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lundi 10 août 2020

La foire aux mochetés : cette fois c’est joli

Oui du coup ça en fait un titre mensonger, mais je le vis bien. Parce que répandre la négativité ça n’est jamais une bonne chose, il y en a bien assez comme ça en ce bas monde pour ne pas en rajouter. Donc je me suis dit que c’était l’occasion de parler d’illustrations rôlistiques que j’aime bien, qui me parlent, que je trouve porteuses du jeu ou de l’idée qu’elles sont censées représenter. Forcément je risque d’être beaucoup moins caustiques et il y aura peut être des déçus, je ne m’excuserai pas, il faut du beau en ce monde.

Pathfinder - Book of the Damned

Wayne Reynolds aux pinceaux. Le type a fait ses débuts chez Wizard of the Coast puis chez Games Workshop avant de devenir LE monsieur derrière la ligne visuelle de Pathfinder. Honnêtement c’est pas le type le plus technique, ou le plus “fin” qui existe. Sur certains aspects son travail peut être un peu brouillon ou biscornu (ça par exemple, j’y connais rien en anatomie mais les cous ne ressemblent pas à ça !). Mais il y a un truc “chaud” dans son trait qui me parle et me donne envie de m’immerger dans son univers. C’est porteur tout simplement. J’ai hésité à mettre la couverture de Ultimates Intrigues pendant un moment, notamment pour le dynamisme qu’il y a dedans mais au final j’ai choisi celle de Book of Damned. Peut-être parce qu’il y a une succube à moitié nue qui fait un sourire plein de promesses ? En partie oui, mais pas pour les raisons que vous pensez. Book of The Damned est le livre officiel sur tout ce qui veut bouffer votre âme et qui porte des cornes maléfiques dans les diverses régions des enfers. À savoir les diables, les démons et les daemons. De premier abord ça peut sembler confus, j’en conviens. Et c’est aussi pour ça que j’aime bien ce dessin. Les trois personnages représentés sont un spécimen de chaque espèce : Le gros rouge c’est Dispater, un diable majeur et geôlier de l’enfer. Les diables étant le genre qui propose des pactes et qui aiment l’autorité, sa posture droite et sa main tendue, combinée au rouge et au sceptre colle très bien avec l’idée du mal organisée que défendent les diables. Puis vient la demoiselle, Nocticula de son p’tit nom. Seigneur démone de la luxure et des ténèbres rien de moins. Le but des démons est la débauche d’émotions, négatives bien entendu sinon ça ne serait pas des démons. Et en terme d’imagerie tout est là pour le suggérer, entre le physique de succube, la pose lascive, le petit sourire en coin et la main posée sur le lutrin en signe d’invitation, pour qui sait c’est évident. Et enfin le vieux. Charon, cavalier de l’Apocalypse et l’un des quatre Archideamon. Il est la personnification de la mort et de la décrépitude. A nouveau son charadesign parle pour lui, entre le visage vieilli, la toge trouée, le bâton qui ressemble à une canne et surtout la grande barbe. Tout chez lui hurle la mort, ce qui est le but des daemons : l’annihilation totale de toute chose. Je dois admettre que j’aime beaucoup cette couverture. C’est juste con que le père Reynolds ait changé son style pour la deuxième édition de Pathfinder en quelque chose … que j’aime beaucoup moins.

