Affichage des articles dont le libellé est Dark Heresy. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Dark Heresy. Afficher tous les articles

mercredi 25 octobre 2023

L'état des lieux

Je vais annoncer quelque chose de choquant : à la grande déception de beaucoup ... je ne suis pas mort. Trois ans que ce machin prend la poussière, d'aucuns auraient pu espérer. Mais j'aime décevoir, le monde n'est pas devenu un lieu meilleur, donc je suis encore là.

Et bordel il s'en est passé des choses en trois ans. Le premier confinement qui nous a un peu tous prit par surprise. Que j'ai passé à faire des concours de pets sur Discord. L'entredeux, qui nous parait si loin. Le second confinement qui fut un enfer. L'entredeux dont je ne me souviens pas. Le troisième qui n'en était pas vraiment un. Et un gloubiboulga derrière assez flou. Et moi dans tout ça ? Pour la faire très simple, j'ai eu la chance ... de rencontrer quelqu'un au sortir du premier confinement. Avec qui ça a cassé juste avant le second. Et autant vous dire que la suite fut gore et que la santé mentale a prit cher. Et ... c'est à peu près tout ce qu'il y a à dire sur le sujet. Plus des divergences d'avis et autres avec certains potes. Donc des ponts coupés avec certaines personnes qui furent présentes dans les articles de ce blog. Ma vie privée mérite pas plus d'explications. Juste que pisser copie sur quoi que ce soit de ludique était compliqué dans les circonstances là. Donc j'ai raccroché les gants, quand bien même ce blog a une palanquée d'articles en brouillon qui pourraient voir le jour. Considérez ça comme mon œuvre posthume. Ou une merde du genre.


Pour en revenir sur le sujet de ce blog, il y a eu un paquet de JDR néanmoins. Qui ont vécu, sont morts, morts-nés, épanouis, coulés et tant d'autres.

Fin 2019 j'ai fait une après-midi Hellfrost avec des amis d'amis. Enfin je dis ça ... aujourd'hui je ne suis plus ami avec aucune de ces personnes mais bon ... Le but était de faire découvrir à une amie à eux. Laquelle a été super réceptive et j'ai senti qu'elle s'éclatait tout du long. Rarement vu quelqu'un prendre autant de notes alors que je racontais, par la bouche d'un PNJ ménestrel, les différentes légendes des feys de ce monde. Le reste fut ... un peu de la merde. Notamment à cause d'un type dont je ne me souviens même pas le prénom qui était l'exemple parfait du joueur qui insiste. Je ne crois pas dans ces fadaises de "Le MJ est tout puissant" mais à un moment quand on te pointe quatre fois la porte, tu passes pas par la fenêtre. Combiné au fait qu'il radotait sur divers choses qu'il avait accompli dans d'autres parties, comme si c'était des titres de gloire qu'il se devait de brandir pour épater la galerie. Je passerai sur ses dessins dégueulasses qu'il nous foutait sous le nez pour nous expliquer que son pote apprenti tatoueur allait lui faire pour 100 balles même pas (en général ça veut surtout dire que vous allez vous faire piquer dans un garage insalubre et avec des lignes dégueulasses ça. Avec une possible septicémie offerte en prime. Pas vraiment de quoi plastronner). Et le fait qu'il m'a sorti de but en blanc qu'il allait me mettre une droite, pour aucune raison. Bref, pas franchement une réussite. Je les ai pas recontacté.


