lundi 21 janvier 2019

Mythes et légendes #2

Cet épisode de mythe et légendes est uniquement consacré à Deadlands. Oui nous sommes pénibles à toujours parler du même jeu, mais si vous êtes un étudiant/adulte digne de ce nom, vous connaissez les sempiternelles galères pour avoir un emploi du temps. Et puis en même temps, c’est pas de notre faute si ce jeu est putain d’addictif.

La dynamite, par Ategix


Pour la dynamite, cela concerne le groupe dans lequel j’ai fait mon premier personnage sur Deadlands : Jesús Sanchez (prononcez “Rèssous”. Et oui, ce nom est aussi bateau que de s’appeler Charles Dupont chez nous). Un mexicain avec une sale gueule qui chassait le bison mais qui, au vu de ses aventures, se trouve être en pleine “reconversion professionnelle”. Mais ça, c’est juste la présentation générique.

Je préfère dresser le tableau dès le début, ce bon vieux mex est le porte-flingues de la bande. C’est celui qui est le plus armé, et celui qui est le plus versatile quand il s’agit de faire des lasagnes, sans compter le fait qu’il a la stat la plus haute pour tirer. Et naturellement, parmi ses moyens de destruction, il a également une stat de lancer de fort bonne facture qui, vous vous en doutez, remplit parfaitement son rôle quand il s’agit de tout faire sauter.
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Version très exagérée de Jesús
 Il faut savoir d’ailleurs que Jesús trimballe toujours un sac de dynamite avec lui, soigneusement planqué quand ça sent le vinaigre. Parce qu’un tir mal placé ou un mauvais sort peut complètement anéantir le groupe, et ce même si ce serait particulièrement vache après tout le chemin parcouru et les choses à venir, mais le groupe et moi avons accepté de prendre ce risque. Alors vous allez me dire, d’où vient cette fascination pour la dynamite et pourquoi on en fait tout un speech ?

Et bien, il faut remonter au tout premier scénar, à l’époque où le groupe n’était composé que de 2 PJs, pour faire un essai d’un scénar fait par Gerru. A l’époque, le second PJ (joué par Mister W) psychotait à fond sur quelque chose de massif qui allait arriver et que la seule solution soit la dynamite. On en a donc pris une dizaine...Pour ne pas s’en servir à la fin.

Néanmoins, on avait déjà le sac de dynamites à trimballer, et cela nous aura été utile lors du scénar suivant, quand ce bon vieux Tom Gibbers est arrivé avec son cheval (cf. M&L#1).

D’ailleurs c’est juste après le mythe de son cheval qu’il est parvenu à séparer la voiture des séquestrés du reste du train. Encore faut-il le démolir, à partir de là, mon perso est parvenu à balancer une dynamite de son cheval jusqu’à la cheminée du train. [Note de Gerru : J’avais parlé d’un maxi-panier de baskets je me souviens] S’ensuit une destruction haute en couleurs, et à partir de laquelle la légende va se mettre en place.

Car dès le scénar suivant, par la force des choses, on s’était retrouvé en pleine nuit dans un village paumé à affronter une armée de morts-vivants qui allaient l’envahir. Cette fois-ci, ce n’était pas Jesús qui lançait la dynamite, mais Gibbers suite à un jet de tripes foiré. Et ce n’était pas une dynamite, mais deux, quasiment à la lisière du village. Et au-delà du fait que les dynamites nous ont quand même causé des dégâts, elles ont à elles seules dégraissé la moitié de l’armée.

Jusque-là, rien que la dynamite suffit à occuper la plus grosse partie du tableau de chasse, mais c’est loin d’être terminé. 

Ensuite, au scénar suivant, ce n’était pas un usage mortel de la dynamite, mais elle a quand même vraiment aidé à neutraliser la menace.

Je m’explique : on était perchés sur une colline en surplomb lorsqu’on aperçoit tous les cultistes danser autour d’un grand feu avec à sa tête une femme dont nous sommes certain que c’est une sorcière accomplissant un rituel de sacrifice.

Dans l’urgence nous avons tenté d’arrêter le rituel en balançant une dynamite. Pas sur les cultistes, mais dans la neige en surplomb, ce qui a causé une avalanche et donc enseveli les gens et éteint le grand feu, ce qui a rendu la sorcière vulnérable.

Et notre dernière utilisation de la dynamite remonte à pas plus tard qu’à notre dernière session, où un village se faisait agresser par des loups et un homme-ours avec des ailes qui carbonise ses victimes (je ne déconne pas). [NDG : c’était un Wendigo spécial, merde enfin !]
En sachant cela, tout le groupe s’est mis d’accord sur le fait que si quelqu’un se faisait agripper par cette saloperie volante, il valait mieux lui garantir toutes les chances de s’en débarrasser. Du moins à titre posthume, car l’idée générale est que chacun ait une ceinture de 5 dynamites, pour qu’au moment de la carbonisation ça fasse boum. Mais genre, un gros boum.

Et si je vous parle de ça, c’est que ça a fini par servir...Mais pas dans le sens original du plan (ou du keikaku plus exactement), car on a fini par retrouver la meute de loups qui était en train de bouffer un mec parti chasser cette même saloperie volante. Du coup, étant donné que c’était le plus apte au lancer déséquilibré, Jesús prend sa ceinture de dynamite, l’allume, la lance dans la meute puis se barre le plus vite possible avec le reste de son crew. Le tout se finissant dans un plan à la Power Rangers avec chacun des membres sur son cheval respectif avec son expression faciale qui lui est propre pendant que l’arrière-plan explose en expulsant des morceaux de loup à foison (à un tel point que Clifford, le perso de Dwarfram enfile involontairement une tête de loup).

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De gauche à droite : le PNJ qui est venu nous aider, Gibbers, Jesús, Clifford et Anthony
D’ailleurs jusqu’à présent, c’est le jet de dynamite le plus violent et le plus représentatif de tous les jets qu’on a pu faire.

Par rapport à avant, on en avait lancé au maximum deux (et encore, c’était l’une après l’autre), et on est passé directement à 5, donc 7D20 de dégâts, et une distance de sécurité de minimum 60 mètres pour être sûr de ne pas être pris. Ça c’était pour la violence.

Concernant la représentativité (c’est quand même pas évident d’utiliser ce mot-là), ce qui s’est fait exploser n’est ni plus ni moins qu’un groupe d’abominations. Et quand on fait la rétrospective de tout ce qu’on a fait sauter avant, toutes les victimes directes des dynamites étaient des abominations en groupe, sans exception.

Voilà le récap’ de toutes les occasions où la dynamite a été utilisée. Et étant donné que la campagne du gang n’est pas encore finie, il peut y avoir encore d’autres occasions. Toutefois, le compte de cadavres se suffit à lui-même pour démontrer que c’est une solution de destruction totalement respectable.

Pour faire le bodycount de la dynamite jusqu’à maintenant, il faut compter :
  • Le nombre d’abominations restantes dans le train qui a explosé
  • Une dizaine de morts-vivants tués sur le coup et une autre dizaine amochée
  • Une meute de 9 loups

Rien que là-dedans, les dynamites regroupent entre ⅔ et ¾ des comptes, soit une majorité écrasante par rapport aux autres armes du gang.

On pourrait alors penser que c’est le premier réflexe du gang quand tout part en couille, et quand on nous regarde, c’est pas totalement faux.

Il faut se l’avouer, notre gang n’est pas taillé pour être pacifiste. Entre un Gibbers et son taux d'alcoolémie constamment élevé qui ne contrôle pas sa force d’écossais baraqué, un Clifford pistolero en quête de défi, et par-dessus le marché en mauvais terme avec un danois, et un Jesús tellement chargé en armes qu’on pourrait le confondre avec le marchand ambulant de Resident Evil 4, sans compter sa sale gueule...Il était évident que selon les apparences, notre gang ferait vite l’objet de viles bassesses.