7éme Mer - Livre de base, 2ème édition

J’ai cherché pendant environ deux heures sans succès qui était l’auteur de cette illustration. Malheureusement la deuxième édition de 7ème Mer c’est trois quarts d’illustrateurs qui n’ont même pas de site internet, de blog ou de page Artstation donc ça a pas été évident. Les candidats les plus probables sont soit Shen Fei ou Giorgio Baroni. Mais vu que je n’ai pas pu trouver un quelconque aperçu du style des autres, je suis peut être complètement à côté de la plaque. Y’a même pas un petit sigle ou autre dans un coin de page pour m’aiguiller dans mes recherches. Si jamais la personne qui a illustré ça me lit, qu’il se manifeste … Ce n’est pas la meilleure illustration du monde sur le plan technique. J’ignore pourquoi, sur plusieurs dessins de 7ème Mer il y a cet effet un peu comme ça si on avait brossé la peinture alors qu’elle était à moitié fraîche. Peut-être est-ce une tentative de donner un côté d’époque aux illustrations. Ou alors le responsable des maquettes a fait un boulot de dégueulasse ? Quoi qu’il en soit, cette illustration est la première en double page qu’offre le bouquin, et elle est géniale pour ce qui est de poser le ton. 7ème Mer c’est la mer, le parfum d’aventure, l’identité des différents pays et des peuples qui en viennent et les personnages hauts en couleurs. L’aventure et la mer c’est juste toute ce qui est représentée dans la partie droite du dessin avec le navire et le ciel bleu sans aucun autre personnage, juste du décors pour faire sentir l’appel de l’aventure. Et à gauche les personnages, chacun identifiable avec leurs petits détails (que ce soit la jambe de bois de la demoiselle à gauche, la toque de fourrure de celle en rouge ou le combo barbe-manteau brodé du grand roux). Il n’y a même pas besoin de connaître les différents pays du jeu pour deviner qui vient d’où et projeter son imagination. C’est pour moi une des meilleures cartes de visite en intro de manuel que l’on peut proposer pour un joueur qui ouvre le livre et veut découvrir ce que le jeu a à proposer (et en plus la nouvelle d’intro de cette édition est l’une des meilleurs fictions d’ouverture que j’ai vu dans un bouquin de JDR ces dernières années.)

Numenera

J’ai pas mal hésité pour celle-là. Il y avait celle-ci (dont j’ignore qui est l’artiste) et celle de la page 100 de Numenera Discovery par Federico Musetti. Mais au final je me suis rendu compte que le dessin qui parlait le mieux de ce jeu … c’était tout bêtement sa couverture. Illustrée par Kieran J. Yanner, qui a pas mal bossé pour Donjons & Dragons 4éme Edition et pour Pathfinder, preuve que le monde est petit. Pour vendre l’univers assez unique qu’est Numenera (j’en parlais ici) je crois que cette couverture aurait difficilement pu être mieux. D’abord par la multiplicité des profils représentés, entre le type avec son bouc et son casque qui ressemble à celui d’un elfe du Seigneur des Anneaux de Peter Jackson, la demoiselle avec ses implants cybernétiques dans le front et les tempes, le dragon qui course un type en overboard, le mur de glace au pied du désert qui sert de fond et surtout l’obélisque qui occupe le centre de l’image. C’est d’ailleurs pas pour rien qu’il fait l’objet de la nouvelle d’intro du bouquin, histoire de renforcer l’intérêt du lecteur, sous le doux nom de Monolithe d’Ambre. Avec un nom pareil c’est obligé de vouloir en savoir plus sur la question non ? Avec ses tons chauds et son orange ultra marqué, cette couverture m’a tout de suite interpellé et fasciné. J’ai jamais pris le temps de finir de lire le bouquin, la faute à plein de projets et de manque de curiosité par moment quand j’ai le temps. Mais pour vous offrir un peu de behind the scene, c’est l’une des premières idées qui m’est venu quand j’ai voulu lancer ce projet d’articles. Et je l’ai fait.

Deadlands

En trois ou quatre ans de Deadlands (j’avoue que j’ai un poil dans la main pour compter), je crois qu’aucune image ne remplacera celle-ci en termes d’iconicité pour dire que ce qu’est Deadlands. Illustré par le légendaire Ron Spencer, cette couverture fut la toute première de la gamme Deadlands. Pour l’anecdote elle fut commandée facilement un an avant que quoi que ce soit ne soit finalisé au sein de l’univers, Shane Lacy Hensley avait cette image du cowboy à la peau desséchée avec deux colts et un regard d’affreux alors même qu’il couchait les premières notes d’univers. Jasper Stone de son nom, un personnage iconique et quelque peu menaçant du setting. En un sens il cristallise tout Deadlands : c’est un cowboy, ce qui est logique vu qu’on est dans un univers western, sa tête de cadavre montre bien que c’est un mort vivant, ce qui le relie à l’aspect surnaturel de l’univers, pour qui s'intéresse au sieur au dela du visuel il mettra forcément le nez dans le metaplot de l’univers et verra pourquoi c’est un JDR des 90’s malheureusement. Mais même avec le temps qui passe, je me perds encore à la regarder et à la savourer. Et je ne suis pas le seul parce qu’absolument toutes les éditions ont utilisés cette jaquette. Que ce soit la première édition, la version Révisée en 1998, la version D20 un an après, la version Reloaded dont j’ai parlé plusieurs fois ici. C’est presque l’ADN du jeu cette image !