Tout début 2020, pendant le premier confinement on a failli jouer à Hellfrost : Lands of Fire. Autrement dit la version arabian-fantasy de Hellfrost. Avec des djinns, du désert, des tapis volants, des sultans et des gobelins-chameaux. Oui, vraiment. L'idée est née un peu comme ça, entre poire et fromage sur une conversation Discord, alors qu'on essayait tous de s'occuper l'esprit et que mon PC était trop vieux pour faire tourner Borderlands 3. Bressan, un ami à Klone  (ou était-ce Roger ?) avait évoqué que le jeu de rôle lui manquait. Et on se faisait chier. J'ai évoqué mon passé personnel de MJ et j'ai senti que j'avais piqué l'intérêt des gens dans la conversation. Et du coup j'ai eu envie de divertir tout le monde. Mais j'ai eu l'intelligence de ne rien promettre ni annoncer. J'ai fouillé dans mes papiers, retrouvé un vieux scénario de Deadlands qu'on avait joué il y a fort longtemps, et me suis appliqué à le convertir en Lands of Fire. A peu de choses près tout aurait marché (juste compliqué de faire une équivalence pour un fusil à canon scié dans un univers qui est au Moyen-Age niveau armement) sur le plan narratif. Sur le plan mécanique ... c'est là que le bas a blessé. J'ai essayé de trouver de quoi jouer en ligne, et le truc que tout le monde recommandait pour ça c'était Roll20. Et laissez moi vous dire que Roll20 et Savage Worlds ça fait pas bon ménage. Non seulement je galérais à découvrir et comprendre comment les choses marchaient, mais en plus faire en sorte que ça marche pour les mécaniques particulières de Savage Worlds ... ho boy. Pas moyen d'y arriver. Donc je n'en ai pas reparlé, j'ai laissé ça dans un tiroir. Et ça y croupit toujours. J'ai failli ressusciter la chose en présentiel en milieu d'année. Mais les gens à qui j'ai proposé de jouer ont choisi un autre univers donc ça n'a pas eu lieu. Un jour quand même je ferai une version propre de la chose, prête à l'usage pour qui la veut. Ce sera ma BA.



Milieu 2020 il y a eu Hellfrost, avec ma compagne de l'époque, Klone (que vous avez déjà croisé dans une partie de Hellfrost, comme par hasard) et deux autres types qui s’appelaient tous les deux Ben. Et ... bah ça n'a pas vraiment démarré. On a joué deux sessions avant que la merde ne s'installe entre moi et Lady Loir (ouais faut bien lui donner un semblant de nom). Plus les dispos de chacun. Et un souci de ... compréhension du thème du jeu. Je m'explique : Hellfrost part du postulat que dans l'ensemble, les joueurs vont essayer d'être des personnages vertueux et un minimum héroïques. Et dans le cas présent, je n'avais pas dû être assez clair là dessus, ou eux n'avaient pas forcément eu envie de l'entendre. Ce qui a donné lieu à un moment de flottement très bizarre à la fin du premier acte du scénario. Scénario du commerce, je le précise. Lequel présupposait que les joueurs, une fois le premier nœud délié, allaient vouloir chercher la source du merdier qui avait frappé le village où ils passaient. Et ... pour eux le souci était réglé, ils avaient sauvé trois quatre gugusses, dont un chasseur de rats dont ils voulaient voler le chien, et pis pouf. Et on n'a jamais rejoué. Ce qui me fait dire que d'un, Lair of the Vermin Lord n'est pas un scénar super bien pensé. De deux, que si jamais on rejoue à Hellfrost un jour, faudra vraiment que j'insiste sur l'aspect héroïque du cadre pour que ça ne se reproduise pas. Un coup d'épée dans l'eau en somme. Et ici commença une longue période de vide sans JDR. Ce fut fort triste, j'étais pas bien, envie de crever et j'en passe.


