lundi 16 décembre 2019

Lisez Bordel ! #4 Patrick Rothfuss et la puissance du héros

J’ai un tout petit peu évoqué le monsieur quand j’ai fait mon Too Cool to Use #5. Je suis par contre incapable de préciser me rappeler où je l’ai découvert exactement. D’une certaine façon ça me frustre, j’aime bien retracer mon cheminement culturel. Possible que ce soit sur un panel de convention où il était invité avec Jim Butcher (lisez le, c’est vachement bien, je le répète). Je sais néanmoins que j’ai mit la main sur son œuvre par le téléchargement d’un pack d’epub de 1 giga trouvé sur Bookys. J’y ai pioché pas mal de trucs (L’abyssalement fécal Sœurs de Sangs de Mercedes Lackey, la sympathique Nuit de la Lune Bleue de Simon R. Green, Gene Wolfe qui traîne encore, tout Patricia Briggs et Scott Lynch, j’en parlerai ou pas plus tard de ceux-là) et que ça a pris la poussière sur mon téléphone pendant facilement un an. Oui je lis mes epubs sur mon téléphone et je le vis bien, c’est un des rares trucs que j’ai tout le temps avec moi, un bouquin grand format ou une liseuse ça ne tient pas dans une poche de pantalon, ou alors vous avez des cargos de la taille d’une tente. Enfin bref …

Ayant une soif avide de connaissance l’année en question fut occupée notamment à nourrir mon cerveau de bien des choses (y’a aussi mon travail, je suis un employé sérieux, ne croyez pas le contraire) je suis retombé quelques fois sur des mentions du sieur Rothfuss, un des commentateurs désignant son personnage principal comme une Mary-Sue complétement pété bon à tout et infaillible à chaque défi. Ça m’a refroidi un peu mais j’ai décidé de donner sa chance au bouquin et ne pas le supprimer cash de ma bibliothèque. Et puis à continuer de regarder Critical Role j’ai vu son caméo, m’étant pris d’affection pour le personnage qu’il incarnait et l’individu derrière (le passage de sa lettre à Keyleth est un sacré moment), je me suis dit qu’il fallait bien se lancer dedans. Ce que j’ai fait en février 2019 (je donne la date histoire de, je ne sais jamais quand je publie ou non ce que j’écris) et ça m’a pris une semaine et demi à lire 800 pages. Autrement dit j’ai beaucoup aimé et j’ai retourné la chose dans ma tête plusieurs fois. Et effectivement après quelques semaines de réflexions j’ai réussi à mettre le doigt sur ce qui a fait dire ça aux gens. Accrochez-vous, on plonge dans une longue discussion sur les personnages et leur puissance !


Pour être tout à fait franc avec vous, je caressais l’idée d’aborder ce sujet depuis 2018 quand j’avais lu L’Âge des Assassins de R.J. Barker, qui est un bouquin honnête mais pas non plus surpuissant. Lequel met en scène Girton, un assassin qui a dans la quinzaine plongé dans une intrigue politique au sein d’un château où les faux semblants occupent plus de place que les gens eux-mêmes. A l’époque je me souviens m’être fait la réflexion qu’en terme de puissance c’était un personnage intéressé parce que “équilibré”, sa technique et son expertise lui offre souvent la main haute dans des affrontements classiques, mais le fait qu’il soit jeune et donc loin d’être aussi fort que des adultes et affligé d’un pied bot le rende beaucoup moins invulnérable qu’on ne le pense au premier abord. Comparé à des bouquins comme ceux que David Gemmell où tout le monde est soit un badass intuable ou un novice qui doit apprendre à devenir un badass ou mourir dans une tentative foireuse mais souvent héroïque. Ou chez George R.R. Martin où l’expertise importe bien peu vu que qui que vous soyez vous allez mourir de façon humiliante et potentiellement gratuite. Néanmoins il n’y a pas grand-chose de plus à en dire, L’Âge des Assassins est un livre moyen dont je n’ai pas gardé énormément, pas pour rien qu’il n’était pas dans mon top littéraire de 2018. J’avais néanmoins besoin de contextualiser ça avant de commencer. Parce qu’une figure récurrente dans la littérature, en général provenant des critiques en tout genre (à tort ou à raison) est celle de la Mary Sue que j’ai évoqué un peu plus tôt. Pour ceux qui ne connaissent pas le terme est né dans les années 70, venant d’une fan de Star Trek du nom de Paula Smith, lassée des fanfictions de merde mettant en avant les personnages “originaux” de jeunes auteurs très très amateurs. Dans un fanzine dont elle était l’éditrice elle y écrivit les aventures du lieutenant Mary-Sue sur l’Enterprise, où elle y fait tout mieux que tout le monde. Le terme est resté ancré dans les mémoires avec le temps pour désigner un personnage gâté par la narration auquel rien ne résiste et sans aucun défaut ou des défauts qui n’en sont pas tant que ça. Des exemples célèbres du genre si vous voulez vraiment : Drizzt Dro’Urden, Bella Swann, Wesley Crusher (pour ceux qui connaissent Star Trek, encore une fois) et si vous aimez Warhammer 40 000, Kaldor Draigo. Et je ne parlerai pas de cas plus récents parce que, comme dit mon bon ami Skoeldpadda “internet aime l'utiliser pour qualifier tous les persos qu'il trouve "trop" ” et ça va pas plus loin. Et je suis assez d’accord avec lui sur la question, suffit de voir les énormes débats qui ont déferlé sur le personnage de Rey dans la nouvelle trilogie Star Wars.