Loup Garou : L'Apocalypse - Version 20ème anniversaire

Et voici de nouveau Ron Spencer ! Qui a pas mal bossé dans le milieu, notamment sur beaucoup de cartes Magic ainsi que plusieurs covers iconiques de Loup-Garou : L’Apocalypse. Notamment celle du Livre du Ver et de Time of Judgement. Autrement dit du sale, du musclé, du bien gore et viscéral. Je me souviens qu’il avait illustré pas mal de cartes noires pour Magic, notamment celle de Terreur dont rétrospectivement je me suis rendu compte que j’avais reconnu le style dans les couvertures de Garou. En un sens c’est ce qui rend cette illustration encore plus unique, parce qu’elle porte la patte (huhu) de Spencer sans aller dans le gore et le frontal. Plutôt l’inverse même, c’est une des illustrations qui représente la tribu la plus pacifique et calme de tout l’univers de Loup-Garou. Et ça se ressent, que ce soit par les couleurs très chaudes et claires avec le blanc et le jaune, l’aspect très doux de la silhouette du loup, la présence des fleurs et papillons à droite de l’image qui complètement le lien à la nature du personnage. Si on me demande c’est une des illustrations qui représentent le mieux Loup-Garou, avec une autre que j’ai sur un t-shirt mais dont je n’ai pas envie de parler. Des mauvais souvenirs que j’ai pas encore réussi à laver. Peut-être une autre fois …

lundi 27 janvier 2020

La foire aux mochetés : Deadlands

J’ai déjà évoqué précédemment le fait qu’on n’est pas toujours très bien servi en termes d’illustrations pour ce fameux loisir qu’est le JDR. Et figurez-vous que ça m’a énormément amusé de faire cette collecte à travers mes différents bouquins en PDF. Donc j’ai décidé de recommencer et de vous régaler de quelques trucs bien nazes commentés. Vous êtes prêt ?


Tiré du Book o’ The Dead, le livre sur les morts vivants de Deadlands. Ce qui est bien c’est que c’est signé. Andy Park est aux crayons et … ça ressemble pas à grand chose. Enfin si, ça ressemble à un type qui a peur d’un totem ambulant. Mais franchement, un totem avec la tronche là vous ça vous fait peur ? Déjà faudrait qu’il ait de quoi se déplacer, parce qu’on va pas me faire croire que ses deux bras de chétifs qu’il arrive à aller bien loin. Sans parler de la tête du milieu qui tire une tronche digne de moi quand j’ai la colique et que je galope pour arriver dans une cabine libre. Celle du haut … j’imagine que c’est censé représenter un aigle royal noble et féroce. Tout à fait entre vous et moi je trouve qu’on dirait plus une mouette qui déprime, très franchement on pourrait en faire un meme. J’ajouterais que le personnage n’est pas franchement mieux, que ce soit l’angle très bizarre de ses jambes, notamment vis à vis de la perspective avec le reste du décor, et son visage fait avec trois coups de crayon et aplats de noir. On ne sait pas trop ce que c’est censé vouloir dire son expression. Le pire dans l’histoire c’est que y’a un Jon marqué juste au-dessus, ce qui me fait dire qu’il a eu un coup de main de Loston Wallace, autre illustrateur de la gamme, les deux sont crédités en duo dans le bouquin. Ce qui est grave quand même si même avec de l’aide il ne produit que ça ! J’ajouterai que l’illustration n’a pas franchement un grand rapport avec le chapitre où elle figure mais ça … Andy Park aujourd’hui … j’ai trouvé un homonyme qui bosse sur les concepts du Marvel Cinematic Univers, j’ignore si c’est le même mec, le niveau est pas brillant non plus mais au moins c’est pas dégueulasse non plus. Mais le CV du Andy Park de Marvel ne mentionne nulle part Deadlands donc j’en suis réduit à spéculer.

