lundi 24 août 2020

Fun clip #2

Le monde de la musique est vaste. Et à la longue, à force de pérégrinations et autres arrêts on finit par trouver encore plus de clips qui attirent l’œil. Et du coup, pour être très original j’ai décidé de me répéter et de vous offrir une autre séance de marade visuelle. Preuve qu’on peut faire de la bonne musique et se fendre la poire en même temps.

Belzebubs - Cathedral of Mourning

Né sous la plume de l’illustrateur finlandais J.P. Anohen (et je n’ai hélas pas pu en apprendre beaucoup plus, la faute au fait que la plupart des gens qui en parle le font en finlandais) Belzebubs était à l’origine une série de webcomics qui furent fusionnés en une BD éditée et vendue de façon légitime (est-ce que ça en fait le Sunstone du metal ?). Et forcément il y a eu l’album qui va avec. Un petit peu comme un Deathklok pour le death metal, tous les codes du genre sont présents et poussés à l’extrême et au ridicule par la même occasion. Mais exactement comme Deathklok on sent que les types qui font ça (d’ailleurs on ne sait pas trop qui sont les musiciens, ce qui en fait aussi le Gorillaz du black metal) le font en ayant compris les codes et en aimant le genre. C’est une plaisanterie prise très au sérieux si je puis dire. Et honnêtement la première fois que j’ai vu ce clip, j’y ai cru. Jusqu’à la moitié environ. L’esthétique faisait très Darkest Dungeon ou encore diverses illustrations de Jakub Rebelka, ce que j’appelle le “cartoon angoissant”. Un parti prit risqué vu l'étroitesse d’esprit qui peut sévir dans la scène black mais pourquoi pas. Et puis la chose craque, et c’est parti pour la marade intégrale. Surtout dans le sens où les personnages in univers sont témoins que ce qui se passe devient prodigieusement idiot et c’est encore meilleur. Et en plus, si le black est votre tasse de thé, le morceau claque bien. Un petit peu entre un Dimmu Borgir époque Enthrone Darkness Triumphant et du Craddle of Filth sans Dani le nain nerveux.

Salmo - Space Invaders feat Nitro

C’est très ridicule à dire, mais avant de me le prendre sur le coin du nez, je n’aurais jamais cru qu’il existait du rap italien. Ce qui est stupide en fait. Pourquoi il n’y en aurait qu’aux US et en France hein ? Il y a fallu que je tombe sur le morceau Blood Shake des hollandais de Dope D.O.D. pour réaliser ça. J’ai eu aussi un flashback de mes années Vampire : La Mascarade avec le clip, mais ça c’est une autre histoire. J’ai donc voulu savoir qui était ce type et sa carrière, et mine de rien j’ai trouvé une jolie mine d’or. Si vous êtes curieux cherchez du côté de son crew Machete Records, et ses divers acolytes, il y a de quoi faire. Mais pour revenir à l’individu Salmo lui même, le type a pas mal de cordes à son arc, hormis le côté gore/références cinéma trash (qui a dû jouer dans la connexion avec D.O.D., c’est leur truc aussi) le mec a un côté fan de pop culture et de faire le mariole costumé assez amusant. J’aurais pu parler du clip de Don Medellín ou de 1984 mais il y avait soit un peu trop de sérieux soit de références à ses albums passés donc ça ne collait pas. Alors que Space Invaders est pile comme il faut. Bourré de références, très drôle à regarder, bien rappé et assez “pertinent” sur la façon dont a évolué le cinéma dans la représentation des extraterrestres, des soucoupes volantes en aluminium, en passant par les monstres en latex, les reptiliens, les marques dans les champs de maïs et les robots géants qui cassent tout. Je pense franchement qu’ils ont dû se taper une énorme barre à pitcher tout ça.

