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lundi 21 septembre 2020

Bring the crew

Si vous mettez plusieurs guitaristes dans la pièce ça va faire du bruit. Beaucoup de bruit. Et sans doute que tout le monde va vouloir jouer en même temps que les autres. Et donc faire encore plus de bruit. Sauf si vous faites un de ces événements où 600 mecs jouent la même musique, mais bon ça c’est pas franchement un truc que j’ai envie d’avoir sur album et de me passer tout la journée. Pareils pour les batteurs, les bassistes, les trompettistes, les claviéristes, les saxophonistes et je n’ose parler des contrebassistes. Alors pourquoi je parle de ça ? Hé bien il se trouve qu’il y a un cas de figure où mettre des musiciens ensembles dans une pièce ça donne quelque chose de bien. C’est quand les individus utilisent leurs voix. Bon j’exclue l’opéra de la chose parce que l’opéra m’a toujours fait le même plaisir auditif que l’introduction de verre pilé dans mon tympan mais détail que cela. Et quand on parle d’usage de la voix en groupe, en général soit je pense à une chorale … soit à un bon posse cut de rap. Pour ceux qui ne savent pas, au fond là, prononcez le à l’anglais (possi ceut) avec un accent new-yorkais pour vous mettre dans l’ambiance. Le terme désigne tout bêtement un morceau de groupe où plusieurs rappeurs se partagent le micro, en général avec une certaine émulation vu la pression de groupe que ça amène. Et rien que pour vous une petite sélection de posse cuts que j’aime beaucoup. Oui c’est les deux seuls critères et je le vis bien.

Hit’em High - Coolio/B-Real/Method Man/LL Cool J/Busta Rhymes

Gamin j’ai adoré Space Jam. Non vraiment. Ça me faisait rire, je trouvais le rythme cool, le concept marrant. Et pis j’étais un gosse donc un rien m’épatait. Et puis le temps est passé, je ne l’ai pas regardé depuis plus de 10 ans je pense. Internet est passé par là, j’ai entendu tout le mal que les gens avaient à en dire, mais j’ai continué de l’aimer parce que je vais pas me laisser emmerder parce qu’internet a décrété ceci ou cela. Et puis un jour, je ne sais plus pourquoi, j’ai jeté un coup d’oeil sur la fiche du film avec un regard d’adulte. Et c’est là que j’ai réalisé que la bande son claquait sa maman. I Believe I Can Fly de R. Kelly a été spécialement composé pour ce film nom de dieu ! Et il y a Hit’em High. Déjà, tout simplement, c’est un très bon morceau en lui même. a part Coolio qui est un peu en dessous comparé aux autres, tout le monde balance un gros couplet, que ce soit Method Man avec son assurance fringante, B-Real et sa voix nasillarde inimitable, LL Cool J (avant qu’il se dise qu’NCIS c’était un bon gagne pain) qui crache du feu et surtout, surtout Busta Rhymes qui déborde de cette énergie furieuse que seul le défunt ODB savait atteindre. Rien que ça c’est un bon argument. Mais on est en 97 et c’est encore plus fou. Coolio a sorti Gangsta’s Paradise (son immense carton), Method Man est entre les deux Tical (et si le second est décevant, le premier est une tuerie intégrale), Busta sortira son deuxième juste après la sortie du film et ravagera le paysage new yorkais, pareil pour B-Real et Cypress Hill qui vont sortir Temple of Boom, un album dont le rap latino américain ne s’est pas encore affranchi. J’ai du mal à trouver un équivalent actuel pour vous dire à quel point il y a de la puissance de l’époque dans ce morceau. Donc écoutez le encore et encore.

Ain’t Hard to Find - 2Pac, E-40, C-BO, D-Shot, Richie Rich

On reste dans la même époque mais de l’autre côté des États Unis avec 2Pac. Je pense que je n’ai pas franchement besoin de présenter l’individu. Et si vous ne connaissez vraiment pas, faites quelques recherches, ça musclera vos cerveaux. All Eyez On Me sort en 1996, après que 2Pac soit sorti de taule et enfermé en studio pour pondre des morceaux comme un stakhanoviste et pond rien de moins qu’un double album en 5 mois de boulot (plus tous les morceaux qui finiront sur The 7 Day Theory sorti après sa mort). Parmi les morceaux les plus connus de l’album on citera California Love, How Do U Want It ou Ambition as a Ridaz. Mais j’avais envie de parler de ce morceau là. Parce qu’il y a une petite histoire derrière. Beaucoup lient l’histoire du sieur Shakur à Los Angeles, ce qui est cohérent vu qu’il a quand même sorti un morceau sobrement titré To Live and Die in L.A.. Mais il faut savoir qu’à la base il a grandi à Oakland puis a bougé à San Francisco où il s’est lié à pas mal de monde notamment avec le manitou local Too Short et le grand parrain de tout ça : E-40 (ce mec est encore actif aujourd’hui et sort un double album par an bordel). Et l’amitié restera jusqu’aux années Death Row vu qu’il invitera tout le monde sur le morceau dont je vous parle là. E-40 ramènera son frangin D-Shot avec que leur cousin B-Legit (quand on vous dit que le rap c’est une grande famille …) et Richie Rich qui venait de Valejo. Ce qui donne un morceau assez fascinant vu qu’il est empreint de l’énergie très Los Angeles de 2Pac mais contrebalancé par l’instrumentale et les flows des autres qui sonnent nettement plus Bay Area. Un morceau très cool, à écouter quand il fait beau pour se sentir comme un boss playa homie.