Le temps a passé. Début 2021 j'ai essayé de combattre le mal par le mal et donc de faire quelques vagues trucs contre la déprime. Ai contacté plusieurs amis et leur ai dit que j'allais m'offrir un cadeau d'anniversaire en me servant d'eux. Je voulais maitriser et ils allaient venir jouer fin avril avec moi. Et en vrai plusieurs ont répondu présents, ce qui faisait plaisir. Sauf qu'on a eu un énième confinement dans la gueule, je ne sais plus le combientième, mais pour la plupart c'était hors de leur cercle de déplacement permis. Donc ce Deadlands pour moi à moi d'anniversaire a atterri dans la cuvette des chiottes. Et quelques mois ont passés. J'ai essayé de me motiver. Ce que j'ai dit à Dwarfram (ouais, il est toujours là lui). Et il m'a du coup glissé quelques noms d'individus intéressés. Et ... ça a fait son nid, certains ont répondu présents, d'autres se sont désistés, des remplaçants ont été trouvé et ... on a lancé un groupe de Deadlands ! Composé de moi à la maitrise, Dwarfram, Wein dans les têtes familières, et Floppa et Bwah, deux frangins. Qui a duré environ un an et demi. C'était plutôt chouette. Elle a surtout pâti de beaucoup de réécritures en cours de route de ma part. Ne sachant jamais trop si on jouait l'aventure de la semaine ou un long fil narratif, j'ai changé de cap un certain nombre de fois. D'abord pour les amener vers Salt Lake City pour la "quête perso" d'un des joueurs, sauf qu'au final non. Puis le but a été de les faire se diriger vers l'Ouest vers un bled qui est le catalyseur de toute une mini campagne où ils auraient dû se fritter contre diverses menaces venues de leurs passés. Puis j'ai changé encore d'avis et lancé Les Serres de Nuit, une campagne fanmade faite par un français. Qui était ... en dents de scie à vrai dire. La faute a un passage à bord d'un train qui a un peu trop duré, j'en assume la complète responsabilité, ça a tué le rythme de progression. Et pas non plus aidé par le fait qu'autant certains passages étaient plein de bonnes idées, d'autres étaient ... moins bons, mais fallait les jouer quand même. J'avais pas nécessairement la foi de tout réécrire et remanier. D'où un rythme parfois un peu bâtard aussi. Et puis est venu le coup de grâce : Wein nous a quitté. Physiquement seulement hein. Son boulot l'a fait déménager loin et il n'avait pas forcément envie de revenir les week-ends pour voir nos tronches. On a questionné un peu alentour pour trouver un remplaçant à la table. Mais sans succès. Donc, comme son nom l'indique, Deadlands est mort. Qu'il repose en paix. C'aura été de bonnes sessions, et la première fois qu'un joueur me faisait un switch de personnage durant la partie. Bwah s'était lassé de son premier personnage, il m'a demandé de manager la sortie de l'ancien et l'arrivée du nouveau. Ce fut intéressant. Et j'ai vachement pu bosser mes ambiances horrifiques.


Du coup, a-t-on arrêté de jouer ? À Deadlands oui. Mais pas au jeu de rôle ! Dés qu'on a eu la nouvelle du départ de Wein on a fait le tour de nos copains. Et j'ai dit que personne n'avait répondu présent, ce n'était pas tout à fait exact. Personne n'était présent pour Deadlands. Mais pour jouer ... Il faut savoir que pendant un long moment, quelqu'un relisait mes scénarios/me servait de source d'inspiration via conversation : l'ami Klone. Autrement dit, je lui spoilais le scénario. Et vu que ce chapitre était clos, je lui ai proposé de venir pour autre chose. A savoir ... Dark Heresy. Le JDR de Warhammer 40 000 où on joue l'Inquisition. Et c'est ce qu'on est en train de faire en ce moment. Commencé récemment et ... c'est à peu près tout. C'est déjà pas mal. Ça m'amuse beaucoup parce que beaucoup de choses du plan de campagne ont été écrites il y a plusieurs années. Genre 2017-2018. Ce qui parait presque être une toute autre vie vu le temps passé et tout le bordel qu'il y a eu depuis.


