes de soleil. Pas comme l’autre elfe là avec sa veste en jean frappée de symboles japonais et ses chaussures de sécurité. Enfin tant qu’il payait sa consommation … Il jura entre ses dents en entendant la charnière de la fenêtre des toilettes qui couinait, cette saloperie n’arrêtait pas de rendre l’âme, souvent cassée par des toxicos qui cherchaient à entrer pour se piquer dans les cabines. Putain de camés … Une journée de merde, un taff de merde, des clients de merde.

Il regarda sa montre, 23h08, Esteban était censé arriver dans deux minutes. Et un peu après arriverait son contact chez les Iron Crosses. Il avait vu son lot de gros durs, plus d’un lui avait braqué une arme à la figure d’ailleurs dans son bar. Mais Tusk lui glaçait le sang. Pas par sa taille, Big Juan, le troll à batte était nettement plus impressionnant sur le plan physique par exemple. Tusk lui … c’était toute sa personne, froide et monolithique quelle que soit la situation. Il savait qu’il tenait son surnom des deux cornes de troll qu’il portait attachées au revers de son blouson. les versions sur le comment de l’acquisition différaient mais la seule certitude était que leur précédent porteur était mort sous les poings de Tusk. Ce qui, aussi invraisemblable que cela puisse paraître, rendait la chose encore plus glaçante. Mais il payait cash et honnêtement d’après toutes les sources qu’il avait pu obtenir, c’était ça l’important. Le bruit de la porte le tira de ses réflexions, c’était Esteban, pile à l’heure.

“Salut vieux. dit le jeune latino.
-Salut. Pas eu de problème en route ?
-No problema. J’ai dit que j’allais retrouver une fille à son appart. Ils ne chercheront pas à me joindre ou quoi et … La phrase mourut dans sa bouche quand il vit l’elfe sur son tabouret. T’es sûr de ça ?
Rudy jeta un œil au métahumain, il se parlait tout seul, marmonnant quelque chose en agitant le fond de son verre, ça ressemblait à de l’arabe, ce que sa peau hâlée tendait à confirmer. Visiblement il était complètement saoul.
-Ouais. Tranquille. C’est calme ce soir.”

Plus ou moins rassuré, Esteban se détendit et posa son veston sur une des chaises en salle, la poche droite émettant un bruit métallique quand elle tapa le bois, preuve qu’il y avait rangé son pistolet. Ils n’avaient plus qu’à attendre Tusk. De l’arrière salle montait les bruits de la machine d’arcade, visiblement le nain était toujours en train d’essayer d’atteindre le dernier high score, en vain semble-t-il. Qu’il y reste, tant qu’il ne sortait pas son nez de la salle là et les laissaient faire leur affaire tranquille, ça lui allait très bien. Et puis Tusk passa la porte, accompagné de cinq gars. Merde, ça ça n’était pas prévu. Il était tel que Rudy s’en souvenait : chauve, une croix celtique noire tatouée sur la gorge, veston en cuir avec écusson des Iron Crosses et le brassard rouge des hauts gradés du gang sur le biceps gauche, les deux fameuses cornes de troll cliquetant en rythme avec son pas. Mais le pire restait ses deux yeux bruns, ils étaient tellement … statiques. Comme un poisson mort. Et malgré le ridicule de la comparaison ils terrifiaient Rudy. Les six gros bras qui étaient avec lui étaient habillés dans le même style, même si aucun ne dégageait la même menace et le même malaise. Certains disaient que Tusk était un mage ou quelque chose du genre, mais Rudy en doutait vu le niveau de tolérance de son gang à tout ce qui n’était pas humain, blanc et “normal”. Imperturbable, Tusk prit une chaise et s’assit à la table d’Esteban, posant devant lui une mallette. Rudy sorti de derrière le comptoir et s'avança la main tendue vers Tusk.