La question que je me suis longtemps posé dans cette histoire c’est pourquoi cette haine ? J’ai fait mes fouilles archéologiques littéraires et je pense qu’on peut extraire plusieurs raisons. La première est à l’origine même de l’existence du lieutenant Mary-Sue à l’époque, à savoir la tendance qu’ont beaucoup d’auteurs (amateurs ou professionnels d’ailleurs) à mettre un personnage qui est eux ou pire une version fantasmée d’eux. Soyons tout à fait honnête, à quelques rares cas près (que je n’ai pas encore trouvé) il y a de très fortes chances que ce soit utilisé pour se masturber l’égo et/ou parce que la personne au bout du crayon n’a pas, supposément, le talent d’écrire de vrais personnages. La seconde raison vient d’une habitude devenue un amour, laquelle ? Je pense qu’on a mine de rien un sacré goût pour le modèle développé par Joseph Campbell et son monomythe qui du coup présuppose que le personnage doit rencontrer des difficultés et connaître une courbe de progression marquée d'échecs. Après tout sans écueils ni efforts la victoire est ennuyeuse non ? C’est comme faire un jeu en New Game + en mode facile. D’autant plus que souvent, on caractérise la Mary Sue par le fait que l’histoire se plie à son service et à ses caprices comme si le monde entier était son Deus Ex Machina. Et si on prend tout ça en considération, effectivement c’est compliqué d’obtenir une “bonne” histoire à partir de ça. En ayant ça en tête, plongeons nous dans le vif du sujet : Le Nom du Vent de Patrick Rothfuss, oui on y arrive enfin. Je précise un petit détail d’emblée : je n’ai pas encore lu le deuxième tome La Peur du Sage donc je peux me gourer complètement. Si c’est le cas … bah c’est ballot.

Le Nom du Vent suit les aventures de Kvothe, un personnage légendaire qui se planque dans une bourgade oubliée des hommes et de Dieu, visiblement écrasé par le poids de ce qu’il s’est passé autrefois (assez peu d’informations sur le sujet sont données au lecteur) et bien content qu’on l’oublie. Jusqu’au moment où arrive Chroniqueur, oui c’est sa fonction et il tient à ce qu’on l’appelle comme ça, lequel pousse Kvothe à raconter son histoire. Les trois quarts du bouquin étant donc un flashback narré, le reste se passant dans le présent. Le livre commence avec l’enfance de Kvothe jusqu’à ses seize ans environ. On commence par le fait qu’il a grandi dans ce qui est l’équivalent de forains artistes dans un monde de fantasy, jusqu’à ses études dans une académie où on apprend autant la physique quantique (ou son équivalent) que la magie, en passant par la case mendiant. Et oui, techniquement, tout du long du livre, Kvothe est bourrin comme personnage. Que ce soit sur tout ce qui est théâtral où le fait qu’il est forain fantastique lui donne une énorme expertise (pour sa défense, in univers tous les forains fantastiques de sa tribu sont balaises à ça), puis arrive la magie où il est un petit prodige et j’en passe. Sur le papier, très franchement oui, ça sonne ultra Mary Sue et je comprends parfaitement pourquoi plus d’un a lancé le qualificatif. Mais comme souvent les choses ne sont pas aussi simplistes que oui/non/Sue/PasSue sinon je n’aurais absolument rien à écrire sur ce blog. Parce qu’en soit la puissance du personnage ne fait pas tout. Il suffit de voir à quelles épreuves il est confronté en contrepartie. Et c’est là que, pour moi, Le Nom Du Vent prend sa saveur. Parce que oui Kvothe est pété et pourtant il n’arrive qu’à bien peu de choses. Je m’explique : pendant tout le temps qu’il passe mendiant à Tarbean, au final aucun de ses talents de forain ne lui offre quoi que ce soit, il gèle dans une ruelle et finit par vivre dans le trou d’un toit, là où on s’imagine facilement au départ qu’il va utiliser son instrument pour se faire des sous et remonter la pente. Et c’est exactement pareil quand il est à l’Académie, tout prodige qu’il est, son intellect ne sert qu’à lui mettre les recteurs à dos, pareil pour les autres étudiants, son embrouille avec Ambrose vient de là au départ et son prototype, aussi brillant soit-il, est refusé parce qu’il ne réfléchit pas aux conséquences. Sans compter qu’aussi talentueux qu’il soit pour apprendre et mettre en pratique, l’argent lui manque en permanence pour payer ses semestres. Je ne préterai aucune intention à Patrick Rothfuss mais pour moi la chose est intentionnelle. De même pour la personnalité de Kvothe, il est fier, impulsif et intelligent, en temps normal c’est des traits qu’on retrouve assez facilement dans le genre Marysuvien, et en général l’histoire sert des petits plats en conséquences. Ici Kvothe meurt de faim parce qu’il refuse par orgueil des choses “indignes de lui”, se fracasse la moitié des os en pensant comprendre comme les choses marchent et saute d’un toit comme un idiot (“-Félicitations ! a-t-il dit en me regardant avec une sorte d’incrédulité mêlée d’admiration. C’est la chose la plus stupide que j’ai jamais vue.” page 390). Et sur le plan sentimental il est assez intéressant d’observer que sa romance avec Denna ne l’amène nulle part vu qu’il refuse d’exprimer ses sentiments pour elle, se condamnant à sans cesse la regarder de loin. Une approche de l’histoire d’amour que j’ai beaucoup aimé d’ailleurs. De la même façon le personnage n’est pas impuni, plusieurs de ses amis lui font remarquer qu’il se comporte comme un con (Simon plusieurs fois, Elodin cité plus haut le traite de crétin, chacun de ses visites à Mola est l’occasion pour elle de lui rappeler qu’il fait n’importe quoi et j’en passe) et bien souvent l’histoire est loin de leur donner tort. Le “problème” étant que vu que c’est Kvothe le narrateur, forcément qu’il ne s’y attarde pas autant que sur ses propres exploits.