Et pour accentuer cette impression, lors d’un passage à une ville nommée Deadwood, on s’était félicité d’avoir tenu une session entière sans avoir tiré le moindre coup de feu !...Bon, cela n’empêche qu’il y a quand même eu un dérapage avec le Gibbers, mais ça, je laisse à Gerru la joie de vous conter cette histoire.

Si je vous parle de l’image que renvoie le gang en règle générale, c’est que cette impression peut également se faire sur l’utilisation de la dynamite. Car même si jusque-là on s’en est servi de manière particulièrement vertueuse, il n’empêche qu’avec le gang, on a eu des sacrées idées de merde, notamment la fois où pour vérifier le contenu d’un coffre-fort dans le bureau d’un shérif, il a proposé de faire sauter une dynamite...Dans le bureau ! Et de là s’en est suivi un débat pour savoir lequel du bureau du shérif ou du coffre-fort allait sauter en premier. Un débat à la con, mais complètement RP quand on sait que Gibbers était déjà bien bourré, et qu’aucun de nos persos n’avait de connaissance en explosifs.

Également, quand on fait une synthèse à l’arrache sur l’impact de la dynamite dans le déroulement des événements, on peut dire (de manière expéditive) que la dynamite résout tous les problèmes. Du coup, à l’instar du frigo qui sauve un elfe à calvitie, le groupe s’est fait un gros running gag qui consiste à balancer de la dynamite sur tout ce qui peut être potentiellement un problème (et au vu du passé du groupe, les exemples sont légion). On en est même arrivé à un point où le simple fait de lever une main serrée en imitant une trollface suffit à la suggérer.

Et pourtant...Les évènements montrent bien qu’on ne s’en sert que dans une situation précise. En l'occurrence, pour sauter des groupe d’abominations contre lesquelles lutter par le plomb aurait été beaucoup plus risqué et rébarbatif.

C’est ce qui rend le lien d’autant plus passionnant entre la dynamite et le gang. L’historique donne l’impression que la dynamite est l’arme de prédilection, voire la seule solution possible pour tous les gros conflits auxquels cette bande de dégénérés a participé, mais c’est à chaque fois une décision raisonnée motivée par de bonnes intentions, qui jusque-là n’a (presque) pas fait de dégât collatéral.
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Mais encore une fois, la dynamite étant ce qu’elle est, il serait tout à fait possible que des dégâts collatéraux viennent ternir sa réputation à l’avenir, et par-dessus tout, aucun des membres n’est à l’abri d’une couille qui pourrait faire sauter tout le groupe, et brutalement compromettre le point d’orgue de l’aventure qui est pourtant proche.

On peut dire que c’est un pari. Un pari que le groupe complet consent à prendre part et qui joue le jeu en mettant toutes les chances de son côté. Et jusque-là, ce pari est largement rentable, et malgré son potentiel retour de flammes, ça ne nous empêche pas de bien déconner avec.

Ça fera le double ? par Gerru

Je ne voudrais pas qu’on croit que je m’acharne sans cesse sur les mêmes personnes. Vraiment je vous jure. Donc croyez-moi vraiment quand je vous dis que ce sont les mêmes personnes qui me donnent de la matière à faire. Oui, je vais encore parler des frasques de l’amigo Louis. Parce que avant même Tom Gibbers il faisait déjà des siennes. Je parlerai plus tard du gros coup de stress qu’il m’a filé au début de Deadlands, ça mérite un article à lui tout seul ça. Cela dit les deux sont liés vu que ça concerne son premier personnage : Willy Les Deux Paires, ex bandit, toujours pistolero, amateur de jeux et de femmes et dépensier invétéré. Et ce n’est même pas une exagération : ce sont ses handicaps sur sa fiche. Plus exactement pour le jeu c’est comme ça qu’il joue le fait que son personnage est incapable de garder son argent. Du coup il flambe à la moindre occasion, même pour un truc à la con qu’il n’aurait pas besoin de payer. La phrase telle qu’elle est né … la troisième ou quatrième fois qu’on a joué je dirais. Sur une semi erreur de ma part en termes d’équilibrage de scénario et de gentillesse de MJ débutant, ils s’étaient retrouvés avec une quantité assez impressionnante d’argent. Du coup tout le monde s’est senti la folie des grandeurs et s’est mit à claquer à tour de bras, Le Lobbyisé déclarera même qu’ils se comportaient comme des nouveaux riches. Et du coup chaque acquisition qu’il faisait, quand on lui annonçait le prix sa réponse était invariablement “tenez, voilà le double”. Que ce soit pour se faire raser chez le barbier, acheter un cheval et sa selle, faire la charité auprès d’une famille de mexicain miséreux, boire de la tequila et s’acheter des munitions de fusil à pompe (sachant que la somme qu’il avait donné au gamin pour aller lui en chercher correspondait à … 200 cartouches !) et j’en oublie certainement. Quoiqu’il en soit, à partir de ce moment-là, dès que Louis fait un truc qui implique de l’argent, y’a toujours quelqu’un pour demander “ça fera le double ?”

Grosso modo c’est ça … au Far West
English cocksucka, par Gerru

Les moments de grâce sont des choses rares et précieuses qui ne se décident pas. Un très bon exemple c’est justement l’histoire que je vais vous raconter. Il faut poser un peu de contexte pour comprendre le pourquoi de ce qu’il s’est passé cette fois-là. On se réunit les samedi après-midi pour jouer, en général on commence vers 15h, après un petit café et on envoie la sauce jusqu'à … ça va de 22h à 1h du matin en gros. C’est selon l’humeur, le temps qu’il fait et la fatigue de chacun. C’est important à souligner. Si vous avez déjà fait de l’insomnie (pour ma part oui) vous devez savoir que la fatigue intensive et prolongée a un effet parfois assez surprenant. Quelque part entre le début de l’ivresse et l’herbe qui fait sourire je dirais. Et encore une fois, c’est notre ami Louis qui en fait les frais. Les horaires de boulot sont ce qu’ils sont mais le vendredi il fait des tournois de Magick The Gathering jusque facile une heure du mat, avant d’enchaîner sur son boulot le samedi matin. Vous conviendrez que c’est pas la recette optimale pour être frais et pimpant. Je me souviens encore que quand il est arrivé il avait des sacrées poches sous les yeux et l’air de plus distinguer la droite de la gauche. Je crois même qu’il a prit un café, ce qu’il ne fait jamais en temps normal !