“Bonsoir Tusk. Comment ça va ? La seule réponse de l’Iron Cross fut un long silence et un regard pesant. Rudy sentit cette même sueur glaciale dans son dos et se sentit très con d’avoir pensé que le ganger lui serrerait la main. Esteban a apporté la marchandise.
-Je vois ça. Toujours cette voix, ce ton, Rudy voulait que cette histoire se finisse vite. Et je vois aussi que tu accueilles un mutant dans ton établissement. Il pointait l’elfe qui était à présent affalé de tout son long sur le comptoir, toujours à marmonner en arabe.
-Les clients … sont les clients Tusk, j’ai besoin de rester à flot.
-A quel prix hein ? Tout le mépris de l’Iron Cross était perceptible dans sa remarque et, voyant comment ses gars ricanaient, Rudy redouta un moment qu’ils aillent lyncher l’elfe avant de faire affaire. Heureusement Esteban lui sauva la mise.
-Bon, on le fait ce deal ou pas ?
-Ma foi. Il poussa la mallette vers le jeune latino. Cinquante milles nuyens en credstick, intraçables, propres et pas de question. Ça vient d’un stock de chez Horizons.
-Ça marche, j’ai les infos que tu voulais sur les planques des Verdagos, contenus, gardes et tout ça.
-Excellent, on va pouvoir …

La conversation fut interrompue par la porte de l’annexe qui grinçait. Le nain ! Il l’avait oublié celui-là. Et il avait un flingue à la main !

-Le chauve, sois sympa et envoie la mallette. Au moins il avait le mérite d’être franc pensa Rudy. Tusk par contre commençait à s’agiter, son regard bondissait sur chaque personne de la pièce, cherchant pour voir si ce n’était pas une embrouille de la part de Rudy ou d’Esteban. Pour la première fois ses yeux semblaient devenir un tant soit peu expressifs. Et c’était encore pire que lorsqu’ils ne laissaient rien transparaître.
-Et de quel droit tu me demandes ça le mutant ?
-Parce que j’ai un contrat connard. Maintenant envoie le blé. Et pour appuyer son argument le nain fit un léger geste du canon de son revolver. Rudy ne reconnaissait pas le modèle, on aurait dit un vieux pistolet tout droit sorti d’un vieux film du XXème siècle.

Rudy était en train de se demander qu’est-ce qui allait se passer et si ça allait encore empirer, malheureusement pour lui la loi de Murphy était à l’écoute. A trois secondes d’intervalles l’elfe qui semblait être endormi venait de bondir de son siège et avait dégainé un pistolet lui aussi. Et la porte des toilettes venait de s’ouvrir sur … une ork ! Grande d’un mètre quatre-vingt-dix, vêtue d’un pantalon de camouflage et d’un veston en cuir noir, le crâne rasé, elle braquait une paire d’Ares Predator sur la salle. Elle et l’elfe parlèrent simultanément

-Lequel d’entre vous est Donovan Tates ?/C’est toi la balance !
Tout le monde cligna des yeux, le temps d’intégrer que la question venait de l’ork et l’accusation de l’elfe.
-Rudy, si jamais tu veux essayer de me niquer avec ta galerie de mutants tu vas me le payer. Tusk n’avait pas levé le ton mais les muscles de son cou, tendus comme des cordages, trahissaient qu’il était plus inquiet qu’il n’y paraissait.
-Tusk je te jure que …
-Ta gueule ! Ça venait du nain. Envoie le fric !
-Esteban, Emiliano va être très déçu de découvrir que c’est toi qui les plante dans le dos. L’elfe cette fois-ci.
-Donovan Tates, il peut lever la main ou faut que je bute tout le monde ?” C’était l’ork cette fois-ci.
Il y eu un moment de silence, on entendait juste le néon au plafond qui grésillait. Et puis, Rudy s’y attendait, quelqu’un fit quelque chose de stupide et tout se mit à péter.

lundi 16 juillet 2018

Mysticisme

On dit souvent que la musique peut nous transporter si elle trouve un écho particulier en nous. Et je doute qu’on me contredise sur le sujet. Me suis donc dit que j’allais essayer de vous transmettre quelques ressentis personnel. Et cette fois par l’angle du mysticisme. Qu’est-ce qui peut être étrange, transportant, sonner comme un ailleurs ou une religion comme morceau ? Réponse avec une petite sélection personnelle.