That’s Coke - La Coka Nostra

La Coka Nostra c’est l’histoire d’une bande de blancs de 40 ans pas contents avec des bides à la bière et des théories du complot en stock et d’un membre de Limp Bizkit. Dit comme ça ça ressemble vraiment à une très mauvaise blague et/ou à un groupe de merde. Y’a un truc vrai dans cet histoire : ils n’ont jamais réussi à sortir un album à la hauteur de la somme des talents impliqués mais c’est un détail que cela. La Coka Nostra est né du microcosme gravitant autour de Danny Boy, autrefois membre de House of Pain qui était resté à trainer à Los Angeles tandis que tout le monde suivait ses projets. De fil en aiguille il en est venu à se lier à pas mal de monde, tant et si bien que ça lui a donné envie de refaire de la musique. Et c’est ainsi qu’on se retrouve avec Ill Bill de Non Phixion (dont je vous avais déjà parlé), DJ Lethal de Limp Bizkit, ce qui n’est guère surprenant il avait été autrefois dans House of Pain avant, Everlast de … House of Pain, à un moment je soupçonne que Danny Boy était nostalgique de se retrouver avec ses copains, et Slaine, un mec de Boston connu à l’époque pour faire des battle de rap dans la rue qui finissaient en baston pour un oui ou un non, le fait que ce soit un alcoolo patenté n’a pas dû aider. Et au bout de trois ans à enregistrer, oui trois ans parce que Danny Boy insistait pour que tout soit enregistré avec tout le monde au studio, jamais par mail et autres, ils sortent leur premier album. Qui fut pas extraordinaire pour être franc, trop de morceaux chantés et pas assez de rap bien énervé comme les extraits sortis avant le laissaient croire. Mais il y a That’s Coke sur l’album, et ça c’est important. C’est en écoutant ça que je comprends pourquoi avoir tout le monde dans le même studio était important. Tout le morceau est construit sur le fait que chaque membre envoie quatre mesures et passe la main au suivant, chaque fois sur des jeux de mots à base de poudreuse et d’armes à feu. C’est pas Le meilleur morceau de rap du monde, c’est certain, mais la structure et l'énergie font que ça marche du feu de Dieu. Hélas La Coka Nostra perdra deux membres après ce premier album et avec une forme d’énergie qui faisait son charme.

lundi 24 août 2020

Fun clip #2

Le monde de la musique est vaste. Et à la longue, à force de pérégrinations et autres arrêts on finit par trouver encore plus de clips qui attirent l’œil. Et du coup, pour être très original j’ai décidé de me répéter et de vous offrir une autre séance de marade visuelle. Preuve qu’on peut faire de la bonne musique et se fendre la poire en même temps.

Belzebubs - Cathedral of Mourning

Né sous la plume de l’illustrateur finlandais J.P. Anohen (et je n’ai hélas pas pu en apprendre beaucoup plus, la faute au fait que la plupart des gens qui en parle le font en finlandais) Belzebubs était à l’origine une série de webcomics qui furent fusionnés en une BD éditée et vendue de façon légitime (est-ce que ça en fait le Sunstone du metal ?). Et forcément il y a eu l’album qui va avec. Un petit peu comme un Deathklok pour le death metal, tous les codes du genre sont présents et poussés à l’extrême et au ridicule par la même occasion. Mais exactement comme Deathklok on sent que les types qui font ça (d’ailleurs on ne sait pas trop qui sont les musiciens, ce qui en fait aussi le Gorillaz du black metal) le font en ayant compris les codes et en aimant le genre. C’est une plaisanterie prise très au sérieux si je puis dire. Et honnêtement la première fois que j’ai vu ce clip, j’y ai cru. Jusqu’à la moitié environ. L’esthétique faisait très Darkest Dungeon ou encore diverses illustrations de Jakub Rebelka, ce que j’appelle le “cartoon angoissant”. Un parti prit risqué vu l'étroitesse d’esprit qui peut sévir dans la scène black mais pourquoi pas. Et puis la chose craque, et c’est parti pour la marade intégrale. Surtout dans le sens où les personnages in univers sont témoins que ce qui se passe devient prodigieusement idiot et c’est encore meilleur. Et en plus, si le black est votre tasse de thé, le morceau claque bien. Un petit peu entre un Dimmu Borgir époque Enthrone Darkness Triumphant et du Craddle of Filth sans Dani le nain nerveux.

Salmo - Space Invaders feat Nitro

C’est très ridicule à dire, mais avant de me le prendre sur le coin du nez, je n’aurais jamais cru qu’il existait du rap italien. Ce qui est stupide en fait. Pourquoi il n’y en aurait qu’aux US et en France hein ? Il y a fallu que je tombe sur le morceau Blood Shake des hollandais de Dope D.O.D. pour réaliser ça. J’ai eu aussi un flashback de mes années Vampire : La Mascarade avec le clip, mais ça c’est une autre histoire. J’ai donc voulu savoir qui était ce type et sa carrière, et mine de rien j’ai trouvé une jolie mine d’or. Si vous êtes curieux cherchez du côté de son crew Machete Records, et ses divers acolytes, il y a de quoi faire. Mais pour revenir à l’individu Salmo lui même, le type a pas mal de cordes à son arc, hormis le côté gore/références cinéma trash (qui a dû jouer dans la connexion avec D.O.D., c’est leur truc aussi) le mec a un côté fan de pop culture et de faire le mariole costumé assez amusant. J’aurais pu parler du clip de Don Medellín ou de 1984 mais il y avait soit un peu trop de sérieux soit de références à ses albums passés donc ça ne collait pas. Alors que Space Invaders est pile comme il faut. Bourré de références, très drôle à regarder, bien rappé et assez “pertinent” sur la façon dont a évolué le cinéma dans la représentation des extraterrestres, des soucoupes volantes en aluminium, en passant par les monstres en latex, les reptiliens, les marques dans les champs de maïs et les robots géants qui cassent tout. Je pense franchement qu’ils ont dû se taper une énorme barre à pitcher tout ça.