 
Celle là je ne saurais donner l’auteur. C’est soit Ashe Marler soit Tom Bondolillo, tous les autres qui ont participés à Ghost Dancers, le livre sur les indiens de Deadlands, signent leurs illustrations. Le/la premier(e) est inconnu au bataillon, j’ai cherché sur le net mais rien de rien, je serais donc incapable de vous dire qui peut être cette personne. Bondolillo, si c’est le même est un illustrateur de comic … dont les seuls scans qui existent sont baveux, et on retrouve quelques contributions sur Deadlands : Hell On Earth. Néanmoins le style de visuel et de technique est assez éloigné (Hell On Earth avait une charte graphique assez différente mine de rien, notamment avec beaucoup de trucs qui sonnaient débuts de Photoshop) donc dur de déterminer par les similarités. Si y’a des amateurs du monsieur je veux bien un avis. Bon pour être tout à fait honnête, ce dessin n’est pas “moche”, il est juste ridicule. Autant y’a un paquet de trucs pas bien illustrés et de monstres craignoss, autant de ce que je m’en souviens Deadlands évite assez bien le fanservice un peu crétin. Enfin jusque-là. Et sans doute dans un hommage enamouré de Donjons & Dragons on a droit au perso féminin en bikini, qui n’est même pas en cotte de maille en plus ! Et si on veut en rajouter une couche histoire de, c’est presque raciste comme illustration vu qu’elle vient du bouquin consacré aux personnages amérindiens dans les campagnes de Deadlands. Genre les apaches se sappent comme des amazones maintenant ?


Par élimination je pense qu’on peut attribuer la paternité de ce dessin à Geoff Hassing, encore un type sur lequel je n’ai rien trouvé, à part qu’il a officié sur quasi toute la première gamme de Deadlands avant de disparaître dans la nature, ça devait sûrement être un copain de Shane Lacey ou un truc du genre qu’ils ont traîné à bord. En l’occurrence ce dessin a le mérite d’être cohérent avec le livre où il figure, Huckster & Hexes, dédiés aux “magiciens” de Deadlands. Il représente le combat entre Edmond Hoyle, inventeur de la magie moderne et Ernst Birren, sa Némésis et terrifiant mage noir. Enfin c’est censé être ça, parce qu’entre nous ça ressemble plus à un combat entre Einstein et un SDF. Einstein qui envoie des bulles de savon géants à un SDF qui porte des bas-résilles ! En Sibérie qui plus est ! Pour le détail très amusant : cette illustration a disparu de la version française, comme si le traducteur s’était dit que même ça, ça pouvait pas passer. Moi ça me fait marrer.


Enfin j’y arrive ! C’est cette illustration qui m’a donné envie de faire cet article et de dire tout le “bien” que j’en pensais ! Vous avez déjà vu le boulot de Andy Park accompagné en début d’article, et bien là tremblez face à Andy Park seul ! C’est juste … pas bon. Je comprends l’intention, je crois, de faire un dessin au crayon noir sur fond blancs avec des traits assez légers, ça peut offrir du charme au tout. Sauf que pour ça il faut déjà que les formes dessinées aient de la présence et de la personnalité. Là en l’occurrence on a plus affaire à des gribouillis et des esquisses pas finies. Ce qui est regrettable vu que le concept représenté ici est un moment important dans l’histoire de l’univers : en gros les indiens de Californie qui s’associe avec des chinois taoïstes pour le bien commun. Y’avait quand même moyen de payer Paul Daly pour qu’il fasse un truc super cool non ? Mais au lieu de ça on a … une pirate qui cause avec un type qui a un phénix sur les fesses à côté d’un shaman qui semble avoir des bois de cerf sur la tête à cause d’un mauvais effet de décors, ledit shaman parlant à un type qui semble avoir une superbe gueule de bois pendant que ce qui ressemble à un mexicain les juge en arrière-plan. Merci Andy Park pour une bouille pareille, y’a pas à dire.