Army of the Pharaohs - Terrorstorm

Army of The Pharaohs est un peu le groupe qu’on pourrait renommer Rappers Underground Hors de New York All Stars. Fondé par Vinnie Paz de Jedi Mind Tricks, lequel vient de Pennsylvanie, avec Ceph Tilted (de Floride), Crypt the Warchild (Pennsylvanie), Esoteric (du Massachusetts), Planetary (de Pennsylvanie aussi, Vinnie a fait croquer les copains) et Apathy (du Connecticut) la grosse pomme est bien loin. Pour être tout à fait honnête ça n’est pas un groupe extraordinaire, la faute au fait que … ça manque justement d'une énergie de groupe. Ils l’ont dit plusieurs fois en interview : les albums sont enregistrés dans divers studios et chacun envoie ses couplets par mail, s’ils se croisent activement c’est par groupe de deux ou trois et mine de rien ça se ressent. C’est très classique en terme de composition de morceau, chacun fait son couplet, de temps en temps il y a même le refrain qui décide d’aller pisser en laissant tout le monde en plan. Et du fait qu’il y a peu de contacts j’ai pas l’impression qu’ils fassent vraiment de morceaux à thèmes hormis les classiques égotrips du rap à base de patate dans la bouche, de concurrence qui se pisse dessus et ainsi de suite, pas non plus aidé par des prods assez génériques la plupart du temps. Et puis il y a Terrorstorm. A nouveau je ne sais pas qui a eu l’idée du clip, mais le résultat est juste hilarant. Le concept du crew de rappeur converti en une bande de catcheurs vénères qui se frittent contre une vraie équipe de catch. Ouais vous avez bien lu, les types masqués du clip c’est Chikara, un crew de catcheurs avec une certaine réputation dans le milieu. Le tout assaisonné de tricherie en tout genre et autre jeu d’acteur … expressionniste dirons nous. Moi ça me fait marrer.

lundi 10 août 2020

La foire aux mochetés : cette fois c’est joli

Oui du coup ça en fait un titre mensonger, mais je le vis bien. Parce que répandre la négativité ça n’est jamais une bonne chose, il y en a bien assez comme ça en ce bas monde pour ne pas en rajouter. Donc je me suis dit que c’était l’occasion de parler d’illustrations rôlistiques que j’aime bien, qui me parlent, que je trouve porteuses du jeu ou de l’idée qu’elles sont censées représenter. Forcément je risque d’être beaucoup moins caustiques et il y aura peut être des déçus, je ne m’excuserai pas, il faut du beau en ce monde.

Pathfinder - Book of the Damned

Wayne Reynolds aux pinceaux. Le type a fait ses débuts chez Wizard of the Coast puis chez Games Workshop avant de devenir LE monsieur derrière la ligne visuelle de Pathfinder. Honnêtement c’est pas le type le plus technique, ou le plus “fin” qui existe. Sur certains aspects son travail peut être un peu brouillon ou biscornu (ça par exemple, j’y connais rien en anatomie mais les cous ne ressemblent pas à ça !). Mais il y a un truc “chaud” dans son trait qui me parle et me donne envie de m’immerger dans son univers. C’est porteur tout simplement. J’ai hésité à mettre la couverture de Ultimates Intrigues pendant un moment, notamment pour le dynamisme qu’il y a dedans mais au final j’ai choisi celle de Book of Damned. Peut-être parce qu’il y a une succube à moitié nue qui fait un sourire plein de promesses ? En partie oui, mais pas pour les raisons que vous pensez. Book of The Damned est le livre officiel sur tout ce qui veut bouffer votre âme et qui porte des cornes maléfiques dans les diverses régions des enfers. À savoir les diables, les démons et les daemons. De premier abord ça peut sembler confus, j’en conviens. Et c’est aussi pour ça que j’aime bien ce dessin. Les trois personnages représentés sont un spécimen de chaque espèce : Le gros rouge c’est Dispater, un diable majeur et geôlier de l’enfer. Les diables étant le genre qui propose des pactes et qui aiment l’autorité, sa posture droite et sa main tendue, combinée au rouge et au sceptre colle très bien avec l’idée du mal organisée que défendent les diables. Puis vient la demoiselle, Nocticula de son p’tit nom. Seigneur démone de la luxure et des ténèbres rien de moins. Le but des démons est la débauche d’émotions, négatives bien entendu sinon ça ne serait pas des démons. Et en terme d’imagerie tout est là pour le suggérer, entre le physique de succube, la pose lascive, le petit sourire en coin et la main posée sur le lutrin en signe d’invitation, pour qui sait c’est évident. Et enfin le vieux. Charon, cavalier de l’Apocalypse et l’un des quatre Archideamon. Il est la personnification de la mort et de la décrépitude. A nouveau son charadesign parle pour lui, entre le visage vieilli, la toge trouée, le bâton qui ressemble à une canne et surtout la grande barbe. Tout chez lui hurle la mort, ce qui est le but des daemons : l’annihilation totale de toute chose. Je dois admettre que j’aime beaucoup cette couverture. C’est juste con que le père Reynolds ait changé son style pour la deuxième édition de Pathfinder en quelque chose … que j’aime beaucoup moins.