Army of the Pharaohs - Terrorstorm

Army of The Pharaohs est un peu le groupe qu’on pourrait renommer Rappers Underground Hors de New York All Stars. Fondé par Vinnie Paz de Jedi Mind Tricks, lequel vient de Pennsylvanie, avec Ceph Tilted (de Floride), Crypt the Warchild (Pennsylvanie), Esoteric (du Massachusetts), Planetary (de Pennsylvanie aussi, Vinnie a fait croquer les copains) et Apathy (du Connecticut) la grosse pomme est bien loin. Pour être tout à fait honnête ça n’est pas un groupe extraordinaire, la faute au fait que … ça manque justement d'une énergie de groupe. Ils l’ont dit plusieurs fois en interview : les albums sont enregistrés dans divers studios et chacun envoie ses couplets par mail, s’ils se croisent activement c’est par groupe de deux ou trois et mine de rien ça se ressent. C’est très classique en terme de composition de morceau, chacun fait son couplet, de temps en temps il y a même le refrain qui décide d’aller pisser en laissant tout le monde en plan. Et du fait qu’il y a peu de contacts j’ai pas l’impression qu’ils fassent vraiment de morceaux à thèmes hormis les classiques égotrips du rap à base de patate dans la bouche, de concurrence qui se pisse dessus et ainsi de suite, pas non plus aidé par des prods assez génériques la plupart du temps. Et puis il y a Terrorstorm. A nouveau je ne sais pas qui a eu l’idée du clip, mais le résultat est juste hilarant. Le concept du crew de rappeur converti en une bande de catcheurs vénères qui se frittent contre une vraie équipe de catch. Ouais vous avez bien lu, les types masqués du clip c’est Chikara, un crew de catcheurs avec une certaine réputation dans le milieu. Le tout assaisonné de tricherie en tout genre et autre jeu d’acteur … expressionniste dirons nous. Moi ça me fait marrer.

lundi 29 juin 2020

Transoméditatif


J’ai mit assez longtemps à m’intéresser à tout ce qui était musiques électroniques. J’en avais parlé brièvement dans mon article sur les claviers. Sans doute parce qu’il faut que les goûts arrivent à maturité, qu’on doit prendre un peu de bouteille avant de se rendre compte qu’il n’y a vraiment que les idiots qui ne changent pas d’avis. Je pense que ça doit dater de 2019 le fait que je rattrape plus ou moins mon retard dans le domaine. Je pense que ce qu’il me manquait pour apprécier était le fait que je cherchais quelque chose dedans que le genre n’essayait pas de faire et que je lui reprochais de ne pas avoir. Pendant longtemps il fallait que la musique que j’écoute “fasse du bruit” et c’est pas nécessairement ce qu’on va avoir avec de la drum’n’bass ou de la trance par exemple. Ho bien sûr il y a des branches qui donnent dans un style plus énergique et/ou agressifs, Pendulum est le premier exemple qui me vient en tête, des morceaux comme Slam ou Blood Sugar ça envoie méchamment. Néanmoins ce n’est pas ce dont j’ai envie de parler aujourd’hui. Aujourd’hui j’ai envie de parler d’un aspect plus “doux” de la chose, plus “profond”, plus spirituel presque. En tout cas c’est comme ça que la chose s’est articulé dans mon esprit au fur et à mesure que je collectais les morceaux qui la composaient.

EDDIE - Still Healing

Je suis tombé sur ce morceau dans un playlist au pif. Sur le thème du Cyberpunk. Et au sein des Misanthropix, Celldweller, Hyper et autre KMFDM (et beaucoup de Judas Priest pour une raison qui m’échappe) j’aurais honnêtement pas pensé y trouver des trucs qui collent à ma thématique actuelle. Comme quoi la vie est faite de surprises. Vous ne serez pas surpris, je pense, si je vous dis que j’ai rien trouvé sur l’interessé·e. Essayez de taper EDDIE sur google et on verra. Hormis le fait que le gugusse bleu visible sur la vidéo semble être sa mascotte. Pourquoi pas après tout … Quoiqu’il en soit, dès la première écoute ce morceau m’est resté en tête. Que ce soit avec ses grosses drums très “graves” à défaut de meilleur terme, combiné à tous les effets qui sonnent comme une des beats d’eurodance, et surtout surtout surtout cette voix féminine qui sonne comme une mélopée de fantôme. Dés que j’écoute ça j’ai l’impression soit de faire un long voyage méditatif au sein de moi même, propulsé par le cosmos … ou de finir dans un rituel sexuel tantrique pour atteindre l’élévation. Après tout le kamasutra est un ouvrage religieux sur l’union avec le divin. Ma toute petite déception étant que j’ai pas retrouvé la même magie sur les autres titres produits