Sa tête donnait ça en gros
Quoiqu’il en soit on commence donc à jouer, nouveau scénario de mon cru où ils sont engagés par un Texas Ranger pour traquer un type du nom de Johansen. L’enquête commence et direct le perso de Louis se distingue … en allant faire des siestes à la moindre occasion. Je ne blague même pas : arrivés premier lieu d’investigation, ils se partagent les tâches, Jesús va voir un hôtel du coin, Clifford un autre et Gibbers va voir la gare locale. Gare local où il met les bancs à profit pour dormir tout du long que les autres interrogent des clochards, fouillent sous les matelas et bluffent le tenancier pour accéder aux registres. Il a prit un coup de soleil sur la figure pour la peine d’ailleurs. Grâce aux investigations finement menées des deux autres ils trouvent là où la cible a fui : Deadwood, dans le Dakota. Résultat tout le monde embarque dans un train et roule ma poule. Je vais devoir cela dit vous faire un point de background à nouveau sur Deadlands, parce que Deadwood est une ville bien à part dans cet univers. En effet, vu que les indiens ont en gros gagné leur indépendance, Deadwood est la seule enclave de blancs dans leurs territoires, en résulte donc une ville enfermée dans un périmètre de sécurité où s’y mélangent unionistes, indiens renégats, prospecteurs de tout bord et chinois des triades. Un gros melting pot de cultures, un peu explosif il faut l’admettre. Ils commencent donc à se balader, ce qui donne vraiment de bons moments de roleplay, chacun essayant de bavarder avec les factions locales, je pense par exemple à un bon moment entre Seth Bullock, le shérif local et le perso de Dwarfram qui était vraiment bien roulé. J’ai été par contre très triste qu’aucun ne morde à l'appât quand j’ai évoqué la présence du général Custer mais bon, on ne peut pas tout avoir hein … Et au sein de cette exploration de la communauté, que j’avais vraiment construit comme quelque chose d’assez ouvert avec des … “drapeaux” à collecter façon parcours d'obstacles pour avoir la réponse à l’enquête, Gibbers décide d’aller dans le Chinatown local. Bien entendu, fidèle à lui même il est bien rond, et on a un joueur qui est à côté de ses pompes, dans un état un peu second, in media res comme on dit. Il se met à errer, ici et là, sans trop savoir quoi faire. N’ayant pas plus d’inspiration que ça, je lui décris juste les lieux, le mélange d’architecture asiatique fait à base de planche bien occidentale et les gens qui ont tous les yeux bridés. Lui continue d’avancer, en essayant de parler aux passants, qui ne parlent pas un mot d’anglais. Et puis je pris d’une idée subite, qui pousse comme ça. Je n’ai pas tout vu de la série Deadwood qui raconte une version romancée de l’histoire de la ville réelle. Mais par curiosité j’ai maté des extraits ici et là de moments qui arrivaient ensuite. Et j’en ai eu un en particulier qui a crevé la surface de mon esprit, tel le plus con des nénuphars, celui-ci :



Voilà qu’arrive donc un tout petit chinois, qui s’avance courageusement face au colosse qu’est Gibbers et vient lui dire le peu qu’il connait dans la langue de Shakespeare : “English cocksucka !”. Et là il y a eu quelque chose. Comme si j’avais appuyé sur un bouton à l’intérieur du cerveau de Louis ou un truc du genre. Il s’est redressé sur sa chaise où il était un peu beaucoup affalé, m’a regardé droit dans les yeux, et dans son personnage, m’a sorti “t’as dit quoi là ?” et m'annonce qu’il attrape le pauvre asiatique par le col. Y’a un blanc de cinq secondes et on reprend. Naturellement le pauvre bonhomme ne comprend pas ce qui lui arrive, s’étrangle à moitié, soulevé au-dessus du sol comme le rebelle étranglé par Dark Vador dans le premier Star Wars. La seul chose qu’il trouve à dire c’est encore et encore, d’une voix de plus en plus faible “English cocksucka”. Ce qui tombe très très mal pour lui vu que Gibbers est écossais et qu’on ne déconne pas avec ça. Et toujours aussi sérieux il déclare … qu’il lance le chinois. Et là énorme silence, on se regarde tous … et on explose de rire pendant bien une minute complète. Pour être ensuite complètement terrassé quand je décide qu’il va me faire un jet de force pour voir de combien de mètres il décolle et si le chinois se réceptionne correctement. Soit dix mètres de vol plané et un atterrissage lamentable la tronche dans la boue. Je peux vous dire qu’on avait mal aux côtes de s’être autant fendu la poire. Je passe vite fait sur le reste des chinois qui l’ont du coup bombarder de mottes de boue et de la tentation qu’a eu Jesús de tirer dans le tas pour couper court au problème. Ce serait une fort longue histoire, qu’on garde pour peut-être une autre fois. Quoiqu’il en soit, depuis ce jour English cocksucka est une phrase qui revient souvent, en général quand un PNJ arrive et s’apprête à parler. Qu’est-ce qu’on a pu rire quand même ...


“Marshall Lefèvre !”, par Ategix

Cette fois-ci, ce n’est plus Gerru qui était aux commandes de MJ, mais moi-même. Et ce coup-ci, ce bon vieux Gerru était dans le rôle du PJ, avec pour perso une hexslingeuse (autrement dit, une huckster qui concentre sa magie dans ses flingues) tactiquement pacifiste cherchant à être reconnue comme la fille légitime d’une des plus grandes figures de l’Ouest, et pour vous donner une idée de qui c’est, son perso s’appelle Wyonna Earp.

Et je me rends compte que c’est pas du tout le sujet...Mais depuis le temps, vous savez que c’est un bordel ici, même si on essaye tant bien que mal de faire le tri.

Dans ce groupe-là, il y a elle, un indien artiste martial cupide qui tape fort mais analphabète, une autre fille fusilliere extrêmement agile ayant un gros différent avec une personne influente qui leur cause des ennuis. Mais surtout, un vieux croulant à la retraite qui a eu une carrière glorieuse en tant que Marshall. Et c’est justement de cet auguste personnage dont on va parler.

Il faut savoir que celui qui a conçu cet ancien Marshall, Victor Lefèvre de son nom, m’avait envoyé un word concernant son lore. Et outre sa liste d’atouts et de handicaps assez longue, il en est ressorti qu’il a un Ennemi à 1.

[Pour les non connaisseurs, l’Ennemi est un handicap sur une échelle de 1 à 5 qui représente une personne ou un groupe de personnes qui en veulent spécifiquement à votre perso. La valeur du handicap est plus ou moins élevée en fonction de la fréquence, et du risque qu’il représente. Être un déserteur de l’armée vaut 2, ou bien être un ennemi notoire d’une compagnie influente peut valoir 5.]

Au départ, l’échelle du handicap n’était pas claire.

Exemple : un pistolero qui ne sait tirer qu’à moitié vaut également 2. Du coup, s’il intervient souvent, il viserait encore plus mal que d’habitude. Et à contrario, s’il vient rarement, ce serait une menace assez sérieuse. Mais vu que la valeur du handicap n’est pas si contraignante que ça, c’était soit l’un, soit l’autre.
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Joe Dalton, un exemple d'ennemi à 2. Même si c'est très facile de se moquer de lui, il reste une menace (je sais, c'est pas le vrai. C'est pour l'exemple).

Puis un beau jour, au début de la session où Clifford (le perso de Dwarfram pour ceux qui suivent pas) à rejoint le gang mené par Gerru, on s’est rendu compte qu’il avait un ennemi à 1. Autrement dit, un individu qui reste malfaisant mais qui est encore plus risible que le cas précédent, imaginez le même Joe Dalton mais sans son flingue...

Dans le cas de Clifford, il s’agit d’un fier danois répondant au nom de Lars Gutson, manifestement très rancunier envers le premier car il aurait baisé sa femme selon ses dires. Cependant, sa volonté n’est pas de le tuer, mais de montrer à la plèbe que le pistolero de Dwarfram n’est qu’un païen habité par le vice. Et de là s’en est suivi un jeu de provoc entre ces deux gugus, et un certain nombre de conneries qui feraient que Gutson mériterait un passage dans cette série d’articles. On a évoqué son cas ici si vous êtes curieux.

Et je dois bien avouer que ça m’a pas mal influencé sur la représentation d’un ennemi de ce grade : Il s’agit plus d’une perte de temps que d’une réelle menace. Ceci étant établi et compte tenu du passé glorieux de l’ancien Marshall, l’idée est devenue claire.

Il va sans dire que cet ancien Marshall a dû enfermer beaucoup de monde dans sa vie. Même si ce sont pour la grosse majorité des pourritures, il n’empêche que parmi une population de malfrats revanchards, cela peut être un vecteur de vengeance.

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Ca raconte l'histoire d'une population de malfrats revanchards, j'ai le droit !

Donc, une fois par session, ce bon vieux Victor se fait accoster par une bande de branquignoles qui hurlent “Marshall Lefèvre !” dès qu’il le voient, histoire de rappeler son ancienne condition et qu’ils cherchent à se faire justice eux-mêmes pour ses “exactions”.
Dit comme ça, cela pourrait paraître un peu trop gros pour un Ennemi à 1. Mais pas du tout, car ce sont des vraies branquignoles, aussi bien dans leurs stats que dans les décisions qu’il prennent. A un tel point que chaque combat finit toujours de manière ridicule pour eux, et ça nous fait taper des barres.