Photoshop est sorti officiellement pour Windows en 1992, on peut donc théoriser qu’en 1999 c’était encore un truc plus ou moins rare et pas aussi maîtrisé, si y’a des historiens du logiciel je veux bien leur avis. Toujours est-il que je pense sincèrement que la couverture de Blood Ol’ Muddy a été faite avec des balbutiements numériques dégueulasses. Les aplats de couleurs sont affreux, le tout semble être fait avec une seule texture par zone (regardez le poncho de la demoiselle aux cheveux couleurs mimolette et osez me dire le contraire). Notez aussi que la demoiselle a un bassin qui ne dépareillerait pas dans un dessin de Rob Liefeld (pour ceux qui ne connaissent pas voici un aperçu) Et parce qu’un malheur n’arrive jamais seul nous avons également des horribles hommes … crotte/chocolat fondus aux yeux verts démoniaques qui sont supposément effrayants … si vous avez la phobie des excréments et de la fondue au chocolat. Et ma touche préféré reste l’indien en fond, déjà parce que son espèce de cape donne l’impression qu’il a absolument pas de bassin, ses espèces de rayons qui sortent de ses mains pour former … un bréchet ? Mais rien ne peut dépasser sa bouche bien trop grande ouverte pour un type qui aurait encore des dents. Nous avons donc affaire à un indien ritualiste invocateur d’os de poulet sans bassin ni dentition. Made in Matthew Tice.


Canyon O’ Doom est une aventure importante pour le metaplot de Deadlands, sans elle il n’y a pas tout ce qui fera notamment le postulat de départ de The Last Sons, campagne très importante pour l’univers. Enfin je dis ça … comme les trois quarts des trucs années 90 en JDR, tout se passe en hors champ des joueurs qui sont plus là pour assister à ce qu’il se passe qu’à réellement interagir. Mais je digresse sur ce qui nous intéresse ici, c’est plutôt cette création de Jacob Rozen (parfois crédit Jay Rozen, allez comprendre …). Un artiste qui a pas mal officié sur Deadlands, tout Canyon o’ Doom est illustré par lui, et si son niveau est moyen, il arrive à avoir quelques visuels sympas malgré tout. Ses illustrations dans Rascals, Varmints & Critters sont plutôt honnêtes aussi. Mais ça … Je suis désolé mais non. C’est censé être le portrait d’un PNJ qui apparaît dans le scénario pour potentiellement aider les joueurs. Un PNJ … chinois. Oui ce n’est clairement pas apparent, entre son cou de taureau long de vingt centimètres de plus que le commun des mortels, son menton qui est soit une ligne sur sa gorge soit un piton rocheux, sans parler de l’aspect ultra … carré de tout le visage. J’imagine que si Picasso avait pu faire de la chirurgie esthétique à son enfant à sa naissance il l’aurait modelé comme ça. Et je ne vais pas parler de la forme des épaules qui m’évoque un peu celle d’un playmobile avec les bras montés sur un axe parce que je ne veux pas m’acharner sur plus faible que moi.


Bon cette fois je ne vais pas dire trop de mal du bouquin lui-même, Dead Presidents est une bonne aventure. Quelque peu rigide par moment et avec ses petits défauts, mais au moins (leur fin approchait d’ailleurs …) Pinnacle avait compris que c’était aux joueurs d’être les héros et les moteurs de l’intrigue, pas des spectateurs de choses qu’ils ne comprenaient pas. J’avoue juste que la dédicace de l’auteur est bizarre “To the Eternal Memories of Jefferson Davis, Robert E. Lee [...], Paladins of The Lost Cause” qui sonne un peu comme un hommage sudiste mais je vais pas m’attarder là dessus, c’est pas le sujet. Ce qui nous intéresse c’est ce dessin de Cheyenne Wright, il ou elle a bossé sur plusieurs bouquins de Deadlands et officie toujours sur Deadlands Noir aujourd’hui d’ailleurs. D’ailleurs c’est affreux à dire mais sur certains aspects son style a régressé un gros coup. Parce qu’en temps normal je précise que son niveau est meilleur que cette illustration-là. Illustration qui nous montre deux veuves qui sont censé aider les personnages joueurs avant de les trahir pour les bombarder de sortilèges maléfiques. Le personnage de gauche est encore relativement normal en termes de dessin et de proportion, il y a juste son visage qui est très étrange, avec ses lèvres trop grosses et l’effet … d’un seul bloc de ses cheveux. Par contre sa copine … On ne va pas parler de l’axe de son bassin, elle a visiblement une scoliose carabinée et ça fait très mal ces choses-là. J’ignore si on a le droit de dire d’une dame qu’elle a un coup de taureau donc je vais éviter. Pareil pour les mentons carrés digne des pires itérations de Batman. J’ai le droit du parler qu’elle n’a pas de nez ? Allez je vais quand même dire que la façon dont ses cheveux sont dessinés est juste horrible. On dirait un mélange entre une perruque de Pamela Anderson et un début de pompadour raté. J’ose même pas imaginer la tronche des joueurs si je leur montrai ça et leur disait “les deux sorcières vous attaquent !.”. Niveau crédibilité de la menace on a vu mieux ...