Raise Spirit - The Temple

Je ne le savais pas encore à ce moment là, mais c’est le morceau qui m’a fait aimer la drum’n’bass. Je l’ai dit il y a quelques temps, ma découverte du genre est assez récente. Un an seulement quand j’écris ces lignes. J’aurais dit moins et nom de dieu ce que le temps passe vite … C’était avec cette compilation qui tournait en fond alors que j’étais à l’autre bout de la France. Compilation qui n’est pas parfaite, elle enchaîne un peu trop vite les morceaux et ne leur laisse pas nécessairement trop le temps de briller individuellement, même si je dois admettre que le type qui a mixé a des doigts de fées pour les transitions. Quoiqu’il en soit ça tourne en fond … et quelque chose accroche mon oreille, un son qui me fascine et me donne envie d’en découvrir plus, là où je me foutais comme pas deux de l’existence de la drum’n’bass et que j’étais même prêt à ricaner de celui qui avait mit ça. Je jette donc un œil à l’écran pour voir ce qui passe. En accord avec le timecode c’était Say To Me de T & Sugah. Parce que comme je l’ai dit : le type qui a fait cette playlist ne laisse que trop peu de temps aux morceaux individuels. J’ai noté le nom sur mon téléphone et n’ai pas pensé plus loin. Et puis un jour j’ai remis le nez dans cette compile … et je me suis rendu compte de mon erreur. J’adore ce morceau, tant pour son clip qui ressemble à une version zen des espèces de spirales que produisaient aléatoirement Windows Media Player que pour ses sonorités. C’est aérien et reposant comme pas deux. Je l’ai déjà utilisé quelques fois pour me détendre avant de méditer d’ailleurs. Et … j’ai pas grand chose de plus à dire, ça se ressent plus que ça ne se décrit.

Solar Fields - Mirror’s Edge Menu Theme

La perfection est atteinte, non pas lorsqu'il n'y a plus rien à ajouter, mais lorsqu'il n'y a plus rien à retirer.” Ainsi parlait Saint-Exupéry. Je ne serais pas aussi absolu que lui sur la question, mais il y a une part de vrai. Le dénuement et le minimalisme peuvent être des qualités d’une œuvre. En l’occurrence on parle ici de la BO de Mirror’s Edge. Un jeu fort chouette dont, pour être tout à fait honnête, je ne me souviens pas de la musique tant j’étais occupé à courir et bondir partout. Ce qui prouve qu’elle fait très bien son boulot ou qu’ils ont estimé qu’elle était moins importante que tout le travail sur les bruits du personnage et ses déplacements. Allez savoir. Quoi qu’il en soit, la tâche de composer tout ça est revenue à un dénommé Solar Fields, Magnus Birgersson de son vrai nom. Lequel bosse essentiellement sur sa carrière électro, et n’a quasi composé que pour DICE en jeu vidéo. Je serai curieux de voir ce qui les a motivé à choisir ce type en particulier plutôt qu’un autre, je suis sûr que le processus de pensée a été intéressant. Et je vous met ici le thème du menu principal. Extrêmement calme et minimaliste, surtout comparé au chaos effréné qu’est le jeu dès que l’action pointe ne serait-ce que le bout de son nez. C’est “juste” une longue plage de synthétiseur et quelques discrètes notes et touches ici et là. Et pour moi ça marche du tonnerre. Et comme j’évoquais la perfection au tout début, la méditation se veut l’état où on est en paix parfaite avec soi même et le monde qui nous entoure. Est-ce qu’au final c’est pas un état où tout est égalisé et rien ne semble dépasser ? Un peu comme ce morceau.

lundi 1 juin 2020

Mashup

On pourrait avoir un très long débat sur à qui appartient la musique et l’art à l’ère d’internet. A partir du moment où le public s’est emparé d’une œuvre, est-ce que cette dernière est la même que ce que son auteur avait pondu avant que quiconque y pose le regard ? Ça me rappelle la terminale tout ça, que ce soit les cours de philo ou de littérature. J’ai eu des notes de merde aux deux d’ailleurs. Donc je ne répondrai pas à la question ici, pas plus que je ne ferai un plan en trois parties et une conclusion. Par contre je peux vous dire un truc : internet s’en tape et met la main sur tout et n’importe quoi pour en faire tout et n’importe quoi. Et un excellent exemple de ça c’est les kilos de mashup qu’on trouve sur youtube. Pour ceux du fond qui ne suivent pas, un mashup c’est tout connement prendre deux morceaux différents, synchroniser les deux ensembles et, si on a un quelconque don pour le mixage, garder tel ou tel bout qui nous intéresse dans l’un et l’autre et obtenir un tout autre morceau au final. Et comme on se fait souvent des soirées mashup sur Discord (même si ceux avec Down With The Sickness de Disturbed ont été officiellement banni) voilà pour vos petits yeux une sélection de quelques uns de mes préférés.

