lundi 29 juin 2020

Transoméditatif


J’ai mit assez longtemps à m’intéresser à tout ce qui était musiques électroniques. J’en avais parlé brièvement dans mon article sur les claviers. Sans doute parce qu’il faut que les goûts arrivent à maturité, qu’on doit prendre un peu de bouteille avant de se rendre compte qu’il n’y a vraiment que les idiots qui ne changent pas d’avis. Je pense que ça doit dater de 2019 le fait que je rattrape plus ou moins mon retard dans le domaine. Je pense que ce qu’il me manquait pour apprécier était le fait que je cherchais quelque chose dedans que le genre n’essayait pas de faire et que je lui reprochais de ne pas avoir. Pendant longtemps il fallait que la musique que j’écoute “fasse du bruit” et c’est pas nécessairement ce qu’on va avoir avec de la drum’n’bass ou de la trance par exemple. Ho bien sûr il y a des branches qui donnent dans un style plus énergique et/ou agressifs, Pendulum est le premier exemple qui me vient en tête, des morceaux comme Slam ou Blood Sugar ça envoie méchamment. Néanmoins ce n’est pas ce dont j’ai envie de parler aujourd’hui. Aujourd’hui j’ai envie de parler d’un aspect plus “doux” de la chose, plus “profond”, plus spirituel presque. En tout cas c’est comme ça que la chose s’est articulé dans mon esprit au fur et à mesure que je collectais les morceaux qui la composaient.

EDDIE - Still Healing

Je suis tombé sur ce morceau dans un playlist au pif. Sur le thème du Cyberpunk. Et au sein des Misanthropix, Celldweller, Hyper et autre KMFDM (et beaucoup de Judas Priest pour une raison qui m’échappe) j’aurais honnêtement pas pensé y trouver des trucs qui collent à ma thématique actuelle. Comme quoi la vie est faite de surprises. Vous ne serez pas surpris, je pense, si je vous dis que j’ai rien trouvé sur l’interessé·e. Essayez de taper EDDIE sur google et on verra. Hormis le fait que le gugusse bleu visible sur la vidéo semble être sa mascotte. Pourquoi pas après tout … Quoiqu’il en soit, dès la première écoute ce morceau m’est resté en tête. Que ce soit avec ses grosses drums très “graves” à défaut de meilleur terme, combiné à tous les effets qui sonnent comme une des beats d’eurodance, et surtout surtout surtout cette voix féminine qui sonne comme une mélopée de fantôme. Dés que j’écoute ça j’ai l’impression soit de faire un long voyage méditatif au sein de moi même, propulsé par le cosmos … ou de finir dans un rituel sexuel tantrique pour atteindre l’élévation. Après tout le kamasutra est un ouvrage religieux sur l’union avec le divin. Ma toute petite déception étant que j’ai pas retrouvé la même magie sur les autres titres produits

Raise Spirit - The Temple

Je ne le savais pas encore à ce moment là, mais c’est le morceau qui m’a fait aimer la drum’n’bass. Je l’ai dit il y a quelques temps, ma découverte du genre est assez récente. Un an seulement quand j’écris ces lignes. J’aurais dit moins et nom de dieu ce que le temps passe vite … C’était avec cette compilation qui tournait en fond alors que j’étais à l’autre bout de la France. Compilation qui n’est pas parfaite, elle enchaîne un peu trop vite les morceaux et ne leur laisse pas nécessairement trop le temps de briller individuellement, même si je dois admettre que le type qui a mixé a des doigts de fées pour les transitions. Quoiqu’il en soit ça tourne en fond … et quelque chose accroche mon oreille, un son qui me fascine et me donne envie d’en découvrir plus, là où je me foutais comme pas deux de l’existence de la drum’n’bass et que j’étais même prêt à ricaner de celui qui avait mit ça. Je jette donc un œil à l’écran pour voir ce qui passe. En accord avec le timecode c’était Say To Me de T & Sugah. Parce que comme je l’ai dit : le type qui a fait cette playlist ne laisse que trop peu de temps aux morceaux individuels. J’ai noté le nom sur mon téléphone et n’ai pas pensé plus loin. Et puis un jour j’ai remis le nez dans cette compile … et je me suis rendu compte de mon erreur. J’adore ce morceau, tant pour son clip qui ressemble à une version zen des espèces de spirales que produisaient aléatoirement Windows Media Player que pour ses sonorités. C’est aérien et reposant comme pas deux. Je l’ai déjà utilisé quelques fois pour me détendre avant de méditer d’ailleurs. Et … j’ai pas grand chose de plus à dire, ça se ressent plus que ça ne se décrit.