Wardruna - Völupsà

Popularisé par la série Vikings, Wardruna est un groupe que j’affectionne particulièrement. Caractérisé par son choix de vouloir utiliser des instruments le plus historique possible pour le thème qu’ils abordent. A savoir l’époque vikings de la Scandinavie et ses différentes croyances. Et mine de rien ça donne un sacré cachet à leur musique. N’y connaissant qu’assez peu en mythologie nordique (au delà des choses en surface qu’on apprend en jouant à Age of Mythology) et en histoire vikings j’ignore si c’est avéré et ça se trouve ils nous envoient une magnifique poudre aux yeux, mais ça sonne authentique. Rythmé par de lourdes percussions, les chants de gorge ultra grave et entêtant et le chant de Einar Selvik qui semble incanter face à une tempête. Si vous n’avez pas l’impression d’être un plein milieu d’une cérémonie païenne qui bat son plein je ne sais pas ce que je peux faire pour vous.

Monkey3 - Through the Desert

J’ai découvert ce groupe il y a peu par l’intermédiaire d’un ami (grâce te soit rendu ma Tortue) et en cherchant ce qui pouvait sonner mystique pour cet article, ce morceau m’est venu. Les gros riffs de guitare, la durée du morceau, les notes maintenues que je pense venir d’un synthé. Tout ça a un côté assez ensorcelant, comme si la cérémonie du morceau d’avant cheminait vers son apogée tout du long, en un lent crescendo. Hypnotisant je dois dire.

Ka & Preservation - Still Heir

Fruit de la collaboration entre Preservation, un producteur new-yorkais, et Ka, rappeur issu de Brownsville et pompier dans la vraie vie. Si vous vous intéressez un peu au microcosme du rap New-Yorkais, le gars est assez proche de Roc Marciano ainsi que de GZA. Et mine de rien ça se retrouve dans sa façon de rapper et d’écrire. Des longues phrases parfois plus parlé que vraiment rythmé, sur des samples de jazz et de classique et sans forcément de beat. Et tout du long il file ses métaphores et ses images, comme une sorte de prêcheur assis sur un coin de trottoir à 3h du mat dans Brooklyn, à fumer une clope à moitié éteinte, un .38 passé dans la bande de son pantalon. J’ai déjà fait l’expérience de me retrouver à écouter ce morceau tard le soir, je rentrais chez moi complètement out, affalé sur une banquette de transports en commun, absolument seul. Ce fut une expérience proche du religieux en fait. Il y a eu … quelque chose. Quelque chose de … mystique non ?

lundi 2 juillet 2018

Too Cool To Use #3 : Encore plus de joujoux

Quand j'ai commencé à écrire mon article sur toutes les reliques que j'avais créé, à la base c'était sensé être un unique et long article. Et puis plus la matière venait, plus je retrouvais des papiers et des notes sur le sujet (CTRL + F sur Skype ça fait des miracles d'ailleurs) plus c'était massif. A un moment je me suis dit que j'allais noyer l'attention et le lecteur si je servais un immense pâté. Donc j'ai décidé de scinder en deux parties. Voici la deuxième rien que pour vos petits yeux.


La chaîne de maintien

Le deuxième scénario que Dwarframe a joué avec nous fut pour lui plusieurs heures à être le dindon de la farce. En effet, son perso fraîchement commencé se retrouvait très souvent à court de souffle et finissait dans les pommes bien plus souvent qu’à son tour. Combiné que c’était ses débuts en tant que huckster et que ses sorts lui buvaient ce même souffle à vitesse grand V. Il faut savoir que plusieurs sorts, s’ils sont maintenus en continu, grignotent petit à petit cette précieuse ressource du joueur. Et comme je l’ai dit en parlant de la flûte, des fois je suis frustré de l’état des règles et je m’arrange pour contourner la chose avec mes petites astuces, sans pour autant tordre le cou du système lui même. Et du coup, comme pour la flûte j’ai fait ma relique maison pour ça. Encore et toujours l’idée n’est pas de briser le système, le pouvoir se doit d’avoir une contrepartie (je pense qu’il y aura un jour un article sur le prix de la puissance). A nouveau une longue réflexion fut entamée et par des suites logiques j’en suis arrivé à ça : qu’est-ce qui retient une chose ? Une chaîne la plupart du temps. Qu’est-ce qui peut retenir un sort chez un magicien distingué ? Une chaîne … de montre. Oui, des fois mon train de pensée est aussi simple et stupide que ça.