Mike Doer (Pendulum/Linkin Park) - New Witchcraft

Soyons tout à fait honnête, quand bien même il ne faut dire du mal des morts : Minutes to Midnight est un album de merde. Pas le pire de Linkin Park, parce qu’il y a eu One More Light des années après mais c’est pas parce qu’on a la lèpre qu’il faut s'estimer heureux d’avoir esquivé la peste bubonique. Et pour continuer à gratter le fond, ils ont décidé de faire un truc pour la BO de Transformers 2. A sa façon c’était peut-être la meilleure façon de clouer le cercueil pour leurs fans et faire leur fameux “autre chose”. A l’inverse, Immersion est l’album qui a amené un retour fracassant pour Pendulum, notamment du fait de la richesse de l’album et de l’improbabilité de certains feats dedans (genre les mecs de In Flames …). D’ailleurs je l’avoue : j’aurais pu faire un article entier rien qu’avec des mashup à base de Pendulum tellement il y a de quoi faire. Mais je me suis dit que c’était facile et qu’il fallait me bouger un peu. Et du coup ce mashup ! On y garde l’instrumental de Witchcraft, ultra efficace et autrement plus dynamique que celle de New Divide donc tant mieux, sur lesquels sont ajoutés les vocaux de Chester Bennington. Avec la légère différence qu’ils ont été un poil accéléré et vocodé, ce qui donne une couleur bien plus électronique au tout. Et le résultat donne un morceau de drum’n’bass ultra patate qui donne envie de faire des drifts dans Need For Speed. C’est quand même autrement plus cool que la chiantise profonde de Minutes to Midnight.

Bill McClintock (Metalica/The Who/Megadeth) - Eminence of Holy Wars and Creeping Death

Oui, trois groupes. Rien que ça. C’est le compadre Skoeldpadda (toujours dans les bons coups celui-là) qui m’a fait découvrir ce morceau et par extension la chaîne du sieur McClintock (est-ce son vrai nom ou un hommage caché à Steve Jobs ? bien malin qui pourrait le dire). Sur le papier ça sonne complètement improbable, les Who, soit le rock “à l’ancienne”, Metallica et Megadeth (le second vous dira d’ailleurs que tout est de la faute du premier). Comment on peut faire un morceau cohérent voir agréable avec un mix pareil ? Ça aurait pu être un objet dégueulasse où tout est rentré à la truelle à base de guitares distordues empilées les unes sur les autres comme des squatteurs dans un 15m². Et … pas du tout. En utilisant l’instru de Eminence Front des Who, on part sur un truc ultra funk avec par dessus un mix très harmonieux de Holy Wars et Creeping Death. Et ça marche nom de Dieu ! Me souviens avoir fait tourner ça au boulot, les gens ne me croyaient pas quand je disais que c’était un mashup, c’est dire. J’aurais très honnêtement pu faire cet article entier juste avec les morceaux venant de cette chaîne. Mais je ne suis pas comme ça, je fais des efforts vous avez vu ?

BotanicSage (Lil’ Jon/Jojo’s Bizzare Adventure Soundtrack)- Turn down for Whammu

Jojo’s Bizarre Adventure est un manga … plutôt unique on va dire. En même temps le nom est indicatif, sinon ça se serait appelé comment ? Jojo’s Lame Adventure ? Et si vous ne connaissez pas, allez regarder c’est fort cool. En l'occurrence ici on plonge dans la bande originale de la deuxième partie. Qui sert de thème aux antagonistes que sont les Pillars Men (homme du pilier si vous voulez franciser, mais j’aime mieux en anglais, parce que). Lesquels débarquent sur un mélange extrêmement chelou de dubstep avec des voix de rai et une sirène G-Funk qui semble sortie d’une pub pour Lamborghini dans les années 90. Déjà c’est plutôt unique, il faut bien le dire. Et vous savez ce qu’il y a de plus bizarre combiné ? Du Lil’ Jon pardi ! Ouais, le padre du crunk d’Atlanta, avec ses gimmicks à base de hurlements en boucle et ses paroles qui tiennent sur un timbre poste déchiré en deux et ses beats à base de TR 808. J’aurais jamais pensé que l’alliance des deux puissent marcher, comme pour tous les autres morceaux évoqués en amont en effet. Et ça donne un banger de club absolument démentiel, qui donne envie de sauter dans tous les sens, et qui fait pousser des dreadlocks rien que le fait de l’entendre. Et des muscles saillants, parce que les Pillars Men sont des vampires aztèques bodybuildés en pagne. Je vous avais bien dit que Jojo était unique !

lundi 4 mai 2020

Cool clip #2

Deuxième épisode ! Parce qu’il n’y a pas assez à dire en un seul. Ou que je suis une larve qui recycle mes idées comme un gredin. Bon j’ai plus d’un an d’écart avec le premier volume donc on va estimer qu’il y a prescription. Et si vous êtes pas d’accord c’est pareil. Donc, rien que pour vos yeux et vos oreilles, une nouvelle brochette de clips que je trouve fort bien troussés (et j’aime aussi le morceau qui va avec, je suis pas maso non plus hein)

Euzen - Phobia

Euzen ça remonte à …. 2012 ou 2013 je dirais, j’ai découvert ça complètement au pif dans un topic de musique où on s’échangeait divers liens vers des groupes que chacun aimait. Bon bien sûr y’avait plein d’amateurs de death technique chiants mais qu’importe. Partout sur le net il y a des amateurs de death technique chiants. Pour ça que j’écoute pas Meshuggah. Euzen donc. Un groupe danois que j’aime beaucoup, hélas en stand by depuis maintenant quatre ans. À cause de Heilung, un autre projet où la chanteuse participe et du coup on l’a bien dans l’os. J’avoue préférer le premier au second donc ça me fait suer. Et du coup on ne peut que réécouter les perles de la carrière d’Euzen en espérant qu’elle en aura marre à un moment de faire des chants de gorges vikings avec des bois de rennes sur la tête à un moment. Voici donc Phobia dont le clip a une esthétique ultra léchée que j’aime énormément. Notamment le jeu sur les lumières et les contrastes, tous ces blancs et ces noirs qui détonnent les uns sur les autres. Le plus marrant c’est que je suis à peu près sûr que ça a été fait avec un budget assez maigre, la caméra et les décors seraient plus fous s’il y avait eu de la thune. Mais c’est très bien compensé par les images très frappantes qu’ils arrivent à déployer juste en jouant avec ces putains de couleurs. J’avoue, j’aimerais bien un nouvel album de Euzen moi.