Solar Fields - Mirror’s Edge Menu Theme

La perfection est atteinte, non pas lorsqu'il n'y a plus rien à ajouter, mais lorsqu'il n'y a plus rien à retirer.” Ainsi parlait Saint-Exupéry. Je ne serais pas aussi absolu que lui sur la question, mais il y a une part de vrai. Le dénuement et le minimalisme peuvent être des qualités d’une œuvre. En l’occurrence on parle ici de la BO de Mirror’s Edge. Un jeu fort chouette dont, pour être tout à fait honnête, je ne me souviens pas de la musique tant j’étais occupé à courir et bondir partout. Ce qui prouve qu’elle fait très bien son boulot ou qu’ils ont estimé qu’elle était moins importante que tout le travail sur les bruits du personnage et ses déplacements. Allez savoir. Quoi qu’il en soit, la tâche de composer tout ça est revenue à un dénommé Solar Fields, Magnus Birgersson de son vrai nom. Lequel bosse essentiellement sur sa carrière électro, et n’a quasi composé que pour DICE en jeu vidéo. Je serai curieux de voir ce qui les a motivé à choisir ce type en particulier plutôt qu’un autre, je suis sûr que le processus de pensée a été intéressant. Et je vous met ici le thème du menu principal. Extrêmement calme et minimaliste, surtout comparé au chaos effréné qu’est le jeu dès que l’action pointe ne serait-ce que le bout de son nez. C’est “juste” une longue plage de synthétiseur et quelques discrètes notes et touches ici et là. Et pour moi ça marche du tonnerre. Et comme j’évoquais la perfection au tout début, la méditation se veut l’état où on est en paix parfaite avec soi même et le monde qui nous entoure. Est-ce qu’au final c’est pas un état où tout est égalisé et rien ne semble dépasser ? Un peu comme ce morceau.