7éme Mer - Livre de base, 2ème édition

J’ai cherché pendant environ deux heures sans succès qui était l’auteur de cette illustration. Malheureusement la deuxième édition de 7ème Mer c’est trois quarts d’illustrateurs qui n’ont même pas de site internet, de blog ou de page Artstation donc ça a pas été évident. Les candidats les plus probables sont soit Shen Fei ou Giorgio Baroni. Mais vu que je n’ai pas pu trouver un quelconque aperçu du style des autres, je suis peut être complètement à côté de la plaque. Y’a même pas un petit sigle ou autre dans un coin de page pour m’aiguiller dans mes recherches. Si jamais la personne qui a illustré ça me lit, qu’il se manifeste … Ce n’est pas la meilleure illustration du monde sur le plan technique. J’ignore pourquoi, sur plusieurs dessins de 7ème Mer il y a cet effet un peu comme ça si on avait brossé la peinture alors qu’elle était à moitié fraîche. Peut-être est-ce une tentative de donner un côté d’époque aux illustrations. Ou alors le responsable des maquettes a fait un boulot de dégueulasse ? Quoi qu’il en soit, cette illustration est la première en double page qu’offre le bouquin, et elle est géniale pour ce qui est de poser le ton. 7ème Mer c’est la mer, le parfum d’aventure, l’identité des différents pays et des peuples qui en viennent et les personnages hauts en couleurs. L’aventure et la mer c’est juste toute ce qui est représentée dans la partie droite du dessin avec le navire et le ciel bleu sans aucun autre personnage, juste du décors pour faire sentir l’appel de l’aventure. Et à gauche les personnages, chacun identifiable avec leurs petits détails (que ce soit la jambe de bois de la demoiselle à gauche, la toque de fourrure de celle en rouge ou le combo barbe-manteau brodé du grand roux). Il n’y a même pas besoin de connaître les différents pays du jeu pour deviner qui vient d’où et projeter son imagination. C’est pour moi une des meilleures cartes de visite en intro de manuel que l’on peut proposer pour un joueur qui ouvre le livre et veut découvrir ce que le jeu a à proposer (et en plus la nouvelle d’intro de cette édition est l’une des meilleurs fictions d’ouverture que j’ai vu dans un bouquin de JDR ces dernières années.)

Numenera

J’ai pas mal hésité pour celle-là. Il y avait celle-ci (dont j’ignore qui est l’artiste) et celle de la page 100 de Numenera Discovery par Federico Musetti. Mais au final je me suis rendu compte que le dessin qui parlait le mieux de ce jeu … c’était tout bêtement sa couverture. Illustrée par Kieran J. Yanner, qui a pas mal bossé pour Donjons & Dragons 4éme Edition et pour Pathfinder, preuve que le monde est petit. Pour vendre l’univers assez unique qu’est Numenera (j’en parlais ici) je crois que cette couverture aurait difficilement pu être mieux. D’abord par la multiplicité des profils représentés, entre le type avec son bouc et son casque qui ressemble à celui d’un elfe du Seigneur des Anneaux de Peter Jackson, la demoiselle avec ses implants cybernétiques dans le front et les tempes, le dragon qui course un type en overboard, le mur de glace au pied du désert qui sert de fond et surtout l’obélisque qui occupe le centre de l’image. C’est d’ailleurs pas pour rien qu’il fait l’objet de la nouvelle d’intro du bouquin, histoire de renforcer l’intérêt du lecteur, sous le doux nom de Monolithe d’Ambre. Avec un nom pareil c’est obligé de vouloir en savoir plus sur la question non ? Avec ses tons chauds et son orange ultra marqué, cette couverture m’a tout de suite interpellé et fasciné. J’ai jamais pris le temps de finir de lire le bouquin, la faute à plein de projets et de manque de curiosité par moment quand j’ai le temps. Mais pour vous offrir un peu de behind the scene, c’est l’une des premières idées qui m’est venu quand j’ai voulu lancer ce projet d’articles. Et je l’ai fait.