Si cette citation est mythique, c’est parce que d’une part, elle est foutrement récurrente. Avant même de commencer la campagne, j’avais fait une espèce d’initiation au combat avec le PJ jouant l’ancien Marshall. Et même là-dedans j’avais déjà commencé à caser des “Marshall Lefèvre !” histoire d’annoncer la couleur. Et plus le temps passait, plus je me suis marré à inventer des speechs complètement ridicules pour ces vils gredins, et pour le dernier coup, je leur donnais la voix des méchants dans Nicky Larson. Quand on fait des randoms ridicules, autant y aller à fond.
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Le genre de visite auquel le Marshall est régulièrement sollicité
D’autre part, à l’instar de Lars Gutson, ça fait des situations bien goleris qui ont permis au groupe d’explorer différentes façons d’être débarrassé du problème.

Au tout début de l’histoire du groupe, les bandits avaient prévus d’attendre en dehors du saloon dans lequel le groupe se trouvait pour aller se fritter. Pendant ce temps-là, Wyonna décide de tirer dans le vent pour faire venir le shérif. Quand il vient, il dit “Qui a tiré ?”, et le Marshall a tenté un bluff en disant “C’est pas nous, c’est eux !”, et il a réussi son coup ! Ce qui a permis de ranger le groupe du côté des gentils quand est venu le moment de la bastonnade.

Puis au fur et à mesure, les habitudes sont arrivées. Par exemple, l’indien cogneur préfère rester avec le vioque plutôt que le reste du groupe, car il sait que ce sera plus facile de trouver des gens sur qui taper, et qui sait avec un peu de chance, trouver un moyen de monnayer ses actions (un perso cupide je vous dis).

Et enfin, le point le plus important, l’évolution même du regard de l’ancien Marshall. Au début, il trouvait ça quasiment normal. A un moment donné il a commencé à sortir son flingue mais juste pour garder les malfrats en joue, car après tout, ils ne sont pas si menaçants que ça. Et aux dernières nouvelles, quand une paire de brigands s’est ramenée avec des prothèses mécaniques, c’est allé très vite : il a tout de suite dégainé son flingue et criblé de balles le premier pendant que le second se faisait massacrer à mains nues par l’indien.

D’ailleurs pour le fun fact, maintenant il dégaine automatiquement quand un ou des PNJ se dirigent vers eux...Oui, c’est très spécial. Mais bon, on ne peut pas lui en vouloir quand on sait qu’il y a autant d’amour pour son cul. D’ailleurs il y en a tellement que ça en finit par devenir anormal selon lui et le groupe, mais quand on sait qu’il a eu une carrière chargée de Marshall ainsi que 2 passés mystérieux à la création, on peut se dire qu’il y a forcément une raison...

lundi 14 janvier 2019

Sombres Présences

Peut-être est-ce l’influence des romans Ravenloft que je me lis en ce moment. Ou bien c’est né juste comme ça. Allez savoir. Mais je me suis rendu compte que j’étais assez preneur ces derniers temps d’ambiances lourdes et sombres. Pesantes et lugubres. Comme si des spectres aux doigts informes voletaient derrière chaque note dans votre dos alors que la musique résonne. A savourer avec un bon livre d’horreur gothique ou un soir d’hiver brumeux, même si vous risquez ensuite d’avoir du mal à trouver le sommeil et la sérénité.

Diablo - Dungeon

J’ai joué à Diablo premier du nom … jeune. Beaucoup trop jeune je pense. Je l’ai dit il y a peu à un bon ami : Diablo m’a violé quand j’étais petit. Tout y était effrayant pour le gosse que j’étais. Entre les monstres et leur background ultra morbide, le sentiment de solitude et de claustrophobie et l’histoire du jeu vraiment lugubre. Tout ça a nourri de nombreux cauchemars infantiles (cette image me reste encore aujourd’hui en tête) et encore maintenant y penser me tire un frisson. Et ce morceau … me terrifie. Je l’ai réécouté pour écrire cet article et j’ai senti un étau dans ma poitrine, les poils de mes bras se hérisser et un sentiment de paranoïa comme si une créature malfaisante était en train de grimper sur mon fauteuil de bureau. TOUT dans ce morceau est angoissant, que ce soit les percussions super profondes, les … “couinements” qui me donnent l’impression d’entendre des âmes damnées en train d’être torturées. J’en ai la chair de poule. Encore.

Kroda - Buried With Fallen Leaves

J’ai eu l’occasion de parler de Kroda plus tôt, les désignant comme des fans du Père Cachet. Et il s’est avéré que mon analyse était encore plus pointue que je ne le pensais. Parce que non content de s’inspirer de la période black metal bien crasseuse de Burzum, ils ont également repris toute la partie dark ambiant qu’a imposé le passage par la case prison de son unique membre. Du coup les claviers sont au rendez-vous, accompagnés d’une flûte dont la mélodie lancinante ajoute juste ce qu’il faut de lugubre pour vous mettre dans l’ambiance. Kroda définit sa musique comme “Carpatian black metal” et honnêtement sur ce morceau j’ai du mal à discuter le terme. Aidé par le visuel on ressent l’immensité de la nature hongroise, couverte de brumes étranges et de ruines malsaines. Pour un peu arriverait les brumes de Ravenloft, prêtes à vous amener en Barovia ...

Fields of the Nephilim - Dead to the world

Membres importants de la scène goth rock dans les années 80, Fields of the Nephilim a un charme. Certes aujourd’hui un charme très daté, à base de clips où il y a de la fumée et des ralentis partout, le tout bombardé de filtres de pellicules bleus et violets qui … picotent. C’est pour ça que j’ai choisi un morceau sans clip accessoirement. un morceau que je trouve puissant, avec ses guitares saturées, les voix à la fois murmurées et pourtant très présentes (sans doute par une astuce de mixage) qui donnent l’impression qu’une messe noire est sur le point de son conclure et que le diable va émerger d’un sabbat pour s’emparer de la terre entière. Quoi de mieux pour conclure un article sur de sombres présences ?

lundi 31 décembre 2018

2018 : Bilan littéraire de l’année

Et voilà, 2018 c'est fini ! Et ça aura été une année assez pleine mine de rien. En événements personnels qui ne vous regardent pas, en progrès pour ce blog qui fêtera sa première année le 23 janvier 2019. Un paquet d'articles, de digressions et autres conneries que vous continuez à lire. Mais parlons de quelque chose sur lequel il y a des choses à dire : les bouquins ! Je me suis lu un petit paquet de livres de rien du tout, soit 77 bouquins cette année. Tout n'était pas bon, tout n'était pas parfait, y'avait des trucs oubliables voir même nazes. Mais je suis quelqu'un de positif donc je vais vous séparer le bon grain de l'ivraie. Voici un palmarés des bonnes lectures de 2018.