IAMX - Stardust

J’ai été un jeune gothique dans ma tête. Si si, je vous jure. Jamais dans mes vêtements, trop cher et trop voyant et j’étais trop discret pour vouloir m’afficher comme ça étant adolescent. Mais musicalement j’ai jamais eu de soucis à aimer le genre. Et puis le temps passe, forcément, et les goûts changent un petit peu. Mais les souvenirs restent. Et quand cet inénarrable Skoeldpadda m’a fait IAMX pour la première fois j’ai eu un flashback. Et pas pour rien, car comme mes chouchous de l’époque (Blutengel notamment) IAMX a enregistré une partie de sa discographie en Allemagne, et ça se sent. Y’a un côté très arty à la chose et le son qui va avec. Ca me plait, tout bêtement. Sur certains côtés ça me fait penser à toute la vague new wave britannique façon The Cure. Et comme c’est le thème de l’article, je dois dire que le clip est fort réussi. En soi ça ne raconte rien ou autre, certains trouveront ça vide, mais j’aime l’esthétique. Encore une fois c’est très germanique comme feeling. Que ce soit tous les jeux de lumières, le maquillage à base de clous sur le front, le détail que tout le monde porte des caches tétons et toutes ces rotations de caméra. La seule chose qui me gâche le truc est la présence de Kat Von D et tout ce que je sais sur le fait que c’est un triste être humain. Mais détail que cela. Apprécions la musique et les images.

Massive Attack - Karmacoma

Je sais que j’ai déjà écrit sur Massive Attack dans un autre article, mais vu que je ne sais jamais dans quel ordre je vais publier ce que je gratte à l’avance (et croyez-moi, il y a un paquet d’articles fait à l’avance). Je vais essayer de ne pas trop me répéter et au pire je ferai des liens communicants. Massive Attack donc. On est en au deuxième album, Protection, qui doit être celui qui sonne le plus influencé reggae-dub (On retrouve Horace Andy sur Spying Glass notamment). Et surtout on a Karmacoma dans tout ça. Honnêtement je pense que ce morceau synthétise assez bien le sentiment qu’on peut avoir quand on est malade avec une énorme fièvre et qu’on sue à ruisseau tout en délirant sur une horde de créatures pyramidales qui doivent s’imbriquer ensemble sous peine de mourir, et qui meurent quand elles le font. J’étais vraiment malade ce jour-là, je tiens à le dire. Et pour un morceau pareil il faut un clip à la hauteur. Certains diront que c’est un énorme potpourri de références cinématographiques et rien d’autre. Et ils ont raison sur un point : c’est presque un who’s who de plein de scènes iconiques. Entre Barton Fink, Shinning, tout le cinéma de David Lynch, Pulp Fiction et j’en oublie bien d’autres. Et vous savez quoi ? Qu’importe ! Oui ce sont des références, mais l’art de la chose est que leur enchaînement n’a aucun sens, le tout crée un mélange absurde et profondément dérangeant justement parce qu’on sait que ces choses ne sont pas censées aller ensemble. Combiné à ce putain de morceau et le feeling de delirium précédemment évoqué, l’alchimie est parfaite. Pas aussi parfait que l’album suivant de Massive Attack, qui est un de mes albums préférés au monde, mais c’est pas pour autant que c’est mal.

lundi 6 avril 2020

Caressante musique

J’ai fait un peu plus tôt dans le mois où j’écris ça, un article spécialement consacré à se détendre en musique. Le tout placé sous la bannière de la cool attitude et de la détente pépère. Et vraiment j’aime beaucoup la sélection que j’ai fait, je me suis rendu compte cela dit qu’il manquait quelque chose. Quelque chose de plus … délicat, de plus doux et de plus planant. Quelque chose qui transporte au loin et qui évoque plus la douceur et pourquoi pas la sensualité que “juste” la détente. Ou alors on est sur une définition approfondie du mot détente et auquel cas … bah ça peut marcher aussi en fait.