Deadlands

En trois ou quatre ans de Deadlands (j’avoue que j’ai un poil dans la main pour compter), je crois qu’aucune image ne remplacera celle-ci en termes d’iconicité pour dire que ce qu’est Deadlands. Illustré par le légendaire Ron Spencer, cette couverture fut la toute première de la gamme Deadlands. Pour l’anecdote elle fut commandée facilement un an avant que quoi que ce soit ne soit finalisé au sein de l’univers, Shane Lacy Hensley avait cette image du cowboy à la peau desséchée avec deux colts et un regard d’affreux alors même qu’il couchait les premières notes d’univers. Jasper Stone de son nom, un personnage iconique et quelque peu menaçant du setting. En un sens il cristallise tout Deadlands : c’est un cowboy, ce qui est logique vu qu’on est dans un univers western, sa tête de cadavre montre bien que c’est un mort vivant, ce qui le relie à l’aspect surnaturel de l’univers, pour qui s'intéresse au sieur au dela du visuel il mettra forcément le nez dans le metaplot de l’univers et verra pourquoi c’est un JDR des 90’s malheureusement. Mais même avec le temps qui passe, je me perds encore à la regarder et à la savourer. Et je ne suis pas le seul parce qu’absolument toutes les éditions ont utilisés cette jaquette. Que ce soit la première édition, la version Révisée en 1998, la version D20 un an après, la version Reloaded dont j’ai parlé plusieurs fois ici. C’est presque l’ADN du jeu cette image !

Loup Garou : L'Apocalypse - Version 20ème anniversaire

Et voici de nouveau Ron Spencer ! Qui a pas mal bossé dans le milieu, notamment sur beaucoup de cartes Magic ainsi que plusieurs covers iconiques de Loup-Garou : L’Apocalypse. Notamment celle du Livre du Ver et de Time of Judgement. Autrement dit du sale, du musclé, du bien gore et viscéral. Je me souviens qu’il avait illustré pas mal de cartes noires pour Magic, notamment celle de Terreur dont rétrospectivement je me suis rendu compte que j’avais reconnu le style dans les couvertures de Garou. En un sens c’est ce qui rend cette illustration encore plus unique, parce qu’elle porte la patte (huhu) de Spencer sans aller dans le gore et le frontal. Plutôt l’inverse même, c’est une des illustrations qui représente la tribu la plus pacifique et calme de tout l’univers de Loup-Garou. Et ça se ressent, que ce soit par les couleurs très chaudes et claires avec le blanc et le jaune, l’aspect très doux de la silhouette du loup, la présence des fleurs et papillons à droite de l’image qui complètement le lien à la nature du personnage. Si on me demande c’est une des illustrations qui représentent le mieux Loup-Garou, avec une autre que j’ai sur un t-shirt mais dont je n’ai pas envie de parler. Des mauvais souvenirs que j’ai pas encore réussi à laver. Peut-être une autre fois …

lundi 27 juillet 2020

To battle and victory !

La guerre … Il paraît qu’elle ne change jamais. En tout cas c’est Ron Perlman qui le dit donc je veux bien y croire. Je vais être clair d’emblée : je ne suis pas un de ces historiens fantasmeurs de passés glorieux militaires et autres onaniste sur des supposées batailles héroïques. J’aime mes pantoufles, mon pyjama avachi et si je dois m'entraîner pour un truc ce sera pour faire une sauce aux calamars à l’ail correcte. Mais néanmoins j’ai toujours été un grand lecteur de fantasy et, même au-delà de ça, il faut admettre que la fiction fait la part belle à l’héroïsme et à la gloire des affrontements. Listez vos films préférés et y’a de grandes chances qu’ils comportent des affrontements et autres batailles. Et pareil pour les trois quarts des légendes et mythes où ça se fout allègrement sur la gueule. Entre le Ragnarok, la Guerre de Troie, la chanson de Roland, Seth qui se tape contre Apophis chaque nuit, le choix est vaste … Offrons nous donc le refuge de la fiction sur ce coup-là et partons dans quelques mélodies évoquant les glorieuses batailles et autres bottages de cul épiques. Mais faites l’amour et pas la guerre quand même. Je précise