Double Tranchant de Joe Abbercrombie 

J’ai déjà évoqué le sieur, c’est Le Lobbyisé qui m’en a parlé. Les Héros m’avait convaincu à moitié mais je considérais que ça pouvait mériter une autre chance vu la facture de l’ensemble. J’ai donc choppé quelques autres volumes du sieur (d’ailleurs la mise en page des volumes individuels en ebook est ignoble, j’ai été obligé de racheter tout ça en intégrale pour ne pas me violer la rétine) et j’ai fait un plouf plouf. Enfin non, je déconne, je suis pas aussi hasardeux. J’ai regardé les pitchs et je me suis dit qu’un recueil de nouvelles pouvait changer de d’habitude. Et grand bien m’en a fait. Pour avoir lu d’autres d’Abbercrombie entre temps, je pense sincèrement qu’il essaye de filer un monde complet et ses enjeux tout du long de sa série. A la fois par l’intermédiaire du duel qui opposent les deux figures de Bayaz et Kalhul et par les mouvements géopolitiques qui reviennent souvent dans ses livres. Et quoi de mieux qu’un recueil de nouvelles, suivant divers protagonistes à divers endroits de son monde pour nous faire ressentir la toile qu’il tisse depuis plusieurs années ? On y retrouve ainsi plusieurs têtes connues, certaines qui ne m’étaient pas familières vu qu’il m’en reste quelques un à boucler, mais on sent ce vaste univers dont je parlais. Aidé par le format court il évite de trop en faire dans le violent ou inutilement sombre, et plusieurs me restent en tête comme “Les temps sont durs pour tout le monde” qui opère un basculement permanent des perspectives vraiment très réussi, ou encore l'enchaînement de nouvelles sur les personnages de Shev et Javre qui sont une chouette appropriation de la figure de Fafhrd et du Souricier Gris de Leiber, à la façon d’Abbercrombie, et ça se savoure. C’est d’une certaine façon une très chouette carte de visite du style de son auteur et de ce qu’il aime dans son univers. Le seul souci étant peut-être le manque de transparence de certains événements décrits. Mais ça c’est le problème depuis Les Heros et je l’ai déjà dit.


Royaume de Vents et de Colère de Jean Laurent Del Soccoro

Une découverte que je dois à mon fidèle comparse : Skoeldpadda. Dans son bilan de littéraire de l’année précédente (celui que y verrait une inspiration serait particulièrement malhonnête, je suis un self made man moi) il évoquait Boudicca du même auteur. J’ai donc laisser vagabonder mon gros pif curieux pour voir de quoi il en retournait. Il faut savoir que si j’ai aucun souci avec la littérature, quelle que soit sa provenance (même si les polars scandinaves ont fini par me saouler) mais il a y, je trouve, un réel plaisir à lire quelque chose dans sa langue originale. Que ce soit de l’anglais dans le texte, j’ai essayé une fois l’espagnol mais j’ai peiné, ou bien évidemment, le français. Traduire c’est trahir disent certains, si c’est extrême il est effectivement vrai que ça impose une forme de lissage sur le texte originel. Lissage absent si on lit dans le texte. Et le texte vaut le détour, on y suit quatre récits superposés dans une Guerre de Cent Ans légèrement fantastique mais pas trop. Je pense sincèrement que le tout a été écrit en étant visualisé comme une série télé avec ses coupures et ses faits revisités par un autre point de vue. Le tout servi par une chouette galerie de personnages, tous avec leur personnalité et leur style d’écriture en accord. Secrètement j’espère que le père Jean Laurent pondera d’autres itérations de cet univers. Puisse-t-il m’entendre !


La Mythologie Nordique de Neil Gaiman

Neil Gaiman pour moi ca a été pendant longtemps “le mec qui a écrit un truc avec Terry Pratchett”. Et je n’aime pas Terry Pratchett. Du tout. Fort de cette tâche mentale j’ai mit de très longues années à songer au fait qu’il avait eu sa carrière à lui et fait d’autres choses. Je me suis frotté littérairement à lui en … 2013 ou 2014 via sa nouvelle dans le recueil Eros Millenium (qui était bien de la merde comme recueil en fait, la nouvelle de Valerio Evangelisti dedans est un des trucs les plus navrants que j’ai lu en nouvelle de ma vie) où sa nouvelle Harlequin Amoureux était une pioche assez chouette. C’est encore ce bougre de Skoeldpadda qui me l’a montré, toujours dans les bons coups celui-là … Et bien m’en a prit, on est dans une approche très respectueuse de la mythologie nordique, racontée comme des comtes. Étant un grand fan du style, la forme quasi orale de la chose rend la lecture ultra fluide, et on s’amuse à découvrir, ou redécouvrir (je me rendais d’ailleurs pas compte à quel point j’avais poncé le sujet au fil des ans) certains mythes, se rendre compte que souvent dans les mythes les dieux sont des beaux enfoirés et s’amuser de tel ou tel détail incongru de par sa nature mythologique (Odin qui fait s’entretuer des fermiers en les faisant sauter en l’air avec des faux aiguisées par les dieux à la main quoi …). Face à un bouquin comme ça, je me dis que je pourrais éventuellement oublier quelques certitudes et éventuellement lire un autre bouquin du sieur. Éventuellement.


Lukas The Trickster de Josh Reynolds

J’ai bouffé … 70 romans sur l’univers de Warhammer 40 000 en un peu moins d’un an (à cheval sur 2017-2018), avec dans le lot des merdes noires et fumantes, des machins insipides et interchangeables à en mourir, des OVNIs pondus des nerds de l’univers qui les rendent absolument incompréhensibles (si tu m’entends Matthew Farrer …) ou encore certains qui font des bons livres mais qui utilisent l’univers comme un prétexte pour faire autre chose (Dan Abnett coupable devant l’Eternel !). Et puis on a des livres qui sont “vraiment” des bouquins Warhammer de A à Z, ceux là sont paradoxalement les plus compliqués à trouver au sein de la masse. J’ai été tenté de parler de La Griffe d’Horus de Aaron Dembski-Bowden mais je l’ai lu en 2017 donc ça ne marche pas. Et je dois avouer que plus je le lis, plus j’ai un faible pour Josh Reynolds, un mec au final assez rare puisqu’il débute dans le domaine. Et chacun de ses bouquins transpire le fait que le mec est un fan de l’univers et qu’à chaque fois qu’il se lance dans un bouquin c’est pour offrir une vignette dédiée à un personnage, une faction etc … qu’il a parfaitement compris, à la fois dans ses forces et ses faiblesses, sans jamais sombrer dans l’onanisme dessus. Lukas The Trickster est un superbe exemple de ça, puisqu’on retrouve le personnage principal à la fois tordu, particulièrement retors et créatif pour mettre tout le monde en boule mais loin d’être totalement infaillible. Il suffit de voir le climax du bouquin pour s’en convaincre. Le meilleur point de ce livre reste (et c’est une des choses qui fait la patte de Josh Reynolds) qu’il arrive à raconter une histoire qui semble importante au sein de l’immense univers immuable de 40 000, et ça c’est pas rien.


Partie à deux de Elia Winters

Je vais pas mentir : quand j’ai choppé ce bouquin là c’était pour me moquer. Sérieusement quoi … La couverture, le titre, le nom de la série “Tandem Sensuel” … Faut quand même admettre que c’est l’équivalent d’arriver avec une chemise jaune et une cravate Mickey à un entretien d’embauche. Et puis soyons honnête : la chick litt c’est quand même assez risible dans son ensemble. Surtout quand en plus, en faisant des recherches sur qui peut bien être Elia Winters je trouve le site d’une nana à mèche bleue qui écrit des tests de sextoy et qui se déclare “auteur geek-érotique”. Vous mettez tout ça bout à bout, normalement ça sent le jambon. Mais un résultat est toujours plus que la somme de ses parties en terme de production artistique. Donc oui, l’histoire est balisée, oui il y a le moment où ils se disputent et refusent de se revoir, oui les circonstances les obligent à devoir de nouveau interagir. Évidemment ! C’est un bouquin de romance ! Comme le bouquin de fantasy a un moment avec de la magie, ou que le thriller a un chapitre vu par les yeux du méchant qui jubile que son plan va marcher à coup sûr. La nuance étant la façon dont c’est présenté et justifié. Je voulais faire un Lisez Bordel ! dessus avant de me rendre compte que j’arrivais pas à trouver le bon angle, mais ce bouquin justifie les raisons de tel ou tel trope du genre. Mon moment préféré est l’explication du refus de s’afficher en relation public dans un environnement de travail ultra machiste. C’est très con mais ça marche, autrement plus que “oui tu vois je ne comprends pas mes propres sentiments et je ne veux pas te blesser”. Et du coup l’intrigue c’est “comment on résout nos problèmes” et non pas “comment on fait pour se comprendre ?”. Et ça c’est bien. Suis juste triste que la suite Duo de Feu n’arrive pas à mettre la barre aussi haut. Hélas …