lundi 15 juin 2020

Imparfait mais adorable #1 : Thief de 2014

Je me rends compte, alors qu’on est sur la troisième année d’existence de ce blog, que je n’ai jamais vraiment parlé de jeux vidéos. Ce qui est un peu injuste vu le temps que j’ai passé sur ces trucs, et que je passe encore même si en quantité plus réduite vu ma vie professionnelle. Et figurez vous … que j’ai des opinions sur le sujet. Dingue hein ? Et il se trouve même que je n’ai parfois pas le même avis qu’une majorité de personnes. Comme tous les grands penseurs incompris je présume … Et je me suis dit qu’il serait intéressant de parler de choses imparfaites mais néanmoins attachantes dans le domaine vidéoludique. Oui j’ai bien dit imparfaites. L’honnêteté intellectuelle est une qualité et, j’aime à croire, en ayant une certaine quantité correcte, je dois bien le dire, les jeux dont je vais parler ne sont pas parfaits. Loin de là par moment, ils sont même hautement critiquables sur des points apparents. Mais l’inverse est aussi vraie, ils sont louables sur d’autres et j’ai l’impression que peu ont pris le temps de justement parler de ce qu’ils réussissent à faire ou tentent tout du moins. Et j’ai plusieurs jeux dans mon répertoire qui rentrent dans ces critères. Donc si vous êtes avec moi, je vous invite à bord !
Spoiler : il y a un indice sur le jeu dont je vais parler dans cette image ...
Et on va se pencher sur le reboot de Thief sorti en 2014, développé par Eidos Montréal. Un joli cas d’école de bordel de développement. La préproduction est en effet lancée en 2009 auprès d’une équipe réduite au sein d’Eidos Montréal tandis que le reste des employés bossent sur le très attendu Deus Ex : Human Revolution (un jeu que j’aime beaucoup, je tiens à le dire). Et directement ça commence à sentir mauvais quand on voit le nombre d’idées qui ont tourné en interne. D’abord une version TPS avec de l’escalade urbaine inspiré d’Assassin’s Creed, ils ont aussi parlé d’un changement total de cadre, d’un nouveau protagoniste et j’en oublie. Faut quand même admettre que ça ne partait pas sur le meilleur des augures. Et malheureusement ils ont persisté. Après avoir plus ou moins décidé que le jeu serait en vue FPS comme ses ancêtres et toujours avec Garrett comme personnage principal, ils ont balancé une démo de gameplay, laquelle montrait un arbre de compétence et une progression à base de points d’expérience. Autant dire que ça a rué dans les brancards pour les fans. En un sens à raison, Garrett a toujours été présenté comme un maître voleur, donc pourquoi le faire réapprendre des choses dans le gameplay ? Face aux retours, Eidos Montréal est allé réviser sa copie, laquelle devait avoir emprunté pas mal de trucs à Deus Ex d’ailleurs, je me souviens qu’il y avait une histoire de points attribués en assommant des gardes. Preuve encore une fois que les bonnes idées ont besoin du bon contexte pour être réellement bonnes. Et du coup le système d’expérience a sauté, même si on retrouve des restes de celui-ci via un système à base de points d’atouts achetables. J’imagine que c’est une autre façon de le faire sans l'appeler comme ça … Et au final, après maintes shitstorm (notamment sur le fait que le doubleur historique de Garrett, Stephen Russel, ne reprenait pas le rôle) et autres revues de presse tièdes, le jeu sort. Et l’accueil n’est pas franchement chaleureux. Bugs, linéarité, intrigue quelconque, tentative ratée d’open world et surtout, la comparaison que tout le monde a fait avec Dishonored sorti deux ans plus tôt. Et … c’est assez vrai comme critiques, hélas. Thief de 2014 est un jeu assez couloir dans ses missions principales (là où les premiers opus vous lâchaient sur une map et vous laissaient y faire le mariole). L’histoire … fait le café on va dire, mais vous n’allez pas pleurer à la fin ça c’est sûr. Les missions sont connectées entre elles par La Cité, qui se veut un hub ouvert où on peut déambuler et voler son prochain tranquillement ici et là. Ce qui serait très chouette si la moitié des axes n’étaient pas bloqués, obligeant à passer par des passages à la con qui sont en fait des temps de chargements déguisés. Et, même si ça m'énerve d’en parler, il souffre de la comparaison avec Dishonored, qui lui laissait faire n’importe quoi dans ses vastes niveaux urbains bien plus verticaux. En bref, quasi tout le monde l’a dit : Thief de 2014 c’était pas une franche réussite.