lundi 8 juillet 2019

La foire aux mochetés : Le Monde des Ténèbres

Le Jeu de Rôle est un loisir absolument fascinant pour ce qu’il inspire à l’imaginaire de chacun. En effet en entendant la voix suave de playboy du MJ, chacun est amené à se faire une image mentale de ce qui se passe, d’aucun voyant le maire du village comme un vieux crouton gâteux, tandis que d’autres le verront noble et distingué tel un Jean Rochefort local. Cela dit, il y a souvent à la base des images mentales de chacun un référentiel commun. Ledit référentiel étant souvent fourni par les bouquins du jeu que tous les joueurs pratiquent et se sont vraisemblablement passé entre eux. Et dans le genre je peux dire qu’on a des bouquins superbement illustrés, avec des illustrateurs qui ont une sacrée patte genre Ron Spencer ou Guy Davis par exemple. Ron Spencer qui est notamment le père de la première couverture de Deadlands que j’évoquais dans la série des RPG-A-Day. Mais il n’y a point de bien sans le mal qui va avec. Et aujourd’hui j’ai envie de vous parler des gros trucs de merde qui peuvent parsemer les divers bouquins que j’ai pu avoir entre les mains. Donc pour vos p’tits yeux émerveillés, une sélection personnelle à thème Monde des Ténèbres. Essentiellement parce que c’est l’univers que j’ai le plus lu en terme de volume et … parce que. Voilà.


Je commence par ce … truc, tiré de Caerns, Lieux de Pouvoir. L’avant dernier chapitre est dédié à parler d’une base des méchants de l’histoire : la Ruche de la Trinité, située sur le site des premiers essais nucléaires. Et la gardienne de cette ruche d’affreux jojos c’est Zhyzhak, qui est facilement une des antagonistes les plus dangereuses du jeu quand on voit la tronche de ses stats. Et pour un tel antagoniste il faut une illustration à la hauteur non ? Hé bah non. C’est Sam Inabinet qui s’y colle, après avoir officié sur divers bouquins du Monde des Ténèbres. D’ordinaire son style est correct/passable à base de gros aplats de noir et de blanc, ça fait le travail décemment même si clairement c’est pas Christopher Shy ou Vince Locke dans le style. Et pour représenter la menace et la violence quoi de mieux qu’une espèce de … caricature de loup, qui tire une tronche sortie d’un mauvais livre pour enfant ? Et encore, si vous leur achetez des bouquins comme ça c’est que vous aimez pas vos enfants, honte à vous de ne pas leur lire Claude Ponti d’ailleurs. Et parce qu’il faut insister sur le fait que c’est une méchante, pourquoi ne pas rajouter un arsenal cuir type BDSM ridicule hein ? Sans parler de la horde de clébards ridicules à ses pieds. La première fois que j’ai vu ce dessin, j’ai dit au Lobbyisé c’est un dessin fait par ton petit cousin à qui on a dit de dessiner un monstre, et entre temps il a découvert la pièce secrète de papa et maman”. C’est ma seule explication au degré de nullité de ce machin. Mais ce n’est pas encore fini …

Les deux choses qui suivent sont les déjections, parce qu’il n’y a pas d’autres mots, de Leif Jones. Qui violera aussi les illustrations de la V20 de Vampire : La Mascarade mais quand bien même ça sent l’étron ce n’est rien face à ces deux cas là.


