mardi 27 août 2019

RPGaDAY 2019 #27 : Suspens


Le suspens, le nerf de la guerre de la continuité si on veut donner envie aux gens de continuer. Sans déconner si l’histoire était bouclée à la première saison je suis à peu près sûr que l’industrie des séries télés boirait la tasse aussi sec (à part True Detective. C’est bien True Detective). Le tout étant de savoir maintenir un équilibre subtil entre donner une réponse aux attentes du public tout en faisant en sorte que cette réponse créé de nombreuses autres questions qui devront attendre la fois prochaine pour trouver leurs réponses, lesquelles amèneront d’autres questions et ainsi de suite. Trey Parker et Matt Stone (créateurs de South Park pour ceux qui l’ignorent) avaient fait une conférence très intéressante sur la façon d’écrire une histoire où tout élément introduit doit être suivi d’un “Donc” ou d’un “Mais” de conséquences qui apporte un supplément d’histoire, jamais un “Et”. Ayez ça en tête pour écrire des scénarios, ça aide pas mal.

Hélas, en ce qui me concerne, le suspense est un domaine où je dois encore bosser. Quand je regarde en arrière j’ai dû faire … deux ou trois cliffhangers tout au plus. Je pense que ça tient au fait qu’on joue en général des parties assez longues quand on faisait Deadlands (du genre à commencer à 15h pour finir dans les eaux de minuit) ce qui a tendance à donner non pas une session mais quasiment un tout qui appelle une réelle conclusion là où le scénario est bel et bien fini en somme. Peut-être que c’est aussi à moi d’augurer plus le suivant dans la fin du précédent de façon à amener un meilleur sentiment de continuité et ainsi mieux happer le joueur et créer un suspens ? Peut-être essayé de faire jouer un vrai long fil narratif brisable en de nombreux morceaux plutôt que des scénarios enfilés les un après les autres en collier. Ce qui m’obligerait à reconsidérer pas mal de mes organisations de campagnes de ces derniers temps, notamment pour Hellfrost qu’on est “obligé” de jouer en petite itération du genre par soucis de disponibilité de tout le monde. Je ne sais pas je l’avoue, et je coupe là en disant qu’en fait j’ai peut-être la réponse, suspense !

lundi 26 août 2019

RPGaDAY 2019 #26 : Lumière

Encore un terme alternatif, celui officiel c’était “Idée” et franchement qu’est-ce que vous voulez faire avec un truc pareil ? C’est tellement vaste que ça siphonne toutes mes idées (hohoho). J’ai donc choisi “Lumière” à la place.

Parce qu’on a un expert de tout ce qui est luminosité quand on joue à Hellfrost. Et cet expert … c’est Atégix. En effet, pour changer de sa saga de tirs à la tête et autres annihilations de boss il avait décidé de partir dans une toute autre direction. Il voulait faire un prêtre, et pas n’importe lequel. Un prêtre qui servirait de soutien et de porte-paroles au groupe, à peine qualifié pour se battre. Et pour l’instant il remplit plutôt bien ses fonctions, il a dû dégommer à peine deux adversaires depuis tout le temps qu’on joue à Hellfrost. Le détail en plus c’est que c’est pas un curé de province de rien du tout ou autre chose du genre. Non non non. Sigbehrt Le Cramoisi est un adorateur de Sigel, dieu du soleil et de la lumière. Et du coup, chaque matin, de façon obligatoire, c’est dans son dogme, ne pas le faire c’est pécher … il doit saluer le soleil qui se lève. Sachant que dans les règles de Savage Worlds, pécher envers son dieu amène une interdiction d’utiliser ses sorts divins, Até prend la chose très très au sérieux et dès que je signale le passage d’une journée, sa réaction immédiate est “Je salue le soleil !”. Complété par un geste IRL qui est l’équivalent du Praise the Sun de Dark Souls. Parce qu’il est comme ça Até. Et ça nous fait marrer bêtement à chaque fois en fait. Pour bien peu de choses mais est-ce réellement important ?

dimanche 25 août 2019

RPGaDAY 2019 #25 : Calamité

Celui-là aussi j’ai pas eu de mal à trouver. En général quand on se foire on aime oublier … sauf quand la foirade est tellement cataclysmique que c’est gravé dans le marbre de la mémoire pour l’éternité. Et là je pense que je vais vous raconter la partie la plus désespérée que j’ai joué.