Nokturnal Mortum - Valkyrie

Bon je vais le dire tout de suite, parce qu’il faut être franc et savoir confronter les sujets qui fâchent : oui, il y a une partie de leur carrière où Nokturnal Mortum a joué du NSBM, National Socialist Black Metal, pour ceux qui ne savent pas. Oui c’est chaud de se dire qu’ils ont fait des textes et morceaux sur le fait de chasser le moustique avec le bras droit en compagnie d’autres copains au crâne rasé. Et au nom de ça vous avez tout à fait le droit de ne pas vouloir écouter leur musique si ça vous met mal à l’aise. Quand bien même les albums suivants ont totalement arrêté ce style de sujet et cette couleur politique. D’ailleurs pour être tout à fait franc, c’est parfois chaud de juger de la couleur politique de pas mal de groupes qui en apparence ne font que parler d’Odin, de mythologie nordique et autre beauté des fjords de leurs pays mais ça … Valkyrie donc ! Au premier abord c’est pas un morceau extraordinaire. Notamment parce qu’il est un peu plombé par son intro de 3 minutes qui ressemble à du black metal assez ordinaire au final, à base de gros son saturé et de chant hargneux pas franchement différent de d’habitude. Jusqu’au moment où ça n’est plus le cas. Pour une raison que j’ignore, même si j’ai lu qu'apparemment ils revendiquent fortement l’influence de Pink Floyd sur leur façon de composer, ça devient un truc ultra atmosphérique et mélodieux, gonflé à l’epicness et à la classe. Sans déconner une fois passé trois minutes tout est du caviar auditif qui ne cesse de prendre de la qualité. Et c’est ultra évocateur surtout. L’impression de voir une charge triomphante, une bataille juste où ça défonce du démon héroïquement à tour de bras ou une quelconque percée victorieuse.

Dimmu Borgir - Blood hunger Doctrine Instrumental

J’ai déjà évoqué les gars de Dimmu Borgir il y a bien longtemps. Et je vais pas me répéter encore une fois. Commercial, vendu, pas authentique, blablabla on connaît la chanson. Ce serait passablement chiant que j’ai à revenir encore dessus. Et pour changer d’avant, cette fois on est sur une version instrumentale. Coupée un peu dégueulassement par un type qui a dû faire ça via Windows Movie Maker ou un truc du style, parce que c’est fait avec si peu de soin que même moi j’aurais fait pareil, c’est dire ! Mais honnêtement on s’en tape. Un morceau tiré de l’album Death Cult Armaggedon, qui est pour moi le dernier “vrai bon album” de Dimmu Borgir (In Sorte Diaboli sorti après est très sympa mais il sent le repos sur les acquis) notamment avec tout l’orchestre symphonique en appui derrière. Certains vous dirons que le black sympho c’est de la merde, ignorez-les. Je trouve ce morceau, débarrassé des grognements de gobelin qui soigne sa cuite de Shagrath, assez … monumental en fait. Il tombe avec lourdeur, notamment dès que l’orchestre s’emballe. On a l’impression d’entendre les lances être levées vers le ciel, l’exaltation d’une putain de croisade et la victoire la plus pure. Non vraiment j’aime ce morceau et j’aime Dimmu Borgir.