Un individu de gout a eu la bonne idée d'animer un passage du bouquin donc je vous en fait profiter. Brouillon sur la technique mais y'a une patte dans la direction du truc


Vous aurez compris en me lisant que, très franchement, non je ne classe pas Kvothe comme un personnage de Mary Sue. Parce que l’auteur a suffisamment bien pensé son histoire pour montrer qu’aussi puissant que soit un personnage il peut rester faillible, tant dans ses capacités personnelles que confronté au monde qui l’entoure et à ses règles. Utilisez d’ailleurs cette perspective pour juger d’une œuvre et ses personnages. C’est exactement comme pour Superman que les gens ont facilement tendance à traiter de perso chiant trop parfait et trop puissant. Effectivement c’est le cas quand il est mal écrit, mais si vous voulez un bon exemple, rematez le tout premier film de Richard Donner de 1978. Le temps a fait des ravages dessus et de base c’est pas franchement un grand film mais y’a une scène qui vous tirera forcément les larmes, c’est celle où Jonathan Kent meurt d’une crise cardiaque. Aussi puissant que soit Sup il ne peut rien y faire et se fait la réflexion que ses pouvoirs ne peuvent pas tout changer. Et à sa façon c’est le même principe avec Kvothe. Donc ne soyez pas prompt à juger le Sueisme d’un perso. Lisez pour juger ensuite. Lisez Patrick Rothfuss pour voir de quoi je parle et apprécier sa prose (et respectez sa barbe !). Lisez le pour qu’on en discute.

Lisez Bordel !

lundi 2 décembre 2019

Run for cover #2


Nouvel opus ! Le monde de la musique est bien trop grand pour tenir en un simple article vous vous en doutez bien. Et la reprise est une pratique bien trop courante pour qu’on n’y revienne pas une fois de plus. J’ai décidé cette fois-ci de partir dans les trucs plus “officiels” (j’ai été tenté de dire “moins amateur” mais c'eût été insultant dans l’insinuation que les gens qui font ça à côté sans label ou autre sont moins pros que d’autres. Ce qui est un raccourci assez foireux) pour cette sélection. Disons juste “des morceaux d’artistes repris par d’autres artistes” et pis voilà.

Venice May - Chop Suey

Je ne crois pas qu’il soit nécessaire de présenter le morceau original par System of A Down. Et si vous avez ce besoin vous savez désormais quoi chercher sur Youtube, soyez un tant soit peu débrouillard merde. Venice May par contre vous avez le droit de ne pas connaître. C’est un groupe franco-ukrainien qui a sorti son premier album fin 2018 (avec une très jolie pochette d’ailleurs) et que je ne connaissais ni d’Eve ni d’Adam. Suis tombé sur eux complètement par hasard à cause … d’une pub. Faut savoir que je place les pubs internet au même niveau d’infamie que les cancers du côlon et les hernies discales, je vous laisse imaginer la pluie de jurons que bouffe mon téléphone portable quand l’application Youtube me les impose. Je voulais me passer du Perfect Circle (vous savez que j’aime ça) et bim pub qui démarre, je grommelle quelque chose sur la mère de sa puce informatique et … je ne coupe pas parce que je découvre les premières notes de leur morceau Hiding Place. Résultat je suis allé chercher plus loin et ce que j’ai trouvé m’a beaucoup plu. Et on en arrive enfin à Chop Suey ! Et que dire hormis que c’est trèèèès différent de l’original, et c’est ça qui est bon. A la fois par le chant féminin super doux, qui contraste avec les … accélérations (à défaut de meilleur terme) du père Serj, le combo synth/guitare avec un switch à la basse vers le milieu du morceau. Le tout a un côté cathédrale/rock progressif des 90’s qui me plait beaucoup. Et comme l’original faut sacrément tendre l’oreille pour capter la moitié des paroles. Hélas entre le temps où j'ai écris cet article et sa publication le morceau a disparu de Youtube pour une raison que j'ignore. Mais vu que j'ai pas envie de jeter ce que j'ai écris vous avez quand même droit à mon avis dessus.