Montreal By Night doit être un de mes bouquins favoris pour Vampire : La Mascarade. A la fois parce qu’il est foutrement bien construit en terme d’intrigues, de personnages et de pistes pour un MJ, et parce que c’est un des rares livres de la gamme qui arrivent à rendre le Sabbat (une faction du jeu) à la fois intéressants, monstrueux mais pas stupidement cartoon. En plus le tout est chouettement illustré, notamment par Christopher Shy que j’ai mentionné un peu avant. Du coup tomber sur du Leif Jones dedans est un peu comme … manger une glace sur une terrasse en été et recevoir une fiente de piaf dans sa coupe en plein milieu de la dégustation. Donc on a ce mec qui une rangée de dents plus proche de la pierre tombale que de l’ivoire dentaire, avec une ombre sur la figure qui n’a absolument aucun sens, coursé par ce qu’on devine être un vampire, mais qui d’un œil extérieur ressemble plus à un rockeur bourré qui lui hurle des gros mots. Oui c’est ridicule et mal dessiné. Mais inoffensif on va dire. Mais j’avais besoin de poser cette crotte là avant de passer l’énorme chiure qui suit. Âmes sensibles s’abstenir.


Oui c’est dégueulasse. Et ça n’a pas franchement de “vraie” raison d’être là. Enfin si. La shock value de merde dont le Monde des Ténèbres s’est parfois rendu salement coupable. Allez essayons d’être juste : dans le bouquin Montréal est décrit comme un endroit où les vampires agissent quasi à découvert et se livrent à leurs débauches et autres perversions sans se gêner. Une bonne illustration aurait transmis ce malaise potentiel et l’horreur de voir une cruauté gratuite et inhumaine à l’œuvre. Une bonne illustration. Là on a un Marilyn Manson femme avec un gode ceinture ayant violé une femme dans une pissotière pour prélever un échantillon, le tout avec une perspective qui est un crachat à la gueule de la perspective en dessin. Et ça ne sert à rien. Je me souviens avoir vu cette illustration en 2015 cela dit quand une nana expliquait via des guides d’interprétation de perso sur DeviantArt (longue histoire) que c’était la preuve que White Wolf visait (très mal) le public LGBTQ+. Oui ça sentait l’argumentaire tumblr mais ça me reste encore en tête aujourd’hui et j’avais envie d’en parler. Je pense sans mal pouvoir retrouver l’article en question en plus …


Alex Sheikman est l’auteur de cette … “merveille”. Dans un bouquin qui est là pour parler des Arpenteurs Silencieux, une des tribus jouables de Loup Garou : L’Apolycapse. Quel est le rapport avec l’histoire du clan ? Aucun. Pourquoi y a t il un loup-garou très mal dessiné qui tient une goth égyptienne à moitié dévêtue dans sa patte griffue ? Aucune idée non plus. Pourquoi le collier de la demoiselle ressemble à un mélange entre un collier à piques de gothique en cinquième et une ... algue ? Toujours 0% de réponses. Vous noterez aussi que la lune a la rougeole et qu’on dirait sincèrement que le garou a l’air de vouloir commencer les préliminaires. On ne demandera pas non plus pourquoi la demoiselle saigne de la lèvre. C’est ça ou alors elle bave. Et j’ignore ce qu’est censé être les points en bas de sa robe. Un motif ? Une imitation de mur qui a servi à fusiller des prisonniers politiques ? Un hommage vibrant aux trous du gruyère ? Je n’en sais rien. Et je sais pas si je veux le savoir d’ailleurs.