Mick Gordon - The Only Thing They Fear Is You Medieval Remix

Celle-là je la dois à l’amigo Klone. Il se trouve que depuis quelques temps on se fait des soirées stream. En général il me stream un truc et je me bois un thé ou un truc frais (selon la température) et on discute. Parfois même je sers de copilote et suggère des trucs. M’est même arrivé de prendre la main via Parsec. Et c’est dans une de ces fameuses soirées que je l’ai matté joué à Doom Eternal. Ce fut bourrin, sauvage, il y avait de la tripe partout et j’ai eu le tournis à fort de le voir énucléer des cacodémons. Et la musique nom de dieu. Du bon gros metal ultra vénère, parsemé de distorsions et autres ajouts électroniques qui donnait au tout une énorme énergie et un côté cacophonique absolument parfait pour défourailler de partout. Mais aussi efficace que c’était, c’était … un petit peu classique à sa façon. Sans vouloir manquer de respect ou autre hein, c’était plus ou moins du gros metal industriel qui tâche, en modernisé avec l’avancement des technologies et sonorités, notamment une touche presque dubstep en un sens. Et puis il m’a envoyé cette version-là. Réorchestrée en Medieval Hardcore Black Death s’il vous plaît. Et c’était juste parfait comme il fallait. Le côté plus médiéval rendait la bataille nettement plus orientée arcs, flèches et épées que fusils à pompes et explosions, tout en gardant le côté violent et énervé de la chose et l’ajout de chœur qui renforce le côté guerre sainte contre les légions de l’enfer. En bref ça tue.

lundi 13 juillet 2020

Rubrique Ciné #3 : Les Indestrucibles et parfois un sale message

Au commencement était le troll. Et puis je me suis rendu compte que c’était pas tant une blague que ça. Je m’explique : j’ai pitché cet article … début 2018 je dirais. Et c’était une blague que j’avais pensé sortir pour un article de 1er avril en 2019 comme l’avait été mon précédent du genre. Sauf qu’à l’époque je pataugeais dans pas mal d’histoires personnelles, plus d’autres articles qui ont eu la priorité, notamment le dossier sur Hellblazer qui a demandé beaucoup de temps et de recherches en amont, sans parler du traitement de l’info et de la relecture. Notez que c’est pas grave parce que j’en suis ultra fier et qu’il méritait le temps que je lui ai consacré pour le résultat qu’il a donné. Je me suis donc dit que j’allais faire ça pour le premier avril 2021 du coup. Et puis le confinement a eu lieu donc j’ai eu le temps de cogiter sur un paquet de trucs. Entre autres comment j’écrivais divers papiers, sur mon inaptitude à finir mes nouvelles, sur pourquoi le mythe Arthurien me fascine, sur la façon que j’ai de faire les 100 pas dès qu’un appel téléphonique dure plus de 10 minutes et … sur le fait que cet article qui était censé être une blague n’en était pas vraiment un. Ho bien sur j’aurais pu le jouer sur le ton de la vanne et le sortir en 2021 pour le 1er avril. Mais plus j’y réfléchissais et moins j’en avais envie. Donc je vais parler de ça au premier degré, des fois on n’a juste pas envie de rire. Donc on va parler des Indestructibles et des possibilités de sales messages dans une œuvre, intentionnels ou non.

Histoire de contextualiser un truc ou deux, je me dois de faire un disclaimer et parler un peu de moi. J’ai été militant handicap pendant un certain nombre d’années, ai été dans le bureau d’une association d’autistes et j’ai une RQTH personnelle. Donc c’est pas impossible que ma vie personnelle impacte ma vision de l’œuvre. Ayez ça en tête avant de dégainer les calibres et autres barres à mines. Merci bien. Et j’aime beaucoup ce film, je ne suis pas en croisade ou je ne sais quelle mission que certains voudront peut-être me prêter. Merci bien²