Il faut remonter à l’époque de Pathfinder avec Louis et Telos pour ça. J’en avais un peu parlé ici, mais je me sens le besoin de tout détailler par le menu. Déjà on a joué dans un cadre assez peu habituel. D’ordinaire on se mettait chez moi ou chez Jules. Sauf que là on avait décidé, je ne sais pourquoi, de jouer chez Telos. Et a à ma grande surprise on n'investit pas la table du salon ou autre, non non. Il nous fait monter dans sa chambre, qui était d’une taille correcte pour une personne seule … sauf qu’on est quatre. Voilà donc que Jules prend la chaise de bureau, Louis et Telos s’assoient sur le bord du lit (dont la moitié est occupée … par une énorme peluche de lionne blanche), moi j’ai eu du pot, je récupère un tabouret de jardin pliable, que je colle contre le mur pour m’en servir comme dossier. Le tout avec Jules qui a son ordinateur portable sur les genoux tout du long, parce que s’il le posait sur le bureau on aurait tous vu ses notes de MJ. On n’a pas non plus de table ou autre, donc en guise de piste de dé on se passe de main en main un petit plateau à café où le dé claque d’un bruit insupportable à chaque fois qu’on l’y lance. Accessoirement on est à la mi-juillet et il fait une chaleur assez redoutable. Autrement dit, rien qu’avec le cadre cette partie s'annonçait bien roots. Et bon dieu qu’est-ce que la suite a été à la hauteur … On en était donc à explorer la région et à enquêter sur des disparitions de paysans locaux. Après avoir exploré un monastère en ruines qui servait de lieu de rave party pour des satyres festifs, un peu belliqueux mais relativement accueillant une fois passé leurs mœurs, on s’était rencardé sur une tour abandonnée plus loin dans les montagnes. Qu’à cela ne tienne, on y va. La tour en elle-même … est dans un état passable, la porte tient sur ses gonds mais n’est pas fermée, il y a quelques trucs qui trainent, preuve que visiblement quelqu’un est passé par là il y a peu, mais rien de plus. Sauf qu’il y a un souterrain, et on décide de s’y enfoncer. Au bout d’un escalier en colimaçon on arrive dans une vaste cave où résident de curieuses créatures. Jules nous les décrit comme mi-homme, mi-chèvres, plus ou moins difformes et qui s’expriment dans une langue qu’on ne comprend pas. Je crois que c’est Telos qui a essayé de se faire comprendre par langue des signes mais en vain. Parce qu’ils se sont mis à nous foncer dessus, et ils étaient nombreux et armés les salauds. De ce que je m’en souviens nous étions trois contre … six ou sept je dirais. Dont plusieurs nous canardaient avec des frondes, avec un sol accidenté, ce qui faisait qu’on avait des malus de déplacement et qu’ils nous attaquaient à la lance, ce qui nous forçait à prendre des attaques d'opportunités pour s’approcher d’eux (d’ailleurs pour avoir lu en détail les règles de Pathfinder cette année c’était un peu injuste cette histoire : vu qu’ils avaient des armes à allonge certes leur attaque était justifié, mais une fois au corps à corps avec nous il y aurait fallu qu’ils se dégagent pour pouvoir s’en servir et donc nous donner à nous aussi des attaques, ce qui n’a pas été le cas) et pour ne rien arranger ils étaient résistants aux armes normales, seul l’argent leur faisait des dégâts complets. Ce qui n’était pas trop compliqué pour moi et Telos, j’avais une épée courte et lui une hache en argent, mais Louis … n’avait peut être qu’une poignée de flèches en argent qu’il avait payé les yeux de la tête et le fait que c’était le seul humain dans le noir rendait ses jets d’attaque à distance plutôt compliqués. Et comme des branques on se sépare, chacun essayant de tuer des adversaires de son côté, ce qui fait qu’on se retrouve tous pris en tenaille et pas franchement efficaces à tuer les divers packs d’hommes chèvres. On a dû en avoir … deux ou trois peut-être avant que Telos se fasse envoyer au tapis. Et là c’est l’angoisse totale, vu que c’est notre clerc et le seul membre du groupe qui a à peu près de quoi se défendre. Illico presto Louis et moi improvisons un plan : remonter en surface, se planquer et venir récupérer Telos. Ce qu’on fait, sauf que je rate mon jet de dissimulation et me fait griller. Je prends donc sur moi de partir en courant vers l’extérieur pour les attirer au loin, me faisant caillasser à l’article de la mort pour ma peine. Louis en profite pour repartir dans les profondeurs de la tour et faire boire toutes les potions qu’on a à Telos pour le remettre sur pied, Jules nous faisant explicitement une fleur quand on lui a demandé si, à tout hasard, les hommes chèvres morts n’avaient pas des potions de soins sur eux. Comme par hasard c’était le cas. Et un tout petit peu après voilà que les locaux reviennent. S’en est suivi une demi-heure si ce n’est plus de siège dans un escalier, avec Telos qui bloquait les chèvres qui essayaient de descendre avec son bouclier tandis que Louis fléchait par-dessus son épaule avec des dégâts divisés par deux à chaque fois vu qu’il n’avait plus de flèches en argent. Tout le monde était inquiet à mort, on se bouffait les ongles, notamment moi parce que je me demandais sincèrement si mon personnage allait être encore vivant quand ils remonteraient. Sans déconner, à la fin de la session la pièce empestait la sueur aigre, celle qu’on a quand on est nerveux et sans échappatoire avec des auréoles bien crades.