Cette illustration est magnifique. Non j’vous jure. Vraiment. C’est à peu près comme ça que je m’imagine si un militant des droits animaux venait à faire une dépression et dessinait sa version des Idées Noires de Franquin sur la souffrance animale mais sans le talent qui va avec. Bon au moins cette fois-ci l’illustration a un rapport clair et net avec le sujet du bouquin. On y parle des Uktena, une tribu amérindienne qui a souffert de la colonisation de l’ouest sauvage et de la chasse mené par les colons. Au moins thématiquement ça marche. Par contre visuellement … J’ai cherché un peu ce qu’avait fait Steve Eidson, qui a enfanté ça. Son boulot porte essentiellement sur des illustrations de Vampire : The Eternal Struggle, un jeu de cartes adapté de l’univers de Mascarade. Et clairement le fait d’avoir plus de place ne lui a pas fait du bien. Entre le fait qu’aucune ligne du dessin ne semble vouloir être droite, l’effet encre de chine diluée avec beaucoup trop de flotte (c’est ça ou il a renversé son encre et essayé d’éponger comme il pouvait avant de dire fuck it et de continuer par-dessus), le chien malheureux qui est littéralement une carpette, la fourrure au mur qui est fait cartoon mignon pour enfant (sérieusement on croirait qu’il sort de Genz Gys et Khan !) et le bras de la gamine qui est juste … flippant tant rien n’est anatomiquement correct. Preuve que la conquête de l’Amérique fut vraiment horrible !


Ne sachant pas trop ce qu’il en est ou non des histoires de copyright j’ai préféré noircir le texte, ne m’en voulez pas. De toute façon ce n’est pas les règles qui nous intéressent ici. C’est ce putain de macaque ! Comme la fois avant, il y a une raison logique à la présence de ce singe. Vu que le pavé de règle explique comment se lier à l’esprit du Singe, grand fourbe et trompeur tiré des légendes chinoises (Sunwu Kong pour ceux à qui ça parle) j’imagine que ça se veut une représentation de l’esprit en question. Qui ne ressemble à rien, à part un singe avec une banane … C’est pas le summum de la classe pour un esprit qui a réussi à tromper tout le paradis jusqu’à ce que Buddha lui fasse une entourloupe ? Non ? Je le pense aussi. Et vous allez sans doute me demander pourquoi il y a Joe le vieux prospecteur d’or du Far West derrière. Hé bien … je n’en ai foutrement aucune idée. Je galéré à retrouver le père de ce pâté à l’encre noir. Par élimination dans les artistes crédités du bouquin c’est Mike Chaney qui en est le papa, et en regardant le reste de son portfolio y’a rien qui surnage en terme de qualité. Mais quand même le gorille là ...


Allez, le dernier clou du cercueil pour cette fois-ci, faudrait pas que je vous laisse la rétine complètement défoncée non ? Je n’ai hélas pas pu trouver l’auteur de ce crime contre l’art. Le bouquin dans lequel on le trouve a été illustré par pas moins de huit illustrateurs différents, et si certains sont reconnaissables dans leur style, j’ai fait choux blanc dans mes recherches pour les autres. Donc ce dessin aura au moins la protection de l’anonymat pour lui. Donnons-lui son seul bon point : il est raccord avec la page où il figure, vu que cette dernière parle d’un sort de vol d’âme ou un machin du style. Après je ne sais pas pour vous mais j’imaginais pas que voler son âme à quelqu’un consistait à lui faire des cheveux spaghettis en pâte à modeler. Surtout si le type a une tronche de Sid Vicious à qui on aurait fait de la chirurgie esthétique ratée. Et qui serait un vampire en plus. Le tout dessiné avec un reste de crayon de papier pas très bien taillé tenu par le peu qu’il reste entre le pouce et l’index. J’aurais vraiment aimé savoir qui a fait ce truc, histoire de voir si je pouvais pas ricaner encore plus. Mais hélas la vie est comme ça …

Je m’arrête donc ici, j’ai choisi d’exclure d’autres trucs, notamment les trois quarts de la production de Leif Jones encore une fois, ce type est vraiment mauvais mais j’ai pas envie de m’acharner. Néanmoins il y a un truc positif à tirer de tout ça : si vous êtes un artiste amateur, dites vous que ces machins ont été approuvés et publiés, ça veut dire que pour un peu, si vous faites des efforts, vous aussi vous avez votre chance !

L'état des lieux

Je vais annoncer quelque chose de choquant : à la grande déception de beaucoup ... je ne suis pas mort. Trois ans que ce machin prend la pou...