Les Indestructibles donc … Sorti en 2004, produit par Pixar, écrit et réalisé par Brad Bird (qui sera plus tard aux manettes du très jubilatoire Mission Impossible 4, il y a une claire parenté entre les deux). Qu’est-ce que ça raconte ? Grossièrement l’histoire de Mr. Indestructible et sa petite famille, forcés par la réaction du public à vivre une vie d’américains banlieusards moyens, privés de la possibilité d’être héroïque et se tapant une crise de la quarantaine jusqu’au moment où un mystérieux individu le fait sortir de sa retraite. Lequel s’avère être un ancien fan tordu, Syndrome, qui a fomenté un plan pour faire de lui (le fan hein, pas Mr. Indestructible) un nouveau super-héros aux yeux du public. Naturellement le reste de la famille s’en mêle, super-pouvoirs, scènes mémorables, bonne écriture, musique superbe et fin avec famille unie et à nouveau les supers héros accueillis à bras ouverts. Honnêtement j’adore ce film. Mais. Il faut parler du message du film. Enfin selon les gens avec qui je parle il y en a plusieurs. Selon mon meilleur ami c’est un film sur l’importance de l’union d’une famille et il faut le regarder comme un film de spy-fy et non de super héros (quand je parlais de Mission Impossible hein …). Et il n’a pas tout à fait tort, mais ce n’est pas la mienne et vu qu’on est sur mon blog bah … Pour moi le film parle avant tout d’être soi-même. Une grande partie du film repose sur le fait que les supers ont une vie normale et donc de merde parce qu’ils ne peuvent être qui ils sont réellement, avec pouvoirs et héroïsme, contraints à une vie de gens ordinaires. Et clairement tous les personnages trouvent un épanouissement personnel dès que le fait qu’ils acceptent des héros. Que ce soit Mr. Indestructible qui est montré comme plus heureux, en meilleur état physique et un meilleur père, Violette qui gagne en confiance, Flèche en maturité et ainsi de suite. Et c’est un bon message en tant que tel. Après tout c’est important de ne pas avoir à travestir qui on est pour autrui et l’acceptation de soi est importante. On ne peut pas ignorer la souffrance de bon nombre d’individus LGBTQI+ forcés de se cacher par exemple. Je suis ok avec ce message. Mon problème c’est la façon dont il est matérialisé dans les faits et son “revers” si je puis dire. Je préviens ceux qui sont en retard de 16 ans : je vais spoiler comme un crasseux.

Le problème donc … Vous le croirez si je vous dis qu’on se retrouve avec un message au carrefour entre le déterminisme, le validisme voir l’eugénisme ? Ouais je sais, ça sonne gros dit comme ça. Et pourtant j’ai eu ce sentiment bizarre dès la première fois que j’ai vu ce film. Ce qui remonte facilement à plus de quinze ans. Je l’ai déjà dit, étant handicapé moi-même, j’ai toujours prêté attention à tout ce qui parle de différences entre les individus et de l’écart de naissance. Le film Stuart Little m’a fait chialer comme une madeleine quand je l’ai vu petit et que je me suis identifié à mort au personnage titre. Montrez Stuart Little à vos gosses si vous en avez d’ailleurs. Ce qui me tue encore aujourd’hui c’est que c’est réalisé par M. Night Shyamalan … Qu’est-ce que vient faire Les Indestructibles là-dedans ? Hé bien le fait est qu’à la fin de la séance, je n’ai pas pu m’empêcher de penser que les demandes du bad guy étaient, à leur base tout du moins, plutôt légitimes. A la base, je le précise, je reviendrai aussi sur le point-là. La raison qui pousse Syndrome a devenir un méchant est le fait qu’il est rejeté par Mr. Indestructible au début du film alors qu’il voudrait devenir son sidekick. Recevant la chose comme un affront par rapport à sa normalité il se tourne vers l’invention et devient l’équivalent dans ce monde d’un super vilain. Son plan étant de passer pour un super héros puis plus tard de vendre ses inventions pour que “tout le monde soit super”. Alors par contre, en faisant des recherches sur les diverses opinions qu’avaient les gens sur ce film, j’ai trouvé un paquet de machins claqués par terre donc je vais prendre le temps de les balayer là. Je ne vais pas vous expliquer que Syndrome est le vrai héros et que Mr. Indestructible est un bigot de l’avoir repoussé parce que ça n’est pas le cas. Syndrome est un gosse inconséquent et narcissique et qui n’avait rien à foutre là en plein milieu d’une scène de crime alors qu’il est même pas majeur. De même je ne crois franchement pas que le film soit une illustration des théories de Ayn Rand (pour ceux qui ne connaissent pas : une vieille bique auteure/philosophe des années 50, mère de l’objectivisme, qui est une philosophie visant à exalter l’individu au-delà de tout sans aide aucune. Une sorte de mélange foireux entre du libéralisme et du proto-Nietzsche si tout du moins j’ai compris ce que j’ai lu dessus, c’est fort nébuleux cette merde). Ou même du Nietzsche tout court sur la mentalité de la foule ou je ne sais plus quel nom exact porte la vision de ce syphilitique allemand barjot. J’admettrais une possible parenté avec Watchmen dans le propos même si chacun opère une déconstruction du genre de super héros d’une façon très différente. Et maintenant que c’est fait, je vais passer à mon propos à moi.