A côté de ça j'ai un paquet d'autres trucs dans les cartons. Ma précommande de la 4ème édition de Fading Suns qui doit arriver l'an prochain. Pareil pour Saga of Seasons, un kickstarter pour une campagne dark fantasy de Donjons & Dragons dont j'ai acheté la cinquième édition. Quelqu'un doit me passer la version française de Changeling, The Lost quand elle sortira. Ce jeu là attire fort mon attention pour le postulat et les idées que l'on peut y déployer. Aussi griffonné des choses sur Vampire, Dark Ages, soit Vampire La Mascarade mais au Moyen-Âge. Le tout impliquant la quête du Graal. On verra si j'arrive à finir de rédiger ça et que ça fait envie à quelqu'un. Aussi acheté BloodlLust en début d'année, et autant le système a l'air bordélique, autant l'univers me fait très envie, quelqu'un m'a passé une conversion des règles en D100 donc ça ne sera peut-être même pas un problème. Et tant d'autres. Peut-être que j'en parlerai ici ou pas. On verra.


Au moins vous savez que je suis encore vivant.

lundi 21 octobre 2019

Réflexions sur la conception d'un système de règles #3 : Interprétation

Les choses trouvent toute une fin, et après avoir parlé des bases et de la violence, je crois qu’il est temps de conclure. Comment me demanderez-vous ? En allant d’une certaine façon au-delà des mécaniques. Parce que oui, ces dernières sont importantes et sans elles, il y a des chances que rien ne tienne debout. Néanmoins on parle de jeu de rôle non ? Et de façon intéressante c’est un sujet sur lequel peu de jeux font la même chose, pour ne pas dire aucun. Je pense qu’on expliquer ça par le fait que l’aspect rôle en question est assez dur à définir. Si on remonte à la préhistoire du genre, c’est à dire Chainmails de Gary Gygax le rôle en question c’était la fonction militaire/stratégique du personnage et ça transpire notamment dans les deux premières éditions de Donjons & Dragons, avant que la 3éme édition ne tende à accentuer l’aspect roleplay, notamment par la multiplicité des classes qui ouvraient d’autres portes que juste des placements stratégiques. Le tout ayant, je pense, été influé par Vampire : La Mascarade dont l’édition révisée était sortie en 1998, Donjons & Dragons 3éme édition lui sort en 2000, faites vos calculs. De façon intéressante c’est, je pense, Donjons & Dragons et Vampire qui ont donné les trois quarts des pistes de développement de ce qu’on peut littéralement qualifier de règles de rôle. Ce qui est un concept intéressant à sa façon parce qu’on aurait tendance à penser que l’interprétation est justement hors de portée des chiffres, calculs, probabilités et autres aspects mathématiques de la chose. Vrai et faux à la fois je dirais. Vrai parce que techniquement l’attitude et ce qu’est vraiment une personne est quasi impossible à résumer à des facteurs aussi simples que des règles, ou alors ce sont des règles de comptables et à ce moment-là bonjour le fun et la spontanéité … Faux parce que tout aussi complexe que cela puisse être, il est toujours possible de créer un canevas pour cadrer l’évolution des choses, et j’insiste sur le terme cadrer, l’idée n’est pas de contrôler. Et je pense qu’on appliquer ce cadre à plusieurs éléments de l’interprétation/construction de son personnage. Les dits cadres étant ce qui va suivre ...