Une vraie calamité quoi.

samedi 24 août 2019

RPGaDAY 2019 #24 : Triomphe

Quand j’ai vu le terme là, j’ai directement su de quoi cette entrée allait parler. La première grande victoire, le succès, le triomphe comme le nom l’indique.

Revenons en arrière. En novembre 2016. La dernière fois qu’on avait joué, Dwarfram avait été quelque peu … imprudent dirons-nous et avait réveillé un cimetière entier de morts-vivants. Et c’est là-dessus qu’on avait coupé. La session commence, son personnage se fait couper un bras (on en avait parlé ) et il court en ville alerter tout le monde. Très sincèrement ça se présentait assez mal. Une trentaine d’ennemis, un fantôme intouchable dont ils ne connaissent pas la vulnérabilité. Até tente sa chance et tire sur le fantôme qu’il voit galoper au loin, hélas il n’arrive qu’à toucher sa monture et sans faire de gros dégâts. L’armée de morts, elle, se lance à l’assaut et du coup Louis leur envoie de la dynamite à la tronche, ce qui évacue une dizaine d’ennemis, déjà là on commence à y voir un peu plus clair. Mais parce que le karma riposte, Jesùs, le personnage d’Até se ramasse une balle dans la jambe et commence à pisser le sang. Il décide de foutre le camp et tente néanmoins le tout pour le tout : il m’annonce qu’il s’enfuit en courant, en boitant, terrassé par la douleur, mais tout en tirant au passage sur le fantôme chef des morts vivants. Autrement dit un gros malus à son jet. Il lance son dé … et fait pile assez pour toucher. Il lance la localisation … et ça touche à la tête ! Ce qui lui rajoute un joli paquet de dégâts, hélas pas assez pour le tuer. Mais tout le monde applaudit en cœur autour de la table, l’espoir renaît. Avec précautions quand même parce que tout le monde fonce se replier, Dwarfram arrive à distraire le fantôme en tirant dans son revolver qui ne semble pas éthéré lui, ce qui leur offre du temps. Un temps que Dwarf met à profit pour dégommer d’autres morts-vivants, tandis que Até lui … se retrouve nez à nez avec un cheval dans une arrière-cour, avant de bondir par-dessus la barrière de cette dernière et de tirer à couvert d’un arbre. Submergé, Dwarf décide de sortir lui aussi, l’ennui c’est qu’il n’a qu’un seul bras, et n’arrive donc pas à escalader la clôture. Ce qui fait qu’un mort vivant essaye de le croquer alors qu’il entreprend donc de ramper en dessous. Ni une ni deux Jesùs vise juste et arrive à l’abattre. Et c’est là que ça se gâte encore plus, car le fantôme, pareil à Renaud, a mis la main sur son flingue et il entend bien en découdre. Il bondit sur le perso de Dwarf et active un de ses pouvoirs. Lequel a pour effet de boire l’âme de la victime et de se booster avec si jamais elle échoue un jet opposé. Le jet a lieu … et Dwarf me fait quatre critiques d’affilés, tandis que je n’ai qu’un jet honnête certes mais bien dérisoire en comparaison. Sachant qu’il était allé boire avant la bataille pour faire passer la douleur de son membre fraîchement coupé j’ai déclaré que la seule chose que le fantôme absorbait c’était un rot de whisky. Et comme ça le fâche très très fort il se met à jouer du sabre. Autant dire que ça sent pas bon. Et c’est là qu’Até déclare qu’il tire. Et pas n’importe quel tir : un tir ciblé à la tête (-6), qu’il fait à la hanche au lieu de prendre le temps d’épauler (-2) plus son malus de blessure (-3). Ça fait beaucoup de si, vous admettrez. Il jette ses dés … ça ne rate que de deux points. Qu’à cela ne tienne, il décide d’utiliser un point de destin pour lancer un dé qui s'ajoute au total, ça va le faire non ? Le dé est lancé … et c’est un 1. Dégoûté il baisse les yeux remplis de défaite sur sa fiche, une ou deux secondes silencieuses passent … et il bondit comme un ressort. Du fait de son atout Chanceux, il a le droit de relancer le dé des points de destin si ce dernier fait un 1. Ce qu’il fait aussitôt et c’est un 7. La balle touche en pleine tête, avec la jolie quantité de dés qui va avec. Et cette fois le fantôme ne survit pas, s’évaporant en fin volutes de poussière qui tombent sur le perso de Dwarf. Autour de la table tout le monde est dingue de joie, pour vous dire même moi j’étais survolté, je me suis levé et j’ai fait un bisou sur la joue à Até pour le féliciter de sa victoire. Et on est allé fêter ça en se cherchant des pizzas, tous survoltés comme des gamins de six ans à se mettre des tapes sur l’épaule et autres high five. Un super souvenir de triomphe, comme le titre l’indique.

L'état des lieux

Je vais annoncer quelque chose de choquant : à la grande déception de beaucoup ... je ne suis pas mort. Trois ans que ce machin prend la pou...