A Perfect Circle - What’s Going On

eMOTIVE est un album un peu à part dans la discographie de A Perfect Circle. Il n’y a en effet que deux morceaux qui sont des compositions originales : Passive et Counting Bodies Like Sheep to the Rhythm of the War Drums (à vous souhaits), tout le reste ne sont que des reprises d’anciens morceaux. Dit comme ça, ça sent un peu l’étron, je sais. L’album de reprise c’est quand même une ficelle cheap pour ne pas se fouler beaucoup, même si c’est un cran au-dessus en terme d’effort que de juste sortir un best-of. Cela dit rien n’est ce qu’il parait et eMOTIVE est un très bon album. Oui, j’assume complètement ce que je dis. Le projet est né après la participation de Maynard Keenan au concert de Axis of Justice avec son groupe Tool, le tout dans un but de promotion de la conscience politique. Dans la tournée qui a suivi avec Perfect Circle est né le projet de l’album dans des discussions avec Billy Howerdel, l’autre tête pensante du groupe, Keenan voulant faire un album de reprise, Howerdel lui avait ses propres compositions qu’il souhaitait développer. Les deux sont parvenus à un accord en faisant coller les compositions de Howerdel avec les différents morceaux trouvés par Maynard. En résulte un album de reprise de morceaux de paix et d’amour, passés au filtre désillusionné et doux-amer. Le morceau le plus connu étant la reprise de Imagine de John Lennon, mais je la trouve un peu simple à mon goût. Là on remplace la soul chaude de Marvin Gaye, lequel passait un message de paix et d’amour à un truc bien plus ambiant qui évoque plus la lettre de suicide d’un mec qui n’a plus rien pour lui et qui chante ça alors qu’il se noie. Et c’est là tout le génie de cette album je trouve. Je vous ai déjà dit que j’aimais beaucoup ce groupe ?

Fields of the Nephilim - In The Year 2525

Si vous ne savez pas qui sont Zager & Evans … hé bien vous n’êtes pas seuls. J’avais absolument aucune idée de qui pouvaient être ces mecs avant de me pencher sur la question. Et pour cause c’est un cas typique de one hit wonder comme la musique en possède des quintaux. Leur tube en question étant In The Year 2525, sorti en 1969, un morceau rock folk absolument dans l’air du temps … et aux paroles ultra déprimantes si on essaye de les comprendre. On parle quand même du futur de l’humanité, chaque fois de plus en plus dystopique (à base de prise de contrôle des machines, de lobotomie des masses et autres trucs charmants, ces mecs ont dû avoir une sale redescente d’acide en écrivant ça) le tout sur un air joyeusement entrainement qui vous rentre dans la tête bien trop efficacement. J’ai découvert ce morceau grâce au film Gentlemen Broncos qui est un film … très étrange. Ma frangine l’a vu avec moi et partage d’ailleurs cet avis. Et puis complètement au pif j’ai découvert que Fields of The Nephilim avait repris la chose. On obtient donc un machin complètement différent, servi à la sauce goth rock complètement outrée qui fait la patte des Fields avec, j’avoue que j’aime moins, leurs rythmiques plus industriels (ça fait percus à la Rammstein presque) arrivés avec l’album Mourning Sun (qui fut le dernier du groupe d’ailleurs, j’imagine que j’ai pas été le seul déçu). Quoi qu’il en soit je trouve qu’on ressent bien l’angoisse de ce que pourrait être ce futur de cauchemar. Comme si Zager & Evans l’avaient prédis tel des hippies défoncés au LSD hurlant nus dans les rues de Washington, tandis que Carl McCoy raconte ça en tant que survivant du cataclysme ayant eu lieu et désabusé de l’humanité.

Labaich - Geburt einer Nation

Laibach est un groupe purement hilarant. Non sans déconner. Bon j'imagine que si vous avez regardé tout le clip avant vous êtes sans doute en train de vous dire un truc genre "Merde en fait Gerru c'est un gros nazi". Il n'en est rien je vous le promet. J'ai des origines ukrainiennes en plus donc ça ferait de moi un membre de la race inférieur selon le petit moustachu. Je vous jure que je suis gentil merde ! Il est vrai que l'imagerie est super évocatrice des chasseurs de moustiques du bras droit passionnés par l'optimisation des transports humains ferroviaires. Pareil pour le côté ultra martial et l'accent ultra prononcé qui ne dépareillerait pas dans une soirée à thème nostalgique en Bavière. Et vous savez quoi ? C'est fait exprès. Le truc de Laibach c'est d'y aller à fond dans le grotesque, et si vous avez l'impression que ce que vous avez écouté est un hymne nationaliste ... sachez que c'est une reprise de One Vision de Queen. Ça remet les choses en perspectives non ? A noter que vous seriez pas les premiers à avoir cru à un truc de facho, mon immense plaisir à une époque c'était de montrer le clip sans rien expliquer et de guetter les réactions des gens pour ensuite lâcher le truc. A noter cela dit que certains ont un peu trop bien gobé le truc ... parce qu'ils ont été invités en concert en Corée du Nord ! Je ne sais plus quel journaliste a déclaré que soit l'état major nord coréen s'était découvert un sens de l'humour ou qu'ils étaient aussi irrémédiablement cons qu'ils en avaient l'air. J'ignore quelle solution je préfère mais j'ai beaucoup ris. C'est cool Laibach. Et non je ne ferai pas de parallèle avec Rammstein, c'est systématique quand on parle d'eux et ça m'emmerde.