Massive Attack - Black Milk

Massive Attack est un groupe assez fascinant à suivre à travers par les époques. Notamment parce qu’en tendant l’oreille et en lisant ce qu’il se passait à chaque album on réalise à quel point ce n’est pas un groupe en fait. En effet l’histoire de Massive Attack démarre avec un collectif de graffeurs/DJ/breakeurs dont émergent cinq personnes : Grant Marshall, Robert Del Naja, Andrew Wolves, Shara Nelson et Tricky (de son vrai nom Adrian Thaws) lesquels fondent Massive Attack à proprement parler et sortent l’album Blues Lines en 1991. Et puis Shara Nelson fout le camp pour des histoires diverses et variés qui ne nous intéressent pas. Ils sortent ensuite à quatre Protection qui reste un album certes influencé trip-hop mais qui reste dans un style à base de samples de funk/soul/jazz de l’époque (même si le tout sonne assez dub/reggae en fait), on est en 94 et (Run DMC a marqué plus d’un esprit) puis Tricky lui aussi claque la porte. Et arrive Mezzanine, leur meilleur album à mon goût. Del Naja prend les manettes et impose sa personnalité, nettement plus rock et new wave (je serais méchant je dirais que c’est le seul blanc du groupe, mais je suis pas comme ça) et impose un son plus instrumental (notamment parce qu’il en avait marre de devoir casquer pour les droits de sample dans les morceaux) ce qui pousse Wolves à dire merde et à partir. Marshall lui aussi baisse la tête à part sur quelques morceaux (on lui doit la présence d’Horace Andy sur le morceau Angel notamment). Je pourrais parler très très longtemps de Massive Attack, de ses différents albums et influences donc je vais m’arrêter là. Retenez juste (pour l’instant) que Mezzanine est le moment où Del Naja impose sa domination sur le trio. Et c’est comme ça qu’on obtient Black Milk, un morceau envoûtant et ultra sensuel qui est parmi mes préférés en ce bas monde. Chanté par Elizabeth Fraser, chanteuse des Cocteau Twins (quand je vous parlais d’influence new wave …) et ponctué par des scratchs discrets (je pense qu’il y a là une des traces de Wolves et ses influences hip-hop) je trouve que c’est juste un morceau … magnifique. Et j’ai pas d’autres mots, donc écoutez et savourez.

Brian Jonestown Massacre - Anemone

Brian Jonestown Massacre est à 50% un groupe maudit au génie non reconnu. Le 50% restant c’est des gros cons mené par un as des gros cons : Anton Newcombe. Ouais y’a qu’à peu près comme ça que je peux décrire ce groupe. Fondé dans les années 90 à San Francisco, c’est assez dur de qualifier leur musique, quelque part entre le psyché, l’acid rock, la musique garage et l’alternatif, je vais donc me contenter de vous dire de choisir ce qui vous plaît, surtout en fonction de l’album (sérieusement, essayez de me dire à quel genre correspond ce morceau là ?). Soyons tout à fait honnête, une bonne part de leur créativité vient de la drogue. On est milieu 90 et c’est l’époque de l’héroïne à tout va, cet écervelé de Kurt Cobain, Bradley Nowell, Phil Anselmo, Al Jourgensen, Lane Staley et je sais que j’en oublie un sacré paquet. Tony O’Neil, un écrivain plutôt intéressant raconte notamment dans un de ses bouquins très inspiré de son vécu que ça se droguait à tout va et que tout le monde pétait un câble. L’exemple qui me revient en tête c’est quand l’équivalent d’Anton (appelé Atom dans le bouquin, subtil n’est-ce pas ?) envoie lui chercher du jus d’orange à 1h du matin alors qu’ils répètent dans les hauteurs d’Hollywood et qu’il y a pas une supérette à la ronde. Mais assez d’anecdotes, parlons plutôt musique ! Anemone donc, qui n’est hélas pas un morceau hommage à la troupe du Splendid. On y parle, chanté par Mara Kaegle (sur laquelle je n’ai rien trouvé en termes de passif ou d’histoire) d’amour, de séparation et de dépendance à l’autre. Ouais en fait c’est pas très très joyeux. Mais la patte psychédélique est juste imparable, entre la boucle de tambourin et les riffs de guitare qui rappellent du Jefferson Airplane en mieux c’est juste complètement aérien. Et allez savoir pourquoi, le clip fanmade d’une camionnette qui arpente les rues de Bunker Hill dans les années 40 (d’après ce que j’ai pu cherché, la fourchette est placée entre 46 et 48) ajoute un cachet au tout. Ça … marche, voilà tout.


Deftones - Sextape

Mon premier contact avec Deftones c’était … genre 2008, je découvrais le neo-metal et tout ce qui allait avec, tout en bouffant des films de vampires et Anne Rice au passage, jeune ado tourmenté que j’étais. Le premier morceau d’eux que j’ai mangé dans la face c’était Change qui m’a retourné l’esprit. Y’avait un truc dans leur façon de jouer, de chanter et d’arranger tout ça. Et puis j’ai grandi et j’ai fait connaissance avec mon meilleur ami de lycée qui m’a fait découvrir le black metal, j’ai donc laissé Chino Moreno et ses copains pour écouter Dimmu Borgir. Jeune sot que j’étais … Puis sont arrivés les années étudiants et quelqu’un de ma promo de fac m’a remis sur les rails en me faisant écouter un album entier à eux, ça devait être White Pony je crois. Et si je connaissais déjà Change, je me suis prit l’intégralité du CD dans la tronche, que ce soit Digital Bath ou leur morceau avec Maynard James Keenan (toujours dans les bons coups lui …), j’ai donc enchaîné sur les précédents, selon mon pote les nouveaux sentaient les pieds, lui aussi était un jeune sot en fait. J’ai changé d’études un an après et c’est à l’époque que j’ai commencé une relation avec quelqu’un … qui était une fan de Deftones revendiquée. Elle a juste eu besoin de faire une moue boudeuse et déçue pour que je me passe l’album Diamond Eyes, qui est juste extraordinaire je tiens à le dire. Et nom de dieu qu’on a écouté ce morceau là. Ce qui l’a rendu particulièrement dur émotionnellement quand on a rompu mais ça c’est la vie. Il m’a fallu quelques années avant d’y revenir et de le savourer à nouveau. Et je trouve ça toujours aussi magnifique, Chino Moreno y met une telle émotion que je pourrais presque croire que c’est moi qui parle avec mon cœur brisé de l’époque, essayez de lire les paroles et tirez en le sens que vous voulez, je les ai toujours trouvé superbes. Et bien entendu la musique elle même devrait parler jusqu’aux fonds de vos tripes si vous avez un minimum de sensibilité, c’est juste … quelque chose. Écoutez ça dans le noir, un soir allongé sur votre lit et vous comprendrez sans doute quelque chose à la vie. Ça a bien été le cas pour moi.