La Furie du Curseur de Jim Butcher

La série Codex Alera est quelque chose d’assez unique. D’une part par son postulat de départ, rien de moins qu’un pari littéraire sur le fait de faire une bonne histoire en croisant le concept de la IXème Légion Romaine Perdue et … Pokemon (!). Ensuite par le fait qu’en terme de genre j’ai rarement lu quelque chose qui met à la fois autant de temps à se trouver tout en se démarquant d’emblée. Oui je sais ça semble sibyllin dit comme ça. Si on prend les premiers volumes on sent que la série se cherche, Les Furies de Calderon, le premier tome ressemble beaucoup à un opus de high-fantasy assez ordinaire, avec son héros jeune berger qui croise la personne qu’il ne fallait pas et se retrouve embarqué dans une aventure. Non pas que ce soit mauvais à lire, loin de là, mais c’est trèèèèès balisé dans le style. Puis arrive le deuxième tome La Furie de l’Academ et là, à mon humble avis, Jim Butcher se rend compte de ce qu’il a vraiment entre les mains : un univers riche, des concepts bien assez porteurs pour qu’il lâche les freins et entame la descente de la pente à fond de ballons. Et La Furie du Curseur raffine ce mélange bien comme il faut, équilibrant ainsi les intrigues politiques du premier volume avec ces Hauts Seigneurs qui se font des coups de putes tout en gardant le sourire pour bien paraître sur l'échiquier politique tout en reprenant les batailles rangées du premier volume. Lesquelles sont enrichies par toutes les idées amenées du tome 2 sur l’usage créatif de la “magie” et vous obtenez un très bon cru. Un peu comme les Dossiers Dresden du même auteur en fait. Dans les deux le père Jim a mis un temps à se rendre compte du potentiel d’awesome dont il disposait et qu’il fallait exploiter. Et une fois la machine lancée ça se savoure avec un grand plaisir. J’ai du coup hâte de lire la suite, surtout en sachant que le dernier a été traduit cette année en français.


Et c'est un peu tout. J'ai été tenté de faire des mentions honorables et des mentions honteuses mais ca aurait été laborieux dans le premier cas de dire "pourquoi tel chose est bien mais pas digne de mériter dans cet article" et dans l'autre ça aurait du crachat de bile et je pense que c'est inutile, quand bien même ça peut être cathartique. Donc personne ne sera honoré ou dévalué en épilogue.

lundi 17 décembre 2018

Fun clips

Le fait de rédiger mon précédent article sur les clips m’a fait me rendre compte, même si j’en étais déjà conscient auparavant, à quel point on peut dire des choses sur l’image. Une fois passé les trucs classes, je me suis dit qu’il était l’occasion de se marrer un bon coup. Mais pas en riant de, mais plutôt avec. Pas de CGI baveux et de solos de guitares dans la cave de mémé, ou de décors même pas dignes des ruines d’un studio de la Universal. Non je parle de trucs voulus pour être marrants, que ce soit par le ridicule, le scénario ou l’improbabilité de la chose. Avec moi pour une bonne marrade.

The 69 Eyes - Dead Girls are Easy

Je me souviens avoir vu ce clip quand j’étais au lycée, comment je suis tombé dessus ? Incapable de vous le dire. Quoi qu’il en soit, The 69 Eyes est un groupe finlandais qui joue un rock assez honnête même s’il n’y a pas de quoi se réveiller la nuit. Mais ce clip m’a toujours fait marrer. Sorti en 2009 (soit un an après le premier film Twilight et je sais que ça n’est pas une coïncidence) on assiste à un défilé de splendides clichés vampiriques poussé à 200 à l’heure. Que ce soit les gothiquettes stripteaseuses à canines en plastique, le nerd de supérette qui se transforme en Apollon grâce à une lichette de gel dans les cheveux et la chemisette ouverte sur ses abdos sculptés et la soirée en boite où ça s’affale sur des canapés pour avoir l’air mystérieux façon Le Parrain mais en fait non. Et ces filtres bleus sursaturés crades. Et si vous prenez ça au premier degré vous n’avez aucun recul.

Sting - Brand New Days

J’ai grandi avec Sting, vraiment. Aussi loin que je me souvienne il y avait un de ces CD (je crois même que c’était l’album éponyme où est ce morceau) dans la salle de bain le dimanche matin, avec le best of de U2 et Scorpion. Quoiqu’il en soit, je ne m’étais jamais penché sur tout l’aspect visuel du sieur, j’avais 5 ans quoi. Et puis, vers … 2015 je crois je tapais la discussion avec mon brave camarade qu’est La Tortue sur divers sujets musicaux. Et puis on parle de ce fameux anglais, sans doute parce que j’avais évoqué le fait de l’avoir vu en concert quelques années plus tôt (et c’était bien) et le voilà qui me dégaine ce clip quand je lui dit que je ne l’avais jamais vu. Et ce sans rien me dire d’autre que “Tu dois voir ce clip”. Je lance le visionnage du coup et regarde le tout médusé, commentant à coté ce que je vois en mode “naannn c’est trop kitch. Pitié c’est affreux. Salaud tu vas me ruiner le morceau à jamais.” Et puis je suis arrivé à la fin du clip et ma réaction fut “oh le salaud !” et d'éclater de rire. Et je n’en dirai pas plus, regarder le et savourez. Ca se mange sans fin.


Puscifer - Money Shot

Ouais, encore et toujours Maynard parce que je fais ce que je veux. Ironiquement, de l’album éponyme, Money Shot est le morceau que j’aime le moins, j’aurais préféré qu’ils clippent Autumn mais bon … Je dois avouer que le clip est savoureux. Entre Maynard qui balance ses couplets torse nu avec un masque de luchador, le clip filmé comme si c’était un scénario de Quentin Tarantino (le plan avec la mallette est une référence assez directe), les deux gamins avec leurs masques de luchadores (encore, c’est un truc qui revient pas mal dans les clips de Puscifer, j’ignore pourquoi. Un de leur concert a même été accompagné d’un match de catch), les tirs de lance pierre dans les noisettes comme s’ils braquaient des dealeurs et le tir dans le dos final. Je ne sais pas à quoi ils pensaient en faisant ça, mais moi en tout cas j’adore.

lundi 3 décembre 2018

Faire un perso

Pendant longtemps j’ai fait des personnages de jeux de rôle un peu comme ça, à la voila comme j'te pousse. Pour l’anecdote, j’ai commencé à en faire vers … 15 ans si ce n’est moins je dirais. Et il existe un énorme fichier word où traînent plus de 70 personnages réalisés par mes soins. Y’en a … peut être dix que je trouve sauvables aujourd’hui. Ça tient à plusieurs facteurs. Le premier et le plus simple c’est l’inexpérience en terme d’écriture. C’est pas compliqué : si quelqu’un vous dit qu’il s’est réveillé un matin avec le Don de l’écriture, envoyez lui une manchette dans la gorge puis une fois qu’il se roule à terre frappez la tempe ou les côtes à coup de pompes. C’est des conneries. L’écriture c’est comme un muscle, ça se travaille, ça s’apprivoise, ça s’expérimente et seulement après ça marche. Et quand vous êtes un petit gugusse qui découvre ses premiers rasages, vos muscles tant des biceps que du crayon bah ils sont chétifs. Donc les poncifs ridicules ont plut pendant un long moment. Que ce soit les personnages ténébreux et taciturnes hantés par un passé trouble, les fous qui font n’importe quoi et tranchent des gorges en rigolant, les familles assassinées pour faire du background et, j’ai très honte de l’admettre, j’ai aussi eu une qui avait été violé et du coup devenu ultra violente (et en plus c’était une lesbienne. Le taux d’implications nauséabondes crève le plafond). Après venaient les trop spéciaux, qui avaient des pouvoirs magiques que personne d’autre n’avaient, que ce soit par une tradition ancestrale, un pacte avec on ne sait quelle entité des abysses ou la redécouverte à eux seuls. Ça aussi c’est ignoble dans le style. Et la dernière catégorie c’étaient les “copies/dérivés” en tant que tel pas forcément horribles mais ils étaient la transposition quasi directe d’un autre personnage ou construit autour d’une illustration et pis voilà. Très très souvent c’est pas brillant non plus, surtout si vous aviez des goûts de chiotte comme moi plus jeune. Et oui, si ça vous rappelle un précédent article c’est normal.