lundi 18 novembre 2019

Too Cool to Use #9 : Les orphelins de Deadlands, partie 3

Et ainsi s'achève les Too Cool To Use sur Deadlands et tout ce qui aurait pu être. Ça aura été un joli roller coaster de souvenirs que de relire et remettre en page tout ça, plus d'un an et demi après l'avoir écrit. Mais trêve de sentiments !

Buffalo Soldiers 

Ce projet là il a eu la peau dure et la vie longue avant de tomber dans les oubliettes. Il né d’un processus assez long et compliqué. Deadlands étant un jeu “historique” avec son contexte de western, conquête de l’Ouest et de guerre civile qu’on peut puiser à peu près tout ce qu’on veut pour peu qu’on se renseigne un peu. Pour vous donner un exemple : un des bad guy de l’histoire, Stone (que j’ai déjà évoqué) a fait partie à un moment d’un régiment confédéré. Dans la quête pour lui mettre la misère, un MJ plutôt créatif est allé faire des réelles recherches historiques sur le régiment en question et sa véritable histoire. D’où la quête pour retrouver la tombe du brigadier général James Archer du 13éme d’Alabama, mort de maladie en 1864 après avoir été prisonnier de guerre à la bataille de Gettysburg (qui a sa petite importance dans l’histoire de Deadlands d’ailleurs) et enterré à Richmond en Virginie. J’ai moi aussi voulu m’emparer de faits historiques à un moment. Et après quelques recherches personnelles j’ai porté mon dévolu sur des faits assez bizarres de l’époque : les Innocents de Bannack. Pour la faire assez courte, en 1864 (oui décidément il se passait des choses en 1864) la ville de Bannack dans le Montana fut la proie de plusieurs vols, notamment sur les exploitations d’or de la région. Face au manque de réactivité des autorités locales, un comité de miliciens fut mit sur pieds par les notables de la ville. Et au bout de quelques mois on arrêta le fameux gang des Innocents qui dévalisait la région, pour découvrir que leur chef n’était autre que Henry Plummer, shérif de la région. Lequel fut arraché à son lit où il mourrait de la tuberculose pour être pendu en plein milieu de la nuit, non sans qu’avant il ait déclaré que si on lui donnait deux heures et un cheval il ramènerait son poids en or pour payer son amnistie. Et pour ajouter de la confusions dans tout ça : les attaques ont continué après la pendaison de Plummer. Et très étrangement les principaux leaders de la milice avaient eu maille à partir avec Plummer avant même que les attaques commencent. Puis ont pendu un peu tout un tas de monde qu’ils accusaient de faire partie de la bande, y compris un gosse de 17 ans qui déclarait que Plummer était innocent. 

Une photo d’époque de la pendaison en question
Autrement dit un bon gros terreau à aventure. A l’époque où j’ai essayé d’écrire ça j’avais peut être … six mois de maitrise dans les pattes grosso merdo. Et quand on est un maître du jeu qui débute, on peut avoir beaucoup trop d’idées sans savoir comment les faire marcher ensemble. Et du coup j’ai décidé de faire un scénario complet en open world/bac à sable avec PLEIN de trucs à faire et à choisir. Et nom de dieu ce que j’étais à l’ouest. Faut d’ailleurs que j’explique d’où vient le titre et non ce n’est pas un hommage à Bob Marley. Buffalo Soldiers à la base c’est un scénario gratuit qui tient en une page offert par Pinnacle (les éditeurs de Deadlands). Lesquels ont l’habitude d’envoyer de temps en temps ce genre de croquettes à leur fanbase, ça fait toujours plaisir. Ledit scénario porte sur une troupe de soldats de l’Union qui se retrouvent par un mic-mac à être transformé en créatures mi-hommes mi-bisons, d’où le titre, après avoir profané un cimetière indien. J’ai donc décidé d'emboîter les deux à ma façon. Et ça a été une immense connerie, vu que de là est né à peu près tous les problèmes qui font que ça n’était plus jouable avec tout ce qui en a découlé. Parce que j’ai voulu inclure des factions, et j’ai eu les yeux largement plus gros que mon ventre (déjà que j’étais pas bien épais …). Donc accrochez vous, comme pour mon article sur La Guerre Civile ça va être une suite d’éléments pas très ordonnés.