Et dés qu'on parle de ce jeu internet s'enflamme ...
Oui mais ! Si j’arrêtais cet article ici ça n’aurait qu’assez peu de sens et je me serai contenté de répéter ce que tout le monde en a dit. Quel intérêt ? Aucun en effet. Il se trouve que j’aime beaucoup ce jeu en fait. Je l’ai déjà dit, cette section a pour but de parler des réussites au sein de l'échec. Et malgré tout, Thief de 2014 arrive à faire des trucs. Tout d’abord, si l’histoire en elle-même n’est pas prodigieuse, le jeu arrive pour la majeure partie de l’intrigue à garder un assez bon rythme. Sur les huit missions principales, aucune n’est trop longue ou trop courte et, s’il y a effectivement des artificialités à ce niveau, elles arrivent à gérer les temps forts et les temps calmes. Et en à côté plutôt sympas il y a les missions de contacts, qui sont effectivement plus sur le modèle des Thief d’autrefois, avec une carte plus ou moins ouverte et un butin à chaparder, sur des plus petites cartes il est vrai, mais quand même. Et je suis sûr que même les gens qui n’aiment pas le jeu admettront que le niveau de l’asile est super bien fait. J’ai eu des flashbacks de l’Ocean House Hotel de Vampire : Bloodlines en le faisant, c’est pour vous dire. Un autre point très réussi, pour moi tout du moins, c’est l’ambiance. Là où les précédents opus étaient dans un ton assez médiéval, avec des touches de mécaniques ultra avancés (y’avait des robots et compagnie quoi), cet opus se la joue doucement Victorien et ça passe plutôt bien. Notamment parce que le contraste est très parlant entre les niveaux qui se jouent dans les ruelles et chez les gueux et ceux qui se passent dans la haute société. La direction artistique est vraiment très très chouette à ce niveau-là. Tout respire la crasse, la fumée des usines, la peur de la maladie et la folie des nobles qui se voilent la face sur le fait que ce genre de problèmes n’arrivent qu’à leurs voisins. On pourra accuser un certain manque de couleurs, il est vrai, dans la palette du jeu, mais j’ai du mal à me représenter un jeu Thief, qui se passe de nuit et où il faut ramper en permanence dans les ombres, avec des tons violets ou oranges. Mais ce n’est que mon opinion hein … Pour ce qui est de l’aspect Hub de La Cité … là je ne peux pas dire que j’approuve. C’est clairement pas réussi, les chemins sont tortueux, et l’obligation de passer par un seul point obligatoire pour changer des quartiers rend la chose très frustrante. Ce qui est très dommage parce que le fait de montrer que La Cité évolue en fonction de ce qu’il se passe dans les missions principales était plutôt réussi (les patrouilles se renforcent, on voit des types pendus à des lampadaires, puis la garde se fait massacrer et remplacer par les fanatiques et ainsi de suite). Et le fait de pouvoir se balader et braquer divers appartements et maisons ici et là qui aurait pu être réussi si tout le monde dans l’univers de Thief ne vivait pas dans un trois mètres carrés avec une commode et un lit et rien d’autre, le tout accessible uniquement par une corniche extérieure.

Le travail de voleur, un boulot qui requiert ... du doigté.
Ce qui m’amène à parler de la liberté d’action. Sujet épineux à vrai dire. On va commencer par le truc chiant : oui Thief de 2014 n’est pas Dishonored. Oui on ne peut pas grimper partout, il n’y a qu’assez peu de verticalité dans les niveaux et c’est plutôt linéaire (même si certaines missions sont plus sandbox que d’autres, je pense notamment au manoir et à la maison des fleurs). Et alors ? Tous les jeux d’infiltration n’ont pas à être Dishonored non ? Je comprends la déception de ne pas pouvoir le faire, mais une fois la chose acceptée, le fait de ressasser que ça n’est pas possible me dépasse un peu. Le jeu “oblige” à jouer dans ses clous, et effectivement c’était fun de jouer outside the box comme disent les anglais dans les rues de Dunwall. Mais c’est pas pour autant que le Thief de 2014 devient une sombre merde non ? Enfin pour certains si, du coup. Vous vous en doutez, ce n’est pas mon cas. J’avoue que j’aurais aimé un peu plus de gadgets hormis la clef à molette et les flèches à cordes, c’est une opportunité ratée effectivement. Je vais sans doute être paraître caricatural, je m’en excuse, mais ça me donne le même sentiment que si on reprochait à un The Witcher 2 de ne pas être aussi ouvert que Skyrim, le but et l’ambition ne sont pas les mêmes, alors pourquoi vouloir chercher la petite bête là-bas ? Et pour parler des bonnes choses, il y a des trucs qui sont tout connement réussis dans ce jeu. J’ai déjà parlé de la direction artistique plus tôt, donc je ne reviendrai pas dessus même si je l’aime beaucoup. Mais un des gros points forts pour moi c’est le travail fait sur les mouvements et animations de Garrett. Le jeu est en full body awarness, autrement dit si vous baissez la caméra, vous verrez vos pieds et votre tronc, de même que les animations amènent les bras et épaules du personnage dans le champ. Et le fait que plein de petits mouvements sont présents dans le jeu rend la chose très cool. Détail tout con : chaque objet volé a sa petite animation où le personnage le choppe et le glisse dans sa poche, accompagné d’un petit bruit de piécettes. Et c’est juste jubilatoire, à un niveau presque pavlovien. Pareil pour les bonds ici et là quand le jeu offre la possibilité de le faire. De même il y a … ce que l’on peut qualifier de petit bond en avant (pas de blague sur Mao s’il vous plaît …) qui est la version soft du Blink de Dishonored, l’abus de distance en moins. C’est un peu le truc qui m’a toujours manqué dans un jeu d’infiltration sans que j’ai jamais réussi à mettre le doigt dessus avant. C’est l’équivalent d’un pas chassé (même si on peut le faire en avant, ce qui est un peu antinomique mais bon …). Et c’est parfait pour rusher d’une couverture à une autre, parfois à un poil de la détection par les gardes près. Un détail qui importe beaucoup aussi, en tout cas pour moi, c’est l’IA. Ho c’est pas THE IA du siècle ou je ne sais quoi, elle a ses petits défauts et angles morts que l’on apprend vite à utiliser, mais c’est propre à tous les jeux d’infiltration ça. Le reprocher serait faire preuve d’une certaine mauvaise foi ou myopie intellectuelle. Ce qui me plaît beaucoup c’est que c’est une des rares IA (voir la seule je crois …) qui remarque quand une porte qui était normalement fermée est ouverte, de même pour les coffres et autres contenants. Et ça c’est un détail cool. 