Un huckster élégant ne sort jamais sans



En terme d’histoire, j’avais gribouillé quelques lignes sur le fait qu’elle avait été la propriété d’un huckster qui serait mort d’une crise cardiaque en lançant plusieurs sorts maintenus en même temps, ancrant au prix de sa vie sa prouesse dans la légende. Et comme tout marche à base d’histoire dans Deadlands, la chaîne de montre qu’il tenait au moment de sa mort aurait été imprégné de ce pouvoir. J’ai juste eu un conflit personnel quant aux pouvoirs exacts de cette chaîne. Je m’explique : très souvent pour parler de Deadlands sans spoiler mes idées aux joueurs j’en cause avec un ami belge. Si nous n’avons pas les mêmes philosophies en terme de façon de maîtriser, ses conseils m’ont été souvent assez utiles. Et quand je lui en ai parlé, son son de cloche n’était pas tout à fait le même que le mien. En gros, si nous étions d’accord pour le fait que la chaîne maintenait un sort pour le joueur sans que son souffle soit consommé, ce qu’il subissait en contrepartie dépendait :

  • Ma version était que pour chaque round où le sort était maintenu, le joueur recevait un “marqueur”. Une fois le sort fini, la prochaine fois qu’il devait le lancer, il recevait un malus de -X, X étant le nombre de marqueurs qu’il avait reçu la fois précédente (et donc de rounds d’usage de ce sort). Rude, un peu punitif mais facile à contourner en fait quand j’y repense.
  • Sa version à lui était qu’en liant le sort, pendant tout le temps qu’il était maintenu, le huckster avait une “dette”. Oui, une dette de souffle. Un certain pourcentage, lui penchait pour un dixième, était retenu par la chaîne et déduit du maximum possible du lanceur.

Les deux versions se tenaient, et c’était bien là le souci, j’étais bien incapable de trancher sur laquelle était la “mieux”. Donc je l’ai laissé dans mes cartons. Ce qui est ballo, je suis sûr que Dwarframe l’aurait bien aimé ce joujou là. D’ailleurs il me hait peut être au moment où il lit ces lignes.

Le doigt vengeur

Cette relique là, pour une fois, ce n’est pas de ma faute si elle n’est pas apparue en jeu. C’est de la faute de Louis. Oui je vous jure. Il n’en savait rien donc on le pardonne, mais c’est de sa faute. Bon il en est le père aussi à sa façon donc je lui pardonne de faire ce qu’il veut avec sa création. Oui, tout ça est un peu sibyllin, mais ne vous inquiétez pas, je vais vous expliquer. L’histoire remonte à mon tout premier mastering, oui vraiment, sur … Deadlands, curieux non ? Ne voulant pas me prendre la tête, j’ai décidé de les placer dans une situation qui les forcerait à coopérer entre eux, qu’importe leurs personnages. Donc direction prison ! Leur premier but a été évidemment de s’évader, surtout quand ils ont réalisés que le chef geôlier était un sadique de première. Encore aujourd’hui je suis très fier de la tension que j’ai installé à ce moment là. Ils venaient d’être amené dans une cave puante sous le logement du directeur et assis de force à une table qui pue le sang séché. Là on pose devant eux un revolver et je leur tend un paquet de cinq cartes, chacun doit en piocher une, le geôlier charge une balle dans le pistolet et fait tourner le barillet. Je leur annonce alors que si l’un d’eux a l’As de Pique en main, il aura la balle dans la tête. Oui, c’est une roulette russe du Far West. J’ai senti la sueur froide dans leurs dos à ce moment là. Chacun a eu un petit moment de roleplay quand c’était son tour d’appuyer sur la gâchette, avec l’hésitation au moment de dévoiler sa carte, le soulagement de découvrir qu’il avait la vie sauve et l’anxiété des autres qui comprenaient que du coup la balle allait peut-être être pour eux. Un très bon souvenir que ce moment. Puis est venu le tour de Louis d’appuyer sur la gâchette. Et il a voulu jouer au héros : au dernier moment, au lieu de poser le canon sur sa tempe il a brandit l’arme en direction du geôlier et fait feu … pour ensuite révéler sa carte et voir qu’il n’avait pas l’As de Pique. Clic fit le pistolet, et quelques instants après il se retrouva sous une pluie de coups de crosse, on se serait cru dans Voyage au Bout de l’Enfer. Voilà que le chef geôlier sort un énorme couteau et s’approche du personnage de Louis, je me met à partir en impro totale en plus, ma toute première, et je me dis que cet acte de rébellion ne doit pas rester impuni. J’ai le cerveau qui tourne à deux cent à l’heure et j’attrape la première idée en vol. Je demande donc, dans le personnage, s’il compte un jour se marier, et ce avec une voix de sadique. Tout le monde a un mouvement de recul, pensant que je vais sûrement châtrer son personnage. Encore heureux pour tout le monde, j’ai tenu à être plus original que ça : d’un coup de couteau, voilà l’annulaire de Louis qui s’envole.