Genre je trouvais ce genre de machins la mégaclasse. J’étais jeune ...
De façon prétentieuse je pourrais vous dire que je vais vous donner la Bonne façon de faire les choses. Mais aussi bouffi que soit mon égo je ne pense pas avoir La Réponse, donc je vais me contenter de donner quelques pistes et piliers que j’utilise personnellement pour concevoir mes persos. A vous de me jeter des ordures et autres crottes de nez si vous désapprouvez. Et j’ajouterai que ce sont des méthodes, une bonne méthode ne fait pas nécessairement un bon résultat, ça aide juste.

Ayez une base : ça peut sonner bidon comme point mais c’est pas si ridicule que ça. Quand vous créez votre personnage essayez d’avoir un truc en tête assez ferme de ce qu’il sera ou fera. Les jeux avec des classes aident un peu à ça, vous savez que vous allez vers barde ou voleur si vous voulez être furtif dans Donjons & Dragons et que le barbare et le guerrier sont ceux qui envoient des claques. Savoir ce qu’on veut aide beaucoup à déterminer la suite des événements. Que ce soit au niveau de vos choix d’attributs, de votre historique et de vos décisions.

Pensez autour de concepts : oui, je sais, j’ai dit qu’un concept ne faisait pas tout. Mais il faut bien quelque chose dans votre personnage. Ayez un concept : un concept multidimensionnel. Grosso modo vous allez devoir penser plusieurs aspects : ce que fait votre personnage en termes de gameplay, en terme d’attitudes et psychologie et son historique. Et pensez toujours qu’ils sont reliés entre eux. J’ai évoqué l'interaction entre le combat et le roleplay dans mon article sur l’art et la manière de botter des culs et celle-ci vaut pour le reste.

  • Le gameplay : c’est sûrement barbare d’utiliser ce terme pour le jeu de rôle puisqu’on est dans quelque chose de bien plus élaboré que juste interagir avec du code mais qu’importe. Il existe différentes mentalités dans le jeu de rôle, notamment celles qui opposent les façons de jouer, la plus connue étant le roll-player contre le role-player. Le roll étant celui qui joue pour lancer des dés, le role voulait faire son interprétation et ne regarde pas sa fiche la plupart du temps. Je trouve que c’est une grossière simplification, comme si on ne pouvait pas puiser dans les deux … Pourquoi je parle de ça ? Parce que justement, votre personnage est ses statistiques. Ce sont elles qui vont vous faire avancer, ou ramer, tout au long de votre périple. Et par conséquent vous allez sans doute agir en fonction d’elles dans vos choix de jeu. Hé bien habitez ces choix !
    Si vous avez un score d’esquive important, parlez-en et dites comment et pourquoi. Peut-être que vous êtes un casse-cou à toutes épreuves. Peut-être que vous êtes un lâche qui a tellement appris à éviter les claques que vous pouvez rattraper une flèche en vol. De la même façon, si l’aléatoire est inclus dans la création, ne le prenez pas comme une punition. Composez avec et laissez-les vous offrir des idées que vous n’auriez pas eues. Bon évidement ça va un peu sentir l’étron si vous êtes un guerrier avec trois en Force et 5 en dextérité, ou un mage crétin comme ses pieds mais vous avez saisi l’idée je pense.
  • L’attitude : C’est peut-être l’aspect le plus technique du lot et c’est celui que j’ai le plus de mal à conceptualiser quand j’écris. Un personnage est en général défini par des traits psychologiques plus ou moins constants mais inscrits quand même. Les gens dans la vraie vie sont hélas un peu moins constants que dans la fiction. Essayez donc d’avoir ces lignes directrices dans le comportement de votre perso. C’est le côté pratique de certains systèmes (Deadlands, pour ne pas encore le nommer) qui offre justement la possibilité de prendre des attitudes en handicap, comme par exemple grincheux, héroïque ou encore sanguinaire. Ou alors fixez-vous des principes moraux, ou immoraux vous-même. Par exemple 99% des itérations de Batman ne tuent pas, vous pouvez faire pareil et dire que par exemple votre personnage fera toujours preuve de pitié et/ou n’abusera jamais des faibles. Ou l’inverse parce que vous avez envie de vous battre avec le premier venu s’il a l’air de proposer un défi intéressant. Ayez des marqueurs auquel vous rattachez pour ne pas, si vous vous retrouvez coincé, ne plus savoir quoi faire pour rester dans le ton.
Lui il a prit le handicap sanguinaire

  • L’historique : A part les dieux grecs et les clones de super héros dans les comics books, je ne crois que qui que ce soit s’est réveillé un matin adulte, armé de pied en cap et formé à faire tout un tas de trucs. Logiquement votre personnage aussi. Ayez une enfance, une adolescence, une famille, un lieu d’origine, des choses qui vous ont marqués. Et cette histoire sera en le terreau des deux parties précédentes, ou l’inverse. On est le fruit de notre environnement et de nos expériences c’est donc logique que ça se traduise sur le personnage en lui-même. Et comme je suis un type sympa, je vais vous donner ma méthode perso rien qu’à moi (enfin Le Lobbyisé la connaît et m’a déjà dit qu’elle était cool mais bon …). Je fais mes historiques en trois piliers.
    Le premier c’est d’où vient le personnage, autrement dit où il est né et dans quelle situation à la fois sociale et personnelle. Par exemple Ink vient des bas-fonds de Kowloon et elle a été élevé dans une mentalité de “rue”. Peau De Haillons mon personnage prévu pour Loup Garou : L’Apocalypse (on vous en parlera plus tard, c’est Le Lobbyisé qui va nous maîtriser ça dans pas longtemps) lui vient d’une tribu qui le rejette pour sa difformité et il a un frère avec qui c’est compliqué. En faisant ça vous vous donnez un ancrage dans l’univers, et c’est super important. Bon nombres de personnages de jeu de rôle souffrent du cliché du murderhobo soit un personnage qui n’est qu’une expression de gameplay et ne se rattache à rien. On n’a pas joué depuis longtemps avec Até en tant que MJ, mais je tiens à raconter cette histoire-là : mon perso, Wyonna Earp, se déclare la fille de Wyatt Earp et quand ce dernier est apparu j’ai plus du tout su où me mettre ni quoi dire. Mon attache à l’univers m’avait dépassé et est devenu un truc à part entière qui m’a amené là où je ne m’y attendais pas du tout.
    Le second c’est ce qui a ensuite réellement façonné dans votre vie et ce que ça a changé ou non dans ce vous avez été. Comme vous même lorsque vous avez écouté votre premier CD de Punk et voulu être antisystème alors que les poils vous poussaient sur le menton et que l’achat d’un Gilette commençait à être envisagé. Pour reprendre toujours Ink, le fait d’être tombé en disgrâce et avoir une fracture généralisée de partout lui a fait arrêter toute envie de drogues, créé chez elle une certaine amertume et une méfiance pour tous ses employeurs. Ou si vous voulez partir dans un cliché bête et méchant, comptez combien de héros ont vu leurs parents mourir, leur terre natale rasée et les dix milles héroïnes violées (faut arrêter ça d’ailleurs, c’est vraiment de la merde. Le dernier bouquin que j’ai lu était vraiment coupable de ça d’ailleurs). Et surtout ne partez pas que dans les malheurs, une bonne chose peut aussi être un motivateur de changement. Vous pouvez avoir gagné au loto ou découvert que vous êtes en fait de sang noble et adopté par le duc local. J’en parle là mais ça vaut pour chacun des trois piliers : votre historique n’a pas à être putain de tragique pour être intéressant !
    Le troisième c’est tout simplement où vous allez. Souvent la directe résultante des deux piliers précédents, selon toute logique vous avez un but si vous arpentez le pays avec votre hache à deux mains et videz les donjons locaux. Pensez à un objectif, un désir, un rêve ou une promesse à accomplir. Non seulement vous aurez un prisme pour considérer vos actions à long terme (“non je ne veux pas détrôner tel seigneur local, comment est-ce que je vous ouvrir mon académie d'escrime après ?”).
Le voilà roi. Dans la première saison il était fermier
Volez : Beaucoup feront les vierges effarouchées mais faut être honnête cinq minutes. On aime tous des trucs, on s’en inspire, on essaye d’en pomper la sève et on le sait. Alors n’ayez pas honte de ce que vous aimez, utilisez-le donc. Le tout est de savoir être intelligent dans ce que l’on prend ou non. C’est certain que si vous faites un personnage qui est le rejeté du village parce qu’en fait il a un démon qui a été scellé dans son corps et qui veut du coup devenir le chef du village pour prouver qu’il a sa place, on va sûrement lever un sourcil sur le fait que ça sonne un tantinet familier. Après si vous êtes habile et comprenez comment marchent les ficelles de la narration, ce n’est pas si dur que ça de décliner un archétype et d’explorer telle facette plutôt que telle autre. Une série qui fait assez bien c’est Vikings produite par History Channel : si vous regardez avec attention beaucoup de personnages se ressemblent et se répondent, le premier exemple qui me vient c’est la paire Ragnar/Rollo comparé à Harald/Halfan, un duo de roi et son frère et de leurs points de convergences et divergences qui les rend assez intéressant à regarder évoluer. Un autre exemple sympa c’est Jess, une joueuse de mon premier groupe de Deadlands qui, lorsqu’elle a fait son perso, m’a explicitement demandé qu’elle voulait faire un perso comme Brienne de Torth de Game of Thrones. Et elle l’a fait. Et très franchement pour qui ne le sait pas, c’est invisible. Dans un autre style je l’ai fait aussi en faisant un mash-up de deux personnages pas franchement importants dans un film.