Et un petit concept art pour la route (de Mathieu Latour-Duhaime)
Et je vais m’arrêter là je crois. J’écris ça en voulant être honnête, pas pour dire que le monde entier est dans le faux et moi dans le vrai. Donc oui Thief de 2014 est un jeu avec ses qualités et ses défauts, et je considère qu’il est important de pointer aussi ses qualités. Qui l’ont trop peu été à mon goût. Peut-être parce que l’on en attendait bien plus vu son héritage et la légende autour de ses deux grands frères ? Peut-être que la comparaison avec Dishonored sorti plus tôt l’a desservi ? Peut-être que la rareté du genre infiltration fait que les gens pardonnent moins (même si ça s’est étoffé un petit peu depuis) ? Allez savoir. Je sais que je l’aime bien en tout cas de Thief, et y’a pas de raison qu’il ait pas le droit à sa part d’amour. Allez-y, donnez-lui une chance ....

lundi 1 juin 2020

Mashup

On pourrait avoir un très long débat sur à qui appartient la musique et l’art à l’ère d’internet. A partir du moment où le public s’est emparé d’une œuvre, est-ce que cette dernière est la même que ce que son auteur avait pondu avant que quiconque y pose le regard ? Ça me rappelle la terminale tout ça, que ce soit les cours de philo ou de littérature. J’ai eu des notes de merde aux deux d’ailleurs. Donc je ne répondrai pas à la question ici, pas plus que je ne ferai un plan en trois parties et une conclusion. Par contre je peux vous dire un truc : internet s’en tape et met la main sur tout et n’importe quoi pour en faire tout et n’importe quoi. Et un excellent exemple de ça c’est les kilos de mashup qu’on trouve sur youtube. Pour ceux du fond qui ne suivent pas, un mashup c’est tout connement prendre deux morceaux différents, synchroniser les deux ensembles et, si on a un quelconque don pour le mixage, garder tel ou tel bout qui nous intéresse dans l’un et l’autre et obtenir un tout autre morceau au final. Et comme on se fait souvent des soirées mashup sur Discord (même si ceux avec Down With The Sickness de Disturbed ont été officiellement banni) voilà pour vos petits yeux une sélection de quelques uns de mes préférés.