Comme je le disais avant, le film essaye de dire qu’il faut être soi-même avant tout et de ne pas s’enfermer dans une place qui n’est pas la nôtre et pour laquelle on n’est pas fait. Sauf … que ce sont des super héros qui prêchent la chose. Ils sont super bordel ! Évidemment que c’est cool d’être plus rapide, plus fort et ainsi de suite que la normale ! Et le fait de placer le déclencheur initial du méchant dans la volonté d’accéder à ce statut justement créé un sérieux problème pour moi. Je parlais d’eugénisme et de validisme parce qu’au final le propos est qu’il faut être “bien né” pour arriver à faire des choses. Ici on parle de super pouvoirs explicites mais on peut sans trop de difficultés étendre le propos à “tout”. Surtout que si on y regarde bien Syndrome n’est pas non plus tout à fait ordinaire. En tout cas je connais peu de gens ordinaires qui arrivent à créer des robots géants, des rayons Zéro-G et des drones miniatures. Présentez-moi vos amis si c’est votre cas. Mais il semblerait que l’esprit ne compte pas. Seuls les supers prouesses qui défient les lois de la nature comptent. Et c’est là qu’est le déterminisme puisque le fait que Syndrome parle de rendre tout le monde super quand il le décidera. Ce qui est présenté comme l’équivalent d’un acte d’hubris. Dans l’univers des Indestructibles nul ne doit sortir de la place qui lui a été donné semble-t-il. Et vraiment, je comprends pas comment ils ont fait pour ne pas voir cet aspect-là de la chose. Sérieusement, tout au long du film les gens “ordinaires” sont en dessous des supers et sont présentés pour la plupart comme faibles, inefficaces ou mauvais. Que ce soit le patron de Mr. Indestructible qui est un requin des assurances, les flics et l’armée inefficaces dès qu’ils apparaissent, les professeurs de Flèche qu’il tourne en ridicule et n’est jamais puni pour ça au final. A chaque fois il leur faut un Fort sur lequel s’appuyer ou s’incliner. Ça me tue vraiment. Il aurait simplement suffi de montrer des gens ordinaires réussir à faire des choses sans besoin des supers, ou même mettre un super qui tenait ses pouvoirs du fait de la technologie et toute cette partie du message qui peut être reçue de façon très nauséabonde. Ce qu’ils n’ont pas fait. Et ça me rend triste parce que j’aime vraiment beaucoup ce film. Même encore maintenant avec cette lecture là en tête. Et je n’ai pas vu le deuxième opus. J’étais parti en voyage quand il est sorti si ma mémoire est bonne. Je crois que je m’entrainais avec des moines de Shaolin, mais je ne suis pas sûr du tout. Ou alors je prenais des canards en photo au bord d’un lac de montagne. Je ne sais plus. Quoiqu’il en soit, peut être que le 2 nuance ce que j’ai pu dire et rattrape le message. Je l’ignore. Je ne désire pas le voir. Pour une raison qui n’a aucun rapport : le doubleur de Mr. Indestructible dans le premier, c’était Marc Alfos, lequel faisait également la voix de Russel Crow et d’énormément de perso de jeux vidéos. Il nous a quitté en 2012. J’avais un tel affect à sa voix que je savais que le film ne serait pas le même sans lui au doublage. Donc je ne l’ai jamais regardé par raisons sentimentales.

Et c’est sur cette note sans trop de rapport que je conclus ce que je pense des Indestructibles. C’est une suranalyse comme il y en a plein sur le net. Mais vu que c’est mon blog et mon opinion, c’est celle-là que je publie et je fais ce que je veux.

L'état des lieux

Je vais annoncer quelque chose de choquant : à la grande déception de beaucoup ... je ne suis pas mort. Trois ans que ce machin prend la pou...