  • Tout d’abord les Innocents eux même. J’avais envie d'ambiguïté donc j’ai décidé en écrivant le scénario qu’ils auraient des motivations sympathiques. Si c’était effectivement des brigands et qu’ils volaient l’or de la région c’était pour une juste cause. En effet dans Deadlands les compagnies de chemin de fer se livrent une guerre acharnée pour conquérir du territoire afin de poser du rail d’un côté à l’autre du continent. Or, dans mon histoire Bannack était situé pile au bon endroit pour qu’une voie de chemin de fer y passe. Sachant que ça attirerait forcément de mauvaises choses, le but de Plummer en volant l’or est d’étouffer la région, mais pas trop non plus, en reversant discrètement de l’or volé dans différentes affaires, de façon à maintenir la chose à flot. A noter que les Innocents étaient les seuls à savoir réellement que les Buffalo Soldiers existaient et tuaient dans la région. Une des difficultés des joueurs auraient de les approcher pour apprendre la vérité, avec à côté le dilemme de s’associer, ou non, à des hors la loi reconnus.
  • Les Vigilantes, du nom historique des miliciens de la région. En me relisant je me rends compte que j’ai un peu “déséquilibré” la chose en forçant sur le côté positif de Plummer et en accentuant leur aspect négatif. Comme je l’ai dit plus haut le comité avait été fondé par les notables locaux. Que j’avais écrit comme avides d’argents, du fait qu’ils possédaient les terres, notamment par hypothèque (les vendeurs l’ayant fait afin de payer des armes à la milice) profitaient de l’occasion pour rallier le vote populaire à leur cause et, quand les compagnies de rail arriveraient, tout vendre pour se barrer avec la caisse. Bien entendu ils avaient raison sur un aspect : l’installation du rail aurait offert un boom économique à la région, mais au prix de la sécurité vu les affrontements qui en auraient découlé. Et leur totale mainmise sur le pouvoir bien entendu. Et parce qu'inconsciemment j’avais décidé que ce serait eux les méchants, il y avait effectivement des attaques commises par eux, dans le but de faire d’autres chefs d’accusation sur les Innocents. Je pense que si je devais le réécrire j'enlèverai ce point là, ça fait vraiment trop gros affreux méchant.
  • Les Buffalo Soldiers du titre. Oui enfin, je sais. Dans le mini-scénario d’origine c’est juste des soldats de l’Union qui ont profanés un cimetière indien et ont été maudit en conséquence. Je trouvais ça très light et un peu ennuyeux. J’ai donc choisi d’étendre leur rôle. Il se trouve que parmi les compagnie de rails que j’ai évoqué un peu plus tôt, il y en a une affiliée à l’armée unioniste : l’Union Blue. Si vous lisez et suivez depuis le début je pense que vous voyez mon train de pensée. Ils avaient été envoyé pour faire du repérage dans la région et voir si le terrain était propice à l’acquisition. Avant d’être maudits, non pas pour une profanation mais pour avoir découvert un des secrets de la région, secret qui constituait la deuxième couche de scénario. Mais j’y viendrais en temps et en heure. Ils avaient l’apparence d’un mélange entre un homme et un bison, vêtu de lambeaux d’uniformes et déchirant tout ce qu’ils croisaient d’humains à coups de poings ou de cornes. Je leur avais même écrit une capacité spéciale de charge rien que pour eux. Selon le scénario originel, une fois tué ils redevenaient des humains normaux, j’hésitai à garder ça, ou alors à le conserver sous certaines conditions. J’y reviendrai aussi
Merci Google Images de trouver pour moi. C'est à peu près l'idée
  • Je serais resté sur les trois mentionnés précédemment je pense que j’aurais pu le gérer. Mais j’ai été con donc j’ai persévéré : Taureau Rieur était un autre participant. Lui aussi est un rescapé du scénario original. Un shaman indien qui a été envoyé là par une vision pour justement se fritter avec les Buffalo Soldiers qui perturbent l’ordre naturel des choses. J’avais pris soin d’étendre son personnage : il devait rôder à proximité de la ville et chercher à s’informer sans se mêler à la populace. Son but c’était les Buffalo Soldiers et rien d’autre, limite s’il avait fallu que la ville soit à feu et à sang pour qu’il se les fasse c’était du pareil au même pour lui. Je pense que les joueurs l’auraient soupçonné en premier avant de chercher à se lier avec lui. Autre reliquat du scénario d’origine : il connaissait un rituel qui permettait de rendre plus simple le combat contre nos amis les bisons. Peut être que ce même rituel aurait permis de leur faire retrouver forme humaine après avoir été vaincu. Détail amusant et hors sujet, dans le scénario original en anglais son nom est Laughing Calf. Et grâce à un traducteur amateur facétieux (ou pas très bon) le fichier français nous propose la superbe traduction de … Vache Qui Rit ...
  • Et puisqu’on parle d’indiens et de rituels c’est une parfaite transition pour parler des adversaires : la Confrérie du Corbeau. C’est une faction existante mais cachée de l’histoire donc je ne vais pas trop en dire non plus. Disons juste que … ce sont des indiens pas franchement très bien intentionnés, notamment vis à vis des blancs et autres non-natifs. Et que leurs méthodes sont assez … expéditives voir extrêmes. Dans ma version de l’histoire c’était eux qui étaient derrière la transformation des Buffalo Soldiers et donc derrière une partie du chaos de la région. Le second “objectif” de Taureau Rieur était d’ailleurs de les retrouver et les mettre hors d’état de nuire. Et le fameux désensorcellement pour rendre nos transformés humains aurait aidé à les traquer dans leur repaire. Rétrospectivement je me dis que c’est un peu pourri de créer deux “couches” d’antagonistes comme ça, surtout avec les tensions entre factions évoquées avant.
  • Et enfin, pour boucler ce long amas foutraque il y avait des chinois. Oui c’était l’époque où je les aimais beaucoup et les plaçais un peu partout. Du coup, au milieu des cowboys, des bisons, des indiens et des bandits, la compagnie du rail de la Iron Dragon avait envoyé un émissaire, lui aussi intéressé d’acquérir le terrain de Bannack pour le compte de son chef. Très originalement dénommé … Xing il devait rester plutôt dans l’ombre et essayer de graisser la patte à tout le monde pour que les choses se fassent vite et bien. Si les choses avaient trop traîné à son goût, et dans le genre il était peu patient, il aurait commencé à invoquer divers démons et autres ogres chinois pour semer la zizanie jusqu’à ce qu’il ait gain de cause. Oui c’était pas vraiment un perso développé. Je ne me souviens plus pourquoi, j’avais insisté dans mes notes pour qu’il ait une main mécanique, fait à partir de mécanisme d’horloge qu’il remontait un peu tout le temps histoire de faire suer le monde avec ses bruits d’engrenages. Un trait qui finira passé à un autre personnage : Boris Clurck le Texas Ranger de l’autre groupe.
Le personne était à  ce point subtil dans mes notes …
Comptez aussi une dizaine de pages sur les intentions profondes de chaque partie en présence, sur une chronologie de ce qu’il se passait chaque jour et comment ou non les personnages pouvaient influer sur le déroulement de la chose. Que ce soit en “activant” des onglets de scénario, ou même en les cassant. Plus comment chaque faction interagissait avec les autres et ses possibles débouchées. A trop vouloir prévoir le possible et l’envisageable c’est devenu beaucoup trop lourd comme projet et les idées ne me venaient plus. Je pense en me relisant aujourd’hui que j’ai vu les choses en bien trop gros et que tout n’était pas nécessaire. Tant pis ma foi, juste un peu triste vu le temps que j’y avais mit.