Mike Doer (Pendulum/Linkin Park) - New Witchcraft

Soyons tout à fait honnête, quand bien même il ne faut dire du mal des morts : Minutes to Midnight est un album de merde. Pas le pire de Linkin Park, parce qu’il y a eu One More Light des années après mais c’est pas parce qu’on a la lèpre qu’il faut s'estimer heureux d’avoir esquivé la peste bubonique. Et pour continuer à gratter le fond, ils ont décidé de faire un truc pour la BO de Transformers 2. A sa façon c’était peut-être la meilleure façon de clouer le cercueil pour leurs fans et faire leur fameux “autre chose”. A l’inverse, Immersion est l’album qui a amené un retour fracassant pour Pendulum, notamment du fait de la richesse de l’album et de l’improbabilité de certains feats dedans (genre les mecs de In Flames …). D’ailleurs je l’avoue : j’aurais pu faire un article entier rien qu’avec des mashup à base de Pendulum tellement il y a de quoi faire. Mais je me suis dit que c’était facile et qu’il fallait me bouger un peu. Et du coup ce mashup ! On y garde l’instrumental de Witchcraft, ultra efficace et autrement plus dynamique que celle de New Divide donc tant mieux, sur lesquels sont ajoutés les vocaux de Chester Bennington. Avec la légère différence qu’ils ont été un poil accéléré et vocodé, ce qui donne une couleur bien plus électronique au tout. Et le résultat donne un morceau de drum’n’bass ultra patate qui donne envie de faire des drifts dans Need For Speed. C’est quand même autrement plus cool que la chiantise profonde de Minutes to Midnight.

Bill McClintock (Metalica/The Who/Megadeth) - Eminence of Holy Wars and Creeping Death

Oui, trois groupes. Rien que ça. C’est le compadre Skoeldpadda (toujours dans les bons coups celui-là) qui m’a fait découvrir ce morceau et par extension la chaîne du sieur McClintock (est-ce son vrai nom ou un hommage caché à Steve Jobs ? bien malin qui pourrait le dire). Sur le papier ça sonne complètement improbable, les Who, soit le rock “à l’ancienne”, Metallica et Megadeth (le second vous dira d’ailleurs que tout est de la faute du premier). Comment on peut faire un morceau cohérent voir agréable avec un mix pareil ? Ça aurait pu être un objet dégueulasse où tout est rentré à la truelle à base de guitares distordues empilées les unes sur les autres comme des squatteurs dans un 15m². Et … pas du tout. En utilisant l’instru de Eminence Front des Who, on part sur un truc ultra funk avec par dessus un mix très harmonieux de Holy Wars et Creeping Death. Et ça marche nom de Dieu ! Me souviens avoir fait tourner ça au boulot, les gens ne me croyaient pas quand je disais que c’était un mashup, c’est dire. J’aurais très honnêtement pu faire cet article entier juste avec les morceaux venant de cette chaîne. Mais je ne suis pas comme ça, je fais des efforts vous avez vu ?

BotanicSage (Lil’ Jon/Jojo’s Bizzare Adventure Soundtrack)- Turn down for Whammu

Jojo’s Bizarre Adventure est un manga … plutôt unique on va dire. En même temps le nom est indicatif, sinon ça se serait appelé comment ? Jojo’s Lame Adventure ? Et si vous ne connaissez pas, allez regarder c’est fort cool. En l'occurrence ici on plonge dans la bande originale de la deuxième partie. Qui sert de thème aux antagonistes que sont les Pillars Men (homme du pilier si vous voulez franciser, mais j’aime mieux en anglais, parce que). Lesquels débarquent sur un mélange extrêmement chelou de dubstep avec des voix de rai et une sirène G-Funk qui semble sortie d’une pub pour Lamborghini dans les années 90. Déjà c’est plutôt unique, il faut bien le dire. Et vous savez ce qu’il y a de plus bizarre combiné ? Du Lil’ Jon pardi ! Ouais, le padre du crunk d’Atlanta, avec ses gimmicks à base de hurlements en boucle et ses paroles qui tiennent sur un timbre poste déchiré en deux et ses beats à base de TR 808. J’aurais jamais pensé que l’alliance des deux puissent marcher, comme pour tous les autres morceaux évoqués en amont en effet. Et ça donne un banger de club absolument démentiel, qui donne envie de sauter dans tous les sens, et qui fait pousser des dreadlocks rien que le fait de l’entendre. Et des muscles saillants, parce que les Pillars Men sont des vampires aztèques bodybuildés en pagne. Je vous avais bien dit que Jojo était unique !

L'état des lieux

Je vais annoncer quelque chose de choquant : à la grande déception de beaucoup ... je ne suis pas mort. Trois ans que ce machin prend la pou...