La combinaison de Clyde l’adjoint manchot, et de Fatty le petit gros qui charge ses revolvers, venus d'Impitoyable de Clint Eastwood, a donné le personnage de Amos Aberckule. Un US Marshall manchot et gras du bide qui se baladait avec un paquet de calibres sur lui. Je n’ai pas joué avec, mais à chaque que je l’ai mentionné et expliqué, personne n’a capté d’où ça pouvait venir. Y’a aucune honte à se servir, si on sait le faire bien.

Insérez vous dans l'univers : J'en suis coupable aussi donc je ne vous jette pas la pierre. Bon nombre de personnages que l'on écrit sont des vagabonds plus ou moins libres et pas connectés pour un sou. Souvent par méconnaissance de l'univers, que ce soit la géopolitique, les coutumes, les factions, les lieux mais on a facilement tendance à faire de l'impersonnel ou du très peu ancré dans le monde. Genre "je suis sur la route pour devenir riche et ne plus jamais mourir de faim", "mes parents sont morts et je veux me venger". Le tout sans mentionner un quelconque lieu ou un nom venu de l'univers. Si c'est relou pour vous, essayez au moins de demander au MJ, que vous ayez des noms, des choses à proposer. Je crois que c'était le mec de Takin20 qui parlait du fait qu'un héros de JDR était un personnage "réactif" parce qu'il se contentait de répondre à ce qu'il se passait sur table. Et je pense franchement que se donner des ancrages personnels à l'univers peut rompre cette mécanique justement en étant plus qu'un récepteur de proposition du MJ. Donc vraiment je vous le dis : plongez vous dans les bouquins vous aussi, connaissez le monde et soyez en un élément vivant.
Toujours par rapport à l'univers, j'y ai songé il y a peu en relisant des vieux personnages que j'avais écris. La religion. Dans un monde tel que celui de Donjons & Dragons, Pathfinder, Hellfrost ou encore Warhammer pour n'en citer que quelques uns, il est prouvé que les dieux existent et influent sur le monde. Autant vous pouvez être le plus convaincu des athéistes dans la vie de tous les jours, c'est vous que ça regarde, autant dans un monde où le prêtre local peut vous faire repousser votre jambe, je trouve ça déjà plus dur à avaler. Ça va sans aucun doute requérir un peu de révisions sur l'univers à nouveau. Mais je pense sincèrement que la foi et la pratique (ou non) d'un personnage peut lui offrir un relief supplémentaire et des bonnes pistes de RP, essayez par exemple de vous trouver une divinité "favorite" que votre personnage invoque pour le protéger pendant la bataille ou quand il tente de forger une épée. Ou bien discutez donc avec le clerc de ses convictions religieuses envers Groetus, ou lamentez vous que L'Empereur Dieu ne laisse que trop longtemps vivre les impurs. Je suis sûr que des choses intéressantes en sortiront.

Pensez à vos copains : J’ai dû le dire plusieurs fois mais si vous jouez dans un groupe vous êtes au sein d’un loisir collectif. Alors prenez les autres en comptes, autant que eux doivent faire gaffe à vous. Parlez de vos persos, vous n’êtes pas obligé de leur expliquer tout votre personnage de A à Z, mais discuter peut offrir des pistes. Après tout ça serait con que tout le monde fasse un barbare parce qu’il ne sait pas que l’autre se dit que si lui n’en fait pas il n’y aura pas de tank, se privant donc de faire un mage qui pourrait être salvateur ensuite. Pareillement, si jamais vous avez une panne d’idées un ami sera sans doute en mesure de vous offrir la possible solution au problème. Le Lobbyisé et moi on échange souvent sur nos concepts et plus d’une fois on s’est soufflé des bonnes pistes qui ont décoincés le schmilblick. Et si jamais vous pensez prendre un personnage dont le postulat peut être sujet à polémiques ou malaise, parlez en éventuellement. On n’est pas tous à l’aise avec les mêmes choses, ma petite amie ne supporte pas le cannibalisme par exemple. Et comme je l’ai déjà dit avant, y’a beaucoup de trop de complaisance vis à vis des viols de personnages féminins dans les backgrounds et ça me met extrêmement mal à l’aise.

Ne soyez pas statiques : Dernier conseil pour la route, promis juré. Rappelez-vous que rien n’est totalement inscrit dans la roche, même votre fiche est annotée au crayon de papier. Même si vous avez un personnage bien caractérisé et identifié, il n’est pas fait d’un seul bloc inamovible de granit, le temps passe et on évolue avec son vécu. Rien n’empêche votre personnage de changer aussi avec le temps. Peut-être que les tueries finiront par le fatiguer. Peut-être qu’il fera la paix avec ses démons intérieurs. Peut-être qu’il réalisera son rêve et prendra sa retraite. De même si vous avez un cas de conscience ou une divergence d’avis avec un autre joueur, sachez être souple sans vous trahir. L’excuse de “c’est comme ça que mon personnage ferait et c’est tout” n’en est pas une. Vous-même, si vous êtes face à un dilemme vous verrez plusieurs façons d’y répondre, et à quelques extrêmes près, ces diverses façons resteront vos décisions et Vous. Bah pour un personnage c’est pareil. Et si vous en arrivez à l’ultimatum ingame, vous avez vraiment raté quelque chose en lisant cet article.

L'état des lieux

Je vais annoncer quelque chose de choquant : à la grande déception de beaucoup ... je ne suis pas mort. Trois ans que ce machin prend la pou...