Worms

Sur celui-là c’est à moitié de la triche : c’est un scénar officiel. Alors pourquoi j’en parle ? Pas tant pour lui même que pour ce qui venait avec. Je vais refaire de l’histoire sur Deadlands, j’espère qu’on me pardonnera. Si la gamme Weird West est la plus connue, il faut savoir que ce jeu existe en fait en tant que trilogie. Tout est introduit avec Weird West, puis des réponses ont été donné dans Hell On Earth pour que tout soit conclu dans Lost Colonies. Enfin sur le papier, au final la gamme s’est cassée la gueule avant qu’ils aient pu boucler le tout. Et tant mieux, parce que même si j’aime beaucoup Deadlands, dans la forme que ça aurait eu à l’époque ç’aurait été bien de la merde. Pourquoi ? Parce qu’à l’époque Deadlands était un peu, avec le Monde des Ténèbres, le représentant des metaplots verrouillés et donc insupportables à la longue. Et il n’y aurait pas eu entre l’écroulement économique de Pinnacle en 2003 et la reprise de l’univers en tant que continuité avec The Flood en 2009, je pense que ça aurait été un LOOOONNNNG couloir. Donc tant mieux. Mais je digresse encore et encore, bougre de moi. Worms que j’évoque juste avant est un scénario dont le but est de faire la continuité entre les différents univers. Plus précisément c’est l’un des chaînons entre Weird West et Hell On Earth, que l’on avait prévu de jouer avant que je lâche l’affaire par manque de matériel intéressant. Je sais que ça fera pleurer Le Lobbyisé que j’avais aidé à faire son personnage mais c’est comme ça. Dans ce fameux Hell On Earth, qui est une version de l’univers situé dans un futur pot-pourri où se croise du post-apocalyptique Mad Max à peine déguisé, des cyborgs façon Terminator (il y a même une ville avec une IA qui veut tuer les résistants locaux) combiné à un délire sur le nucléaire et le monde des esprits (c’est peut être mon aspect favori du truc) et des mutants parce qu’on ne conçoit pas le post-apo sans mutants. Et au sein de tout ça, pour en rajouter, on a des vers géants qui infectent des humains avec leurs fluides malsain pour en faire leurs adorateurs. Et c’est sur eux que Worms s’attarde dans le passé de Hell On Earth. Oui c’est complexe je sais.
Le début du massacre : quand Ron Spencer a arrêté d’illustrer les cover de Deadlands
Le pitch de ce scénario est, en gros, qu’un pauvre bougre avale, au cours d’une mauvaise cuite, un morceau d’un de ces vers géants et se retrouve le premier mélange entre l’humain et le ver en question. Bien décidé à répéter la chose, les maxi-vers qui ne sont pas aussi cons qu’ils en ont l’air le kidnappe, le tripote à la japonaise (ils ont plein de tentacules hein …) et se mettent à kidnapper d’autres locaux pour se la jouer Docteur Moreau. Et bien entendu des joueurs passent par là, foutent le dawa et vont si possible régler les problèmes. Le réel problème de ce machin c’est qu’il n’arrivait pas à exister “pour lui même”. C’est un scénario assez faible en fait. Niveau écriture c’est Point A -> Point B -> Combat - Point C -> Mini Donjon -> Retour -> Combat -> Conclusion. En tant que tel rien de bien folichon même si ça peut amuser les joueurs. Ensuite le fait est que je voyais vraiment ce scénario comme un entre-deux. Il aurait été placé entre le départ de Californie après la fin de ma campagne officielle (là où Le Cuirassé ou Le Tournoi aurait débuté) et Buffalo Soldiers dont j’ai déjà parlé. A la fois pour faire une bouffée d’air avant un gros morceau comme l’était Buffalo Soldiers que pour permettre aux joueurs de prendre de l’expérience. En effet, ceux qui connaissent Deadlands connaissent l’importance de la trempe. Pour ceux qui ne savent pas c’est en gros la représentation en terme de statistiques de l’endurcissement du personnage face aux horreurs du Weird West. Et une fois le personnage suffisamment endurci il se passe … quelque chose.