J’ai pas envie de vous montrer un moignon donc voilà des fingers

Et puis l’histoire continue son cours. Ils s’évadent de prison et partent en cavale mais ce fameux doigt me reste. Surtout que je sais que le final est un affrontement entre eux et le geôlier devenu fou, et ce fameux doigt coupé plane toujours (métaphoriquement bien entendu). Sans doute inspiré par l’histoire de la main de singe dans XXXHolic (un épisode particulièrement flippant d’ailleurs) je voyais bien ce bout de doigt desséché devenir quelque chose. Quoi je n’en avais aucune idée. Mais l’idée était là, j’ai songé un moment à une espèce de “boussole de la vengeance” où le moignon indiquait la direction de l’ennemi dont le porteur voulait se venger. Quelque chose d’étrange et d’un peu malsain. Mais rien ne me venait, et je me suis dit que c’était pas bien grave, il allait bien garder son doigt et entre temps moi je me débrouillerai pour trouver une idée. Eh bah non. Après que le geôlier soit mort, abattu par un échec critique d’un de ses sbires, le père Louis s’est acharné sur son cadavre, le bombardant de coup de pompes avant de lui enfoncer son moignon de doigt dans le gosier et de balancer le cadavre à bouffer aux crocodiles. Quand je vous disais que c’était de sa faute ...

Kusanagi

Cette idée là est née … d’un gros vol en fait. Un vol justifiable parce que Deadlands l’avait fait bien avant moi sur d’autres éléments du même genre. Donc je ne suis pas totalement coupable de ça. C’est juste que j’ai pris la première inspiration qui venait. L’inspiration en question c’est The Darkness 2. En tant que jeu vidéo il n’est pas parfait, mais plusieurs éléments de background sont sympas. Parmi eux un des personnages du mode coopératif : Inugami. En gros c’est le personnage du samouraï qui se bat au corps à corps avec un katana. Et c’est pas n’importe quel katana ! On a ni plus ni moins que Kusanagi en personne. Si vous ne savez pas ce qu’est Kusanagi, pour vous la faire courte c’est une épée ancestrale japonaise qui est un des regalia de l’Empereur et dont on ne sait pas si l’arme est réelle ou non et à quoi elle ressemble. Par contre en terme d’aura c’est Excalibur là bas. D’ailleurs je parle bien d’épée parce que le peu de sources historiques dont on dispose dessus tendent à dire que c’est une arme qui remonte au IIème siècle après Jésus Christ, donc pas un katana comme beaucoup s’y trompe. Et ce beaucoup inclut moi au départ, et The Darkness II.

Faut l’admettre par contre, le design de la chose a du style

A l’inverse, Stan Sakai et sa très bonne série Usagi Yojimbo on y voit quelque chose qui ressemblerait plus à ce que l’épée serait “vraiment”. Oui c’est pas très utile comme précision mais j’aime beaucoup Stan Sakai donc j’en parle ici. Lisez Usagi merde !

La version de Sakai


Encore et toujours, je la voyais bien avoir fait le voyage avec un samouraï exilé, aussi improbable que soit le cas de figure. Cachée quelque part dans le Labyrinthe de la Californie, c’aurait été aux joueurs de la trouver et de la brandir fièrement. Pour quoi faire ? Quels pouvoirs elle aurait eu ? Absolument aucune idée. Je me suis dit que ça aurait pu faire cool dans une campagne officielle du nom de The Flood vu l’objectif final et son ampleur. Mais l’aspect mécanique … Macache. Mais je tenais au moins à dire qu’il avait existé la possibilité que Kusanagi existe dans mon Deadlands. Et ça c’est important.