La moralité : Cet aspect-là est assez complexe à mettre sur pied mine de rien. Est-ce que vous souhaitez que votre jeu dispose d’un quelconque compas moral interne ou non ? Les antis vous diront que c’est de la connerie : en tant qu’espace de créativité et de liberté, votre jeu de rôle n’a pas à inclure ce genre de barrière, chacun fait ce qu’il lui plait. Et techniquement il y a beaucoup de vrai là-dedans. Nous vivons dans un monde qui est cadré par une certaine morale héritée de nos aïeux, et sans partir dans un truc nietzschien y’a des choses aujourd’hui qui n’ont plus nécessairement leurs places en terme de valeurs. Sans compter le fait que l’on a tous nos biais et autres partis pris qui peuvent être parfois gênants quand on tente de les imposer comme valeurs générales au sein d’un univers fictif. Un exemple qui me vient comme ça c’était un vieux bouquin de Dark Sun qui expliquait pourquoi posséder un esclave n’avait rien d’illégal ou de “mauvais” dans cet univers et patati et patata. Je m’en serai volontiers passé je l’admets sans mal. Mais tout n’est jamais aussi simple sinon je n’aurais aucune raison d’écrire sur divers sujets du genre depuis plus d’un an maintenant. Et en l’occurrence j’ai parlé il y a bien longtemps de l’utilité d’avoir un cadre précis pour faire les choses. Ce n’est pas sur le même plan, il est vrai, mais néanmoins c’est une phrase qui reste vraie. L’exemple le plus connu du genre c’est évidemment l’alignement dans Donjons & Dragons. Vous pouvez être sûr que si vous lâchez ce mot dans une bande de rôliste vous allez déclencher un débat de huit heures minimum, avec empoignades en option selon à quel point les participants s’apprécient ou non en amont de la discussion. Mais quel que soit les considérations de chacun sur le sujet, au moins la chose a le mérite de vous offrir deux ancrages : votre “vertu” personnel et votre positionnement face aux codes de la société. D’aucuns diront que c’est quelque chose que les vrais n’ont pas besoin de marquer ça sur leurs fiches mais qu’ils aillent voir ailleurs si j’y suis. Surtout qu’il est, selon moi, toujours bon d’établir des lignes communes à tout le monde plutôt que les “moi je pense que …” et autres “à mon avis c’est …”. Un gain de temps significatif à mon humble avis. Et tout simplement la moralité peut être un “but” du jeu. Je vous sens perplexe donc je vais m’expliquer. J’ai parlé un peu plus tôt de White Wolf et Vampire : La Mascarade et j’y reviens enfin. En effet lorsqu’il a été vendu, ce dernier portait une tagline du genre “a game of personnal horror”, ce qui implique soit un jeu où on se retrouve à avoir peur de son ombre ou bien quelque chose de très axé sur le développement du personnage. Vous êtes intelligent, vous avez donc compris qu’on parle du second cas. Vampire a toujours placé un accent important sur l’évolution personnel des joueurs et comment leurs avatars composent avec le fait d’être un mort-vivant avide d’hémoglobine, de là sont nés les Voies d’Illuminations. Lesquelles constituent un système de valeurs personnelles pour se créer un ancrage. Un ancrage qui peut être complètement alien à la morale humaine d’ailleurs mais néanmoins une morale. Je pense par exemple à la Voie des Métamorphoses où littéralement le but est de devenir quelque chose de transhumain par application des pouvoirs vampiriques. Et cette moralité, appliquée ou justement enfreinte à des effets en jeu, d’où l’importance d’un squelette mécanique pour l’appuyer. Si toutefois c’est ce que vous souhaitez placer dans vos règles. Le choix est vôtre je le rappelle