Tous ces éléments ont fait que j’ai lâché l’affaire. Si un scénario n’arrive pas à exister pour lui même, c’est qu’il y a un problème, et je ne le trouvais même pas prodigieux de base ...

Trop de totems

Il faut l’admettre et vous avez dû le constater un peu avant : ça m’arrive de voler éhontément. En l'occurrence j’ai volé Loup Garou : L’Apocalypse. Parce que oui, des fois les deux peuvent se recouper, y’a d’ailleurs un scénario cross-over qui existe (assez nul mais bon …). J’avais envie d’un scénario où il y aurait des indiens. C’est assez con à dire mais s’ils ont un sacré rôle dans l’histoire de l’univers, les indiens de Deadlands n’ont pas souvent le devant de la scène. Peut être pour éviter le cliché du noble sauvage ou du natif magique dans lequel il est très facile de sombrer ? Allez savoir. Mais pour vous dire, Geronimo a fait son apparition officielle dans Deadlands dès le second bouquin publié, soit en 1997. Quand il est tué pour des besoins scénaristiques (assez mauvais) dans un scénario publié en 2015, il n’est JAMAIS apparu entre temps, dans aucun scénario officiel, ni une autre mention de ses faits et gestes ou d’une évolution de sa situation. Nada. C’est quand même Geronimo, merde enfin ! En vertu de tout ça, j’ai eu envie d’en mettre dans mes scénarios. En même temps que je cogitais à ça je relisais le bouquin Ghost Dancers qui est le supplément dédié, justement, aux indiens dans Deadlands. Un chapitre à retenu mon attention : celui sur la possibilité d’enchanter des objets via les faveurs des esprits. C’est monstrueusement compliqué et bouffeur de temps à faire en jeu, donc quasi personne n’essaye, mais ça m’a fourni des bases de scénario. En effet j’ai dit un peu plus tôt que j’avais volé à Loup Garou, en effet dans les deux il est possible de créer des objets magiques avec l’aide des esprits. Et il se trouve que j’ai eu un flashback de Rage Across The Amazon, qui parle de l’Amazonie dans l’univers de Garou. Et dans les pistes scénaristiques proposées (oui, je l’ai lu de A à Z à l’époque, je croyais jamais que j’y jouerai un jour) il y a le fait que des chamans utilisent trop d’esprit pour créer des objets magiques et que du coup la terre est vidée de ses esprits positifs. Résultat tout est envahi par des esprits de la corruption vu qu’il n’y a personne pour la défendre. Hé bien j’ai commencé à transposer ça dans Deadlands. Et ça n’est pas allé plus loin. Je manquais vraiment d’idées en fait sur le long terme. Si le postulat est cool, je n’arrivais pas à vraiment trouver de façon de manifester cette absence de bons esprits, et surtout sur le statut du chaman qui les liait. Est-ce qu’il devait être un bad guy ? Un extrémiste bien intentionné ? Corrompu ? Et puis accessoirement ce principe de créer des totems magiques et des fétiches auraient eu pour résultat de leur laisser une énorme pile de trucs enchantés à la fin de l’aventure. Et dans le genre pour casser les scénarios et l’équilibrage à venir il n’y a rien de mieux. Et ça ne collait à aucune suite d’histoire pour les deux groupes. Donc poubelle au final.
Des colliers indiens magiques pour tout le monde !

L'état des lieux

Je vais annoncer quelque chose de choquant : à la grande déception de beaucoup ... je ne suis pas mort. Trois ans que ce machin prend la pou...