lundi 9 mars 2020

Posément et classieusement

On dit souvent que la musique c’est un feeling. Et là encore une fois c’est le cas. J’ai cherché pendant un moment une justification au thème de cet article. Un prisme clair et net. Une idée forte. Une thématique. Mais rien à faire, factuellement il n’y a pas franchement de lien entre tous ces morceaux. Enfin si un ou deux. Le premier c’est que c’est des morceaux qui, je trouve, sont empreints d’un sentiment de classe, d’élégance nonchalante et de “j’en impose” qui vous fait pousser un coin de sourire narquois de mec qui Sait et qui est plus fort et malin que tout le monde. Le tout avec assurance et flegme. Posément et classieusement comme je disais. Je serai éventuellement moins loquace sur les morceaux même, c’est toujours une histoire de feeling plus que de musique même. Ah et y’a un deuxième lien commun maintenant que j’y pense : c’est que, je vais pas mentir, cet article doit beaucoup à une personne qui se reconnaitra. Je lui fais des bisous et j’espère qu’il se sentira pas rip off. Depuis le temps qu’on se connait hein ...

Clutch - Son of Virginia

Je tiens à dire que le titre est mensonger … Clutch est un groupe originaire du Maryland. Rendez-vous compte, on nous ment ! Techniquement d’ailleurs j’ai du mal à saisir comment le Maryland, qui est bien au nord des États Unis a pu influencer le son de ces mecs, vu que ça sonne copieusement stoner/blues, autrement dit la Californie et la Bible Belt. Peut-être le fait de prendre de l’acide et de boire du bourbon ? Enfin je dis ça, je ne connais pas leurs habitudes alimentaires, n’y voyez que de la spéculation … Vous me direz, c'est les mecs qui veulent mourir au Texas donc il y a la possibilité du total rejet culturel du Maryland. Ça craint tant que ça le Maryland ? Quoi qu’il en soit Clutch c’est très cool. Déjà pour, comme je l’ai évoqué un peu avant, leur son ultra agréable, mélange d’influences blues avec des gros riffs de stoner qui déménagent comme il faut. Et surtout la grosse voix de Neil Fallon (dont il faut respecter la barbe) et cette basse qui rajoute pile le grain de sel qu’il faut. Chaque fois que je me passe ça en bagnole j’ai l’impression de crâner dans une grosse bagnole chromée alors que je roule en Peugeot. C’est le pouvoir de Clutch, de se sentir classieux et posé j’vous dis.

Orchid - Leaving it all behind

La personne qui m’a envoyé ce morceau me l’a balancé pour célébrer le retour de Moon Knight, écrit par Warren Ellis, qui le réinterprétait façon gentleman de l’étrange (en costard qui plus est !), et il fallait au moins ça pour illustrer la badassitude de la chose (et la construction de cette page est juste formidable). Venu de Californie, je pense qu’on peut difficilement nier l’influence de Black Sabbath sur Orchid, ne serait-ce que pour la pochette qui mélange les influences visuelles de Master of Reality et de Vol. 4. Regardez vous même, vous verrez. Et musicalement on a affaire à un bon gros doom comme il en faut, si le début peut sonner un petit … ordinaire, dès que ça se réveille ça devient autrement plus classe. Notamment ce solo à la quatrième minute qui a, dans ma tête tout du moins, une sorte de bruit de moto superposé qui le rend encore plus classieux. Ce morceau exude de classe. Comme je disais à un bon ami “quiconque se passe ça invoque un souffle de vent, même en intérieur, qui fait claquer son manteau façon western. Et ce même si tu portes un sweat ou un peignoir”. Essayez, vous verrez.

Los Asteroide - #6

Pendant un temps j’ai cru qu’ils étaient tchèques … Parce que les tchèques aiment faire du stoner, aussi curieux que ça puisse paraître, l’Europe de l’Est est un très bon vivier du genre. Pourtant c’est pas franchement le coin où on peut rouler en Cadillac dans le désert, à moins que sans qu’on me l’ait appris la Pologne ait été défoncée par une ogive nucléaire façon Fallout. Si c’est le cas je m’excuse pour les concernés et ça prouve que les médias nous manipulent. Quoi qu’il en soit Los Asteroid est un groupe argentin qui oscille entre le stoner et le rock psychédélique, techniquement dans les deux cas il y a de l’acide donc c’est assez logique qu’ils marchent main dans la main. Le morceau commence tranquillement et quasi timidement, avec son petit riff qui n’a l’air de rien, il pose un mood, discrètement. Ça serait presque calme pour un peu. Et puis les guitares démarrent vraiment et là j’ai le sentiment en fermer les yeux que j’ai de la présence comme un catcheur qui entre en scène, tous biceps dehors luisant, à toiser la foule qui m’acclame. Peut-être est-ce la puissance évocatrice du riff qui revient en boucle, allez savoir.

L'état des lieux

Je vais annoncer quelque chose de choquant : à la grande déception de beaucoup ... je ne suis pas mort. Trois ans que ce machin prend la pou...