L'alignement en une image

Le comportement : Certains pourraient croire que je fais doublon, il n’en est rien, je sais exactement ce que je fais. Tout est sous contrôle. Car avoir des valeurs et la façon d’agir sont à mon sens deux choses distinctes, et donc par pure logique deux pans de règles différents. A nouveau vous pouvez faire le choix de ne pas placer des règles là-dessus, après tout ça peut très vite devenir une contrainte, surtout que les gens sont loin d’être aussi monodimensionnel que deux traits de caractères marqués sur une fiche. Genre vous, vous arrivez à vous définir en deux adjectifs ? Et ne me sortez pas les salades que vous balancez à un entretien d’embauche par pitié. Il n’y a donc pas de raison qu’un personnage fictif que vous incarnez ne soit pas lui aussi doté de multiples facettes. Mais à nouveau l’inverse est vrai aussi. Avoir des marqueurs fixes est une bonne chose pour qui apprécie des repères nets et clairs. Et j’ajouterai que la contrainte peut rendre créatif. Vous avez des kilos d’histoire sur pourquoi untel ou untel ne pouvait pas faire ce qu’il voulait pour son œuvre et a dû contourner la difficulté et ainsi créer quelque chose de mieux. Hé bien là c’est pareil. On vous en a déjà parlé Até et moi, on considère que les handicaps, notamment ceux qui touchent à la personnalité de votre personnage. C’est un très bon apport pour les joueurs qui veulent se donner des pistes de roleplay, avec possibilité qui plus est d’être récompensé s’ils s’appliquent à suivre les lignes qu’ils se sont donnés. Là où par exemple le fameux paladin loyal bon peut se retrouver puni de ne pas bien jouer. Mine de rien ça fait une différence. Pour ça que Deadlands c’est grave trop bien, on ne le dira jamais assez. Et puis il y a, encore et toujours je sais que je vous barbe avec, le Monde des Ténèbres à évoquer. C’est l’exemple que je connais le mieux, et je présume qu’il est loin d’être le seul, où agir d’une façon ou d’une autre en jeux peut avoir des effets mécaniques. J’ai parlé de l’Humanité un peu plus tôt qui peut grimper ou chuter selon vos actes, c’est un cas. Mais mon préféré reste la Rage (oui il faut des majuscules dans le Monde des Ténèbres) dans Loup Garou : L’Apocalypse. En effet, dans ce jeu le fait de jouer une grosse boule de poils né pour se battre avec un léger souci de tempérament se retranscrit dans le gameplay. En plus de la classique jauge qui indique votre potentiel ou nous à péter une pile, vos actions en jeu peuvent la faire grimper ou non, et j’ai déjà lu des compte rendus de partie où certains joueurs se provoquent volontairement pour influer sur la fureur de leurs personnages et charger au combat. Mine de rien ça influe pas mal le roleplay je pense, faudra qu’on voit ce que ça rend une fois en jeu quand Le Lobbyisé prendra ma place de MJ.

Pas pu résister je suis désolé ...
Le dernier truc que je voulais aborder pour cet article, et qui est encore une fois à la frontière du jeu et de l’interprétation c’est tout ce qui touche à la place sociale des personnages et ce que ça implique ou non. On peut effectivement la laisser dans un cadre très narratif, par exemple dire “oui mon personnage est un noble du comté voisin” et quand l’aventure y amène, en profiter et puis voilà. Techniquement c’est un peu se donner des avantages sans avoir à devoir les justifier avec un corpus de règles, mais en même temps la spontanéité de la chose peut avoir du bon. En tant qu’espace de jeu et de liberté il est cohérent qu’un joueur ait la place pour faire le perso qu’il veut et ce quel que soit son statut social. Ou alors vous pouvez mécaniser ça pour le rendre important. L’exemple qui me vient en premier c’est l’Honneur dans Cinq Anneaux, les puristes me frapperont peut être si je le comprends mal, je n’y ai joué que deux fois en compagnie de Dwarfram. Mais dans ce jeu, la société entière marche sur le concept de l’honneur et de la respectabilité comme on se l’imagine dans les vieux films de samouraïs et autres chanbaras. Le truc que ni moi ni Dwarf n’avons réussi à chopper c’est si l’Honneur est une normale sociale ou personnelle, mais je vais partir du postulat que c’est social dans le cas présent. En effet votre personnage est soumis aux jugements de ses pairs et aux convenances sociales de l’époque. Lesquelles peuvent d’ailleurs paraître assez aliens à nos yeux d’occidentaux. Dwarf vous dira que “c’est un truc de merde pour les weeabo” mais je lui laisse l’entière parenté de cette déclaration. Donc si vous faites le barbare vous allez vous retrouver rapidement déshonoré et envoyé direction seppuku tandis que la plèbe va potentiellement avoir un peu plus envie de coopérer avec vous. Je crois me souvenir qu’il y a même certains clans qui ont un minimum syndical ou un maximum possible d’honneur sous peine d’être foutu à la porte. Dans un autre genre c’est la deuxième édition de Dark Heresy qui utilisait une mécanique de notoriété. En effet pour ceux qui ne connaissent pas Wahammer 40 000, l’Inquisition est une institution proche d’une police secrète. Mais vu que vous faites le saint boulot de l’Empereur vous avez le droit de plastronner sur tous les toits que vous êtes là pour botter des culs d’hérétiques et mâcher du chewing-gum. Votre choix de méthode ingame affecte la notoriété de votre cellule, et si vous êtes du genre à faire un spectacle public les affreux seront directement que vous êtes en ville et se planqueront. Par contre si vous êtes totalement anonymes il est possible que les autorités ne vous croient pas quand vous expliquez que vous êtes en mission pour le Saint Empereur. Ça affecte aussi le matos que vous pouvez ou non réquisitionner et bien d’autre choses.