Le sabre du mort

L’histoire remonte à loin, quasiment deux ans maintenant. Je me sens vieux quand je dis un truc pareil, surtout que j’ai pas vu le temps passer depuis. Ce fut le premier scénario qu’on a joué avec le second groupe sous sa forme actuelle, à savoir Louis, Até et Dwarframe (Le Lobbyisé est arrivé en back up y’a peu pour une histoire à la con qui n’a pas eu lieu d’être au final mais ça c’est un détail). Et parce que je voulais pas me prendre la tête j’ai décidé de leur faire jouer le scénario du livre de base. Après tout, et c’est encore un peu le cas maintenant, ce groupe n’avait pas vraiment de ligne scénaristique fixée. Donc j’ai pris un peu ce qui me tombait sous la main à l’époque. Et au final je n’ai aucun regret à ce sujet parce que fut dantesque. C’est dans ce scénario que sont nés plusieurs de nos mythes et légendes, dont on vous parlera ou non si on est sympa ou pas. Parmi ceux-ci les relations de Louis avec les forces de l’ordre, Dwarframe qui ventile, l’amour de Até pour les explosifs, un certain fusil et ce qui fut littéralement un punchline pour son auteur. Je me contente de teaser tout ça, ce n’est pas le sujet ici. Dans ce scénario, l’antagoniste principal était un fantôme de capitaine de cavalerie unioniste revenu d’entre les morts pour exercer sa vengeance sur ses assassins, devenus des locaux importants. Tout d’abord en récupérant ses anciennes affaires puis en levant une armée de morts-vivants pour massacrer la ville. Ce qui donna une bataille tout à fait épique, des jets de dés improbables et Dwarframe qui rote du whisky alors qu’on aspire son âme. Encore une fois il faudra qu’on en parle dans d’autres articles, il y a tellement de matière et d’histoires à raconter là dedans … Ce qui nous intéresse ici c’est ce qu’a laissé derrière lui ce fantôme, à savoir son sabre de cavalerie et un vieux pistolet. Le pistolet a fini dans la collection que se ballade le personnage de Dwarframe parce que … voilà. Et c’est Até qui a prit le sabre, et au moment où j’écris ces lignes, son perso le porte toujours à la hanche.

Pour ceux qui ne savent pas à quoi ressemble un sabre de cavalerie


Je l’ai déjà dit plusieurs fois, dans Deadlands les pouvoirs d’un objet viennent de sa légende ou des circonstances qui l’ont entouré. Et c’est assez naturellement qu’on a évoqué à un moment avec Até le fait que son sabre devienne une relique. Au final ça ne s’est pas fait, mais j’ai quand même fait quelques conjectures sur ce qu’aurait pu être ce fameux sabre de cavalerie. Il y a eu en gros deux pistes importantes :

  • La première venait de moi, et j’étais simple pour le coup. Étant donné que le sabre avait servi un capitaine et était donc un symbole de commandement ça me paraissait cohérent qu’il donne cet atout à son porteur. J’hésitais à matérialiser ça soit par un boost du Charisme du porteur (et vu le perso de Até ça aurait pu être salutaire …) ou que l’arme offre des dés dans une compétence qui remplace ceux du porteur s’ils étaient inférieurs ou absents. Et vu que le sabre avait été récupéré sur la “dépouille” d’un fantôme, ça me paraissait normale qu’il puisse à présent blesser ces mêmes fantômes.
  • Et puis j’en ai parlé avec mon pote belge, et encore une fois concernant Deadlands, il avait un autre son de cloche. Pour lui l’origine des pouvoirs de la relique était à chercher non pas dans son passé mais dans le “présent”. Ce qui rendait le sabre spécial était qu’il avait été porté par un fantôme revenu de la tombe pour se venger, pas que ce soit un symbole de commandement. Pour lui le sabre devait rester un sabre ordinaire, jusqu’à la mort de son nouveau porteur. Une fois celui-ci décédé, son fantôme revenait comme l’avait fait le fantôme du capitaine et exerçait sa vengeance sur ses assassins. J’avoue que je trouve l’idée ultra classe, mais hélas injouable en tant que telle. Et personne n'a envie de voir son perso clamser pour découvrir les pouvoirs de sa relique.

Au final, par le souhait de Até et l’absence d’idées on n’en a rien fait et le sabre du mort reste un sabre ordinaire. Du moins pour l’instant, peut être que quand on relancera Deadlands ...


Ho et j'y pense, j'ai négligé de le dire dans le premier article : si vous en avez envie pour vos parties, servez vous.

L'état des lieux

Je vais annoncer quelque chose de choquant : à la grande déception de beaucoup ... je ne suis pas mort. Trois ans que ce machin prend la pou...