Et ce n’est qu’un maigre exemple de toutes les mécaniques à cheval sur le jeu et l’interprétation parmi bien d’autres. C’est à vous de voir ce que vous en faites et pourquoi ou non ça colle à vos créations. Et c’est sur ces mots très génériques que je clos cette série d’articles. Oui tout ne finit pas sur un climax, les dames savent de quoi je parle.

mardi 13 août 2019

RPGaDAY 2019 #13 : Mystère


C’est un mystère phénoménal, dans toute l’Amérique on en parle. Faut jamais me lancer sur Kuzco sinon c’est foutu. Honnêtement le mystère et mes parties de JDR entretiennent des rapports assez forts, pas au point d’une famille texane parce que j’ai de la sobriété, mais y’a quand même pas mal d’ADN qui s’est partagé. Até aime me chapouiller avec ça, je suis un MJ qui aime les enquêtes. Sans déconner je crois que les trois quarts de ce qu’on a joué avec le groupe où lui et Dwarfram étaient, c’était au trois quarts de l’investigation, des déductions et compagnie. Toujours agrémenté de bagarre, de tension et d’action hein. Mais avant tout, le but a toujours été de trouver quelque chose, de découvrir un mystère ou de révéler un secret caché. Il y a d’ailleurs eu des fois où ils n’ont pas tout trouvé, ce qui est plutôt amusant mine de rien. Que ce soit le cadavre congelé, le secret du puit, qui était dans la chambre d’hôtel à côté de la leur, qu’est-ce que voulait dire la montre à gousset du machiniste, qui était La Bête et je sais que j’en oublie d’autres.

Tout simplement j’aime bien les scénarios d’enquête en fait. J’aime offrir un canevas aux joueurs et voir quelles ficelles ils attrapent, comment ils interprètent telle ou telle chose, potentiellement complètement de travers. Le Lobbyisé a eu des moments de déductions absolument abracadabrantesques qui me font encore marrer aujourd’hui quand j’y pense. Et mine de rien c’est aussi pour ça, je pense, qu’un jeu comme Dark Heresy m'intéresse bien. C’est littéralement un jeu d’enquête dans un futur dégueulasse, avec en supplément des bolters, des démons, des pistolets lasers et du fanatisme. Comment puis-je résister à ça ?! Pareil pour Deadlands Noir. Faut juste que je me fasse une rétrospective Dashiell Hammett, Raymond Chanlder et Jim Thompson en amont et je suis chaud moi. Avec un peu de Miss Fisher’s Murder Misteries dans le lot parce que c’est cool cette série. Et croyez moi les enquêtes ne s’arrêtent pas là, j’en ai prévu plusieurs pour Pathfinder, pour Hellfrost et j’en oublie !

L'état des lieux

Je vais annoncer quelque chose de choquant : à la grande déception de beaucoup ... je ne suis pas mort. Trois ans que ce